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Poésie

Posts Tagged ‘(Marie-Jeanne Durry)’

LOIN (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



LOIN

Les rocs étranges dans le gel du lac demain
Me diront leurs secrets d’animaux pris au piège
Des mots traverseront le songe de la neige.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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SILLAGES (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



SILLAGES

La neige où s’étouffent les vols
A retenu l’empreinte agile de ces pattes,
Les dessins envolés des oiseaux sur le sol.
Neige, feu blanc qui dors, épaisseur d’âme, ouate
Froide où je m’engourdis, quelles traces de pas
Enfoncés dans ma nuit tu me gardes sans moi !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

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CHANSON (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



CHANSON

J’ai volé un petit nuage
Pour me promener

Je flotte sur les villages
D’un monde abandonné

Vous pouvez vous mettre en chasse
Vous ne m’attraperez pas

Mais d’en haut je tends mes nasses
Viens partager mon repas

De gouttes et d’étincelles
Viens partager mon repos

Je plonge et je te soulève
Jusqu’à mon nid dans le ciel

Le soleil est sur nos lèvres
Un gâteau de miel

Ecoute comme je chante
Vois naître dans l’air

Les agiles couleurs changeantes
Qui frémissent sur la mer.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

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Dans une fuite heureuse (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



Dans une fuite heureuse les mots s’échappaient de toi.
Le poème que tu n’écriras pas, la secrète source du poème ouvert sur la mer
où seule je glisse parmi la solitude des souvenirs,
coulait intaris sable, eau de l’âme, secrets changeants, passés défaits.

Les vagues, les feuilles, les anciennes amours, tremblaient dans la chambre.
Mon sommeil t’écoutait à travers toi. Je t’entendais, prisonnier sous mes paupières.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Si vite (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Si vite que s’échappe ta vie avec la mienne,
et plus vite ta pensée,
absente dans les mots, le monde, les remords,
plus vite encore mon angoisse me retranche.

Présence égale et palpable, patiente et respirante,
plus fidèle que la mort,
il faudra donc mourir sans t’avoir rencontrée !

A toi seul j’appartiens, vertige qui me sépare,
tourbillonnante démence de solitude
où tout se défait avant d’exister.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Odilon Redon 

 

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NUIT (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



NUIT

Seule dans le silence
Mais avec ce coeur sourd où bat le sang du monde
Tu gis les doigts rejoints et les jambes serrées.
Rien ne vit que ce dur battement de tonnerre,
Ce bruit de pas et de canons dans ma poitrine.
Je guette un souffle au loin dans la nuit qui me cerne,
Un souffle de soleil sur les rives d’enfance.
Bouche pleine d’une eau de l’ombre, mes appels
Se taisent engloutis sous l’inerte marée
Où seule je vous noue à moi.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Liliana Sanches 

 

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Du mystère qui gît dans la terre et la mer (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Du mystère qui gît dans la terre et la mer
Et qui plane à travers les espaces des airs.
La caresse des voix, le contact des regards,
Les doigts entremêlés dans un tremblant échange,
La chaleur de deux corps qui se font un rempart,
Qui montent l’un vers l’autre hors des tombes de fange,
Qui s’enlacent, cherchant parmi leur nudité
En deux êtres fondus l’impossible unité,
Voilà tout ce qui reste aux tristes voyageurs,
Au couple que n’a pas rompu l’ange vengeur.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Le sapin (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



sapin

A la modeste peinture de toits et de feuilles
presque immobile dans la lumière, seul il donne de la hauteur.
Sa cime invisible, si je ne me penche à la fenêtre
je pourrais croire qu’elle se perd au ciel.

Arbre blessé où monte une sève inactive il incline lentement ses bras.
Pour qu’encore tu t’élances quand tu ne seras plus,
à l’angle du mur, dans l’ombre que font les touffes pendantes à tes branches,
j’ai planté le sapin qui deviendra ton double.

Pivot des vents, fixe aiguillon des étoiles,
et plus semblable à toi que nos fils à nous mêmes,
il survivra, veilleur noir et clair

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

 

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Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse.
Parfois il me semble que, si j’arrivais à décrire l’angoisse,
j’en serais délivrée. Mais on ne décrit pas l’angoisse. On l’habite.
Elle vous habite.
Elle est cette constriction affreuse, ce poids,
cette présence intolérable du mystère, de l’inconnu, de l’incompréhensible
— tout cela ne dit rien — cette présence de la mort dans la vie.
Le coup de couteau des souvenirs, le déchirement des tendresses disparues.
La pensée est une blessure, même quand elle n’est pas encore l’obsession,
le remâchage sans fin des hantises.
Mais, sans pensée même, l’angoisse est là.
Et il faut se taire

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Les grains de charbon, la vitre fêlée (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Les grains de charbon, la vitre fêlée, chaque fois ma vie recommençait.
Les bois germaient et les maisons où je ne connaissais personne,
les champs où l’homme n’était plus qu’une silhouette.
Ils passaient, je passais.

Des souvenirs seule me restait la tendresse indistincte
qui glissait de moi sur le monde.
Et maintenant où je m’en fonce dans mes fantômes ? Je danse !
Fraternel le petit nuage qui me frôle, diaphane entre terre et ciel.

Moi sans vous ?
Moi qu’un pas loin de vous arrache à soi-même
et qui partout vous emporte dans ma poche de sarigue ?
Ah rendue au vent, au tourbillon, à la solitude du soleil !
Ah sauvage !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Pierre Corratgé

 

 

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