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Poésie

Posts Tagged ‘Marie’

Toujours (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



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Le poème est toujours marié
à quelqu’un.

(René Char)

 

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Le roc marié à la rivière (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



Le roc
marié à la rivière
ne fait
aucun bruit
Et la rivière
passe – mais je demeure
et je crie
et j’appelle sans cesse
les oiseaux
et les nuages

(William Carlos Williams)

Illustration

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L’éternité sera bien assez longue (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



 

L’éternité sera bien assez longue

J’entre et je sors de moi-même souvent.
Je me demande audience parfois.
Je me rencontre en de longs corridors,
Je fais semblant de ne pas me surprendre
Ou je m’ignore.

Un bref sanglot nocturne
Brise un miroir. On voyage, on voyage,
Et l’on se quitte, on joue à cache-cache,
Mon corps et moi, mariés de l’aurore.

Suis-je sans être ? Et rêver n’est-il vivre
Hors de soi-même, hors les murs, hors le doute,
Là où le corps ne va pas, car il pèse
Plus que le bronze et le plomb des pensées ?

Et je m’en vais sur des lieux de musique
Pour oublier mon lieu de résidence :
L’argile épaisse où j’entre et sors, et j’ose
Me résigner à vivre sans mes ailes.

– Entrez chez moi, j’ai pour vous mille chambres
Et des salons, et des orangeraies…
Mais nul ne vient, le seul hôte est moi-même
Dans ma maison bien trop vaste pour moi.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Voulez-vous (Marie)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
Voulez-vous me faire la grâce de venir ici
pendant quinze jours

(Marie)

 

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Voici la forme féminine (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018




Voici la forme féminine,
Elle exhale de la tête aux pieds un rayonnement divin,
Elle attire d’une ardente, d’une indéniable attirance,
Son haleine m’aspire comme si je n’étais qu’une vapeur sans poids,
tout s’efface excepté moi et elle,
Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide,
et ce qu’on attendait du ciel ou redoutait de l’enfer,
tout cela maintenant, s’est consumé,
Des filaments fous, d’irrésistibles jaillissements sortent d’elle
la réponse de même irrésistible,
Chevelure, poitrine, hanches, souplesse des jambes,
mains nonchalantes qui retombent en s’égarant,
les miennes s’égarant trop,
Reflux mordu par le flux et flux mordu par le reflux,
chair d’amour qui se gonfle et délicieusement a mal,
Jets d’amour sans limites, limpides et chauds, énormes,
tremblante gelée d’amour, blanche éclosion, suc en délire,
Nuit du nouveau marié travaillant sûrement et doucement
dans l’aube étale,
Ondulant dans le jour qui consent et cède,
Perdu dans la fente du jour dont l’étreint l’odorante chair.

(Walt Whitman)

Illustration: Théodore Chassériau

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Congédiement (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Congédiement

Toute clarté radieuse, congédiée
Ce soir, doucement

Et nous
Maintenant au centre
De la maison brûlante presque ruine

Et des lampes bougeaient dans le feuillage des chambres

Un chat lointain regardait, rayonnant
Immobile

La perte de ce lieu en nos mains désoeuvrées
Nous nous étions assis
Doucement, sans regard
Le seuil était gardé

Par une vieille femme
De pierre Ô mariée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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INTÉRIEUR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



 

INTÉRIEUR

Chair déchirée
du tout autre.
Et chaque chose ici, comme si c’était la dernière chose
à dire : le son d’un mot
marié à la mort, et la vie
qui est cette force en moi
à disparaître.

Volets clos. La poussière
d’un moi antérieur, vidant l’espace
que je ne remplis pas. Cette lumière
qui croît au coin de la pièce,
là où la pièce
entière
a basculé.

La nuit ressasse. Une voix qui ne me parle
que de choses infimes.
Pas même des choses — mais de leurs noms.
Et où n’est aucun nom —
de pierres. Le tintamarre des chèvres
remontant par les villages
de midi. Un scarabée
dévoré dans la sphère
de sa propre fiente. Et le pullulement violet
des papillons au loin.

Dans l’impossibilité des mots,
dans le mot imprononcé
qui asphyxie,
je me trouve.

(Paul Auster)

Illustration: Léon Bonnat

 

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Elle n’est plus que du silence (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Cécile Mendousse
    
Elle n’est plus que du silence
Tremblant à la pointe d’un cil,
Son être tient dans une larme
Et voudrait que cela suffit.

Comprenez-vous qui je désigne
Et je redoute de nommer?

Je pense à la pauvre Marie
Sans corps maintenant et sans yeux
Réduite à ce point lumineux
Derrière quelles jalousies

De bois peint ni de fer non plus,
Mais de ciel pur, de modestie.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson du Sud-du-Fleuve (Li Yi)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018



Illustration: Chai Qiu Nong
    
Chanson du Sud-du-Fleuve

Mariée jeune à un marchand-voyageur
Jour après jour attendre en vain son retour
Si j’avais su combien fidèle était la marée
J’aurais épousé, pour sûr, un joueur de vagues

(Li Yi)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Laissez laissez les colombes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Laissez laissez les colombes
venir sur le sable, les colombes venir
sur l’ombre des nuages sur le monde
ombres de neige de l’hiver à venir.

Laissez laissez ces coeurs parés
près de la mer se poser
elles m’amènent des pensées
belles mêlées au souvenir.

Dieu se cache en leur vol d’eau
Dieu mon ami flèche de feu
que j’attends en tentant le jeu
d’un piège où s’allègent les mots.

Plus de fardeau dans l’air
ne faites pas saigner leurs ailes
ne clouez pas tant de lumière
au sol ainsi marié de ciel.

Ayez pitié de mon esprit
qui pense trouver une échelle
avec ces légères qui s’en vont d’ici
avec ces légères qui s’en reviennent.

J’oublie le pigeonnier que partage l’amour
et la trouble naissance de ces gestes de Dieu
mon regard et mon coeur se soulèvent du feu
dont c’est le pur envers que m’offre ce miroir

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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