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Posts Tagged ‘(Marina Tsvétaïeva)’

Que tu tressailles (Marina Tsvétaïeva)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019




    
Que tu tressailles —
Et tombent des montagnes,
Et monte —l’âme!
Laisse mon chant monter:
Chant de l’entaille,
De ma montagne.

Je ne pourrai
Ni là, ni désormais
Combler l’entaille.
Laisse mon chant monter
Tout au sommet
De la montagne.

(Marina Tsvétaïeva)

 

Recueil: Le poème de la montagne Le poème de la fin
Traduction: Ève Malleret
Editions: L’Âge d’Homme

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La Vie (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Les nuits sans celui qu’on aime — et les nuits
Avec celui qu’on n’aime pas, et les grandes étoiles
Au-dessus de la tête en feu et les mains
Qui se tendent vers Celui –
Qui n’est pas — qui ne sera jamais,
Qui ne peut être — et celui qui le doit…
Et l’enfant qui pleure le héros
Et le héros qui pleure l’enfant,
Et les grandes montagnes de pierre
Sur la poitrine de celui qui doit — en bas…

je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,
je connais ce mystère sourd—muet
Que dans la langue menteuse et noire
Des humains — on appelle la vie.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Pablo Picasso

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Baiser (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Illustration
    
Baiser au front — c’est effacer l’ennui.
Je baise au front.

Baiser les yeux — c’est tuer l’insomnie.
Je baise les yeux.

Baiser les lèvres — c’est donner à boire.
Je baise les lèvres.

Baiser au front — c’est effacer la mémoire.
Je baise au front.

(Marina Tsvétaïéva)

(Anna Akhmatova)
(Anna Akhmatova),

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N’ouvre pas ton cœur aux femmes à ailes fines (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



L’ami tendit la main —
L’oiseau posa son aile fine.
— Que je suis un oiseau, ami
De mon malheur, tu as compris!
Mais tu ne viendras pas à bout
De mes tendresses folles!

Et, remerciant de sa chaleur
Tu baises l’aile fine.

Le vent éteint les flammes
Et gonfle les tentures.
Le vent écarte de ta main
L’oiseau et sa caresse;
Et souffle: n’ouvre pas ton cœur
Aux femmes à ailes fines.

(Marina Tsvétaïéva)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson

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Ecoutez-moi ! (Marina Tsvetaïeva)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

Il en tomba combien dans cet abîme
Béant dans le lointain !
Et je disparaîtrai un jour sans rimes
Du globe, c’est certain.

Se figera tout ce qui fut, – qui chante
et lutte et brille et veut :
Et le vert de mes yeux et ma voix tendre
Et l’or de mes cheveux.

Et la vie sera là, son pain, son sel
Et l’oubli des journées.
Et tout sera comme si sous le ciel
Je n’avais pas été !

Moi qui changeais, comme un enfant, sa mine
– Méchante qu’un moment, –
Qui aimais l’heure où les bûches s’animent
Quand la cendre les prend,

Et le violoncelle et les cavalcades
Et le clocher sonnant…
– Moi, tellement vivante et véritable
Sur le sol caressant.

A tous – qu’importe. En rien je ne mesure,
Vous : miens et étrangers ?! –
Je vous demande une confiance sûre,
Je vous prie de m’aimer.

Et jour et nuit, voie orale ou écrite :
Pour mes « oui », « non » cinglants,
Du fait que si souvent – je suis trop triste,
Que je n’ai que vingt ans,

Du fait de mon pardon inévitable
Des offenses passées,
Pour toute ma tendresse incontenable
Et mon trop fier aspect,

Et la vitesse folle des temps forts,
Pour mon jeu, pour mon vrai…
– Ecoutez-moi ! – Il faut m’aimer encore
Du fait que je mourrai.

(Marina Tsvetaïeva)

Illustration: Alex Alemany

 

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Ton nom… (Marina Tsvétaïeva)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Ton nom…

Ton nom – un oiseau dans la main,
Ton nom – sur la langue un glaçon.
Un seul mouvement de lèvres.
Quatre lettres….

Ton nom – le baiser sur les yeux,
Sur le tendre froid des paupières.

Ton nom – le baiser sur la neige.
Gorgée d’eau bleue qui sourd, glaciale,
Avec ton nom – le sommeil est profond.

(Marina Tsvétaïeva)


Illustration: Fabienne Contat

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Je danse (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



je ne pense pas, ne me plains pas, ni me dispute,
Ni dors.
je ne désire ni soleil, ni lune, ni mer,
Ni vaisseau.

je ne sens pas comme il fait chaud entre ces murs,
Comme le jardin est vert;
Et ce cadeau, tant désiré, tant attendu —
je n’attends plus.

Ne me réjouit ni ce matin, ni de ce tram
Le cliquetis joyeux,
je vis sans voir le jour, en oubliant du siècle
L’année et l’heure.

Comme sur une corde fêlée,
je danse — petit danseur.
Je suis l’ombre d’une ombre. je suis lunaire
De deux sombres lunes.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration

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M’entendez-vous, disciple? (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



Face contre terre, je suis couchée
— Enragée — sur mon lit.
Si vous vouliez
Devenir mon disciple,

je deviendrais à l’instant
— Entendez—vous, disciple? —

Couverte d’or et d’argent,
Salamandre et Ondine.
Nous serions assis sur le tapis
Près de la cheminée.

La nuit, le feu, le visage de la lune. ..
— M’entendez-vous, disciple? —

Impétueux — mon cheval
Aime la course effrénée! —
je lancerais dans le feu
Le passé — pile après pile :

Des vieilles roses et des vieux bouquins.
— M’entendez-vous, disciple? —

Et quand se serait couché
Cet amas de cendres, —
Seigneur, de vous
Je ferais une merveille!

Vieillard ressuscité en jeune homme
— M’entendez-vous, disciple? —

Et quand vous vous seriez jeté
De nouveau dans le piège de la science,
je resterais plantée là,
Me tordant les bras de bonheur,

Sentant que tu es devenu grand
— M’entendez-vous, disciple? —

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Zhaoming Wu

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Je suis vieille ! (Marina Tsvétaïeva)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2016




Il est temps ! Pour ce feu-là —
Je suis vieille !
— L’amour — est plus vieux que moi !
— De cinquante fois janvier,
Une montagne !
— L’amour — est encore plus vieux :
Vieux, comme un prèle, vieux, comme le serpent,
Plus vieux que l’ambre de Livonie !
Et plus vieux que tous les bateaux fantômes !
— Que les pierres, plus vieux que les mers…
Mais le mal, dans ma poitrine — est plus vieux
Que l’amour, plus vieux que l’amour.

(Marina Tsvétaïeva)

 

 

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Voici encore une fenêtre (Marina Tsvetaïeva)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2016


 

Voici encore une fenêtre
où encore on ne dort.
peut-être – on boit du vin
peut-être – on est assis.
Ou simplement ils sont deux
qui ne défont pas leurs mains.
Dans chaque maison, ami,
il y a une fenêtre ainsi.

Cri des ruptures et des rencontres,
c’est toi, fenêtre dans la nuit !
Peut-être – centaines de chandelles,
peut-être – trois chandelles.
Non, point de repos
pour mon esprit.
Dans ma maison toujours
il en fut ainsi.

Prie, ami, pour la maison sans sommeil,
pour la fenêtre éclairée

(Marina Tsvetaïeva)

Illustration: Ronald Bowen

 

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