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Rien n’avait résisté… (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Rien n’avait résisté…

Rien n’avait résisté ni le fer ni l’acier
Dieu est une arme plus cruelle
que la houe du jardinier
j’aurais voulu me coucher dans la terre une
jarre d’eau fraîche à portée de main mais
où étaient mes mains?

J’ai recollé ma tête et mes pieds
pour épargner le sable

mais rien ne tenait on avait broyé mes os
Alors j’ai suivi la route des fourmis
mon souffle dans leurs pattes
La colonne avançait en bénissant les nuages
pour trois gouttes d’eau
aucun dieu ne nous a aidés.

Nos pieds allaient vers la mer
loin des arbres à histoires
Nous marchions vers un monde
que nous ne connaissions pas
nos sandales ne comprenaient plus le sable.

La marche m’a forcée
à habiter mon corps
le désert à l’oublier
La mer fut un miracle
je l’ai remerciée de nous porter
plus encore de nous laisser.

Ce que j’ai vu
aucune eau ne pourra l’effacer
aucune source aucune pluie la
mer elle-même a renoncé.

Aujourd’hui je suis là de l’autre côté
avec ma peau d’hier et d’avant-hier
je suis là et je vous regarde grande comme je peux
avec ce poids au bout de mes bras
Des ondes me traversent que je ne comprends pas
ni la force qui me porte
ni le courage qu’elles me donnent
Si je le savais mon coeur s’en irait avec elles.

(Marilyse Leroux)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tu ramènes le silence contre toi (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Boîtes de nuit fenêtres

Tu ramènes le silence
contre toi
comme une robe
pour le voyage

Dehors
la pluie se plaît
à dépouiller les arbres

Le ciel descend
retrouver la terre
où tout se confond

Des fenêtres s’allument
sur la nuit sans bord
par où passe
ce peu de paroles.

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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On n’emporte rien avec soi (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



On n’emporte rien avec soi
qu’une image en viatique

Un iris de Van Gogh
bleu sur bleu
au pied de la montagne

On suit la découpe d’un jardin
sous un porche

A travers la fenêtre haut perchée
passe encore l’éclair d’un visage

On prend par les yeux
tout ce qui fut son regard
et par le corps
la douleur d’un amour
trop grand pour cette vie

Hier est si proche
qu’il nous attrape la main

On s’étonne d’un outil oublié
d’un escargot baignant
dans une rigole
sûr de presser contre soi
tout le poids du présent.

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Ta voix est cet espace où tremble la fleur de rien (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017





Ta voix est cet espace
où tremble la fleur de rien

Elle pourra mourir
entre deux souffles
comme on pousse une porte
machinalement

Rien n’aura changé

L’air qui passe
est plus léger
que les mots

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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Tu entres au cœur de l’espace (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Tu entres
au cœur de l’espace
comme dans un nid
où tu poserais les ailes

Un duvet de rose
à tes pieds
pour te consoler
du poids de la terre

Et toujours
autour de toi
cette douceur de l’air
qui te dit
que toute chose
est habitable
ici-bas.

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Auguste Toulmouche

 

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