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Poésie

Posts Tagged ‘marine’

Visions marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019




Visions marines

La mer s’assoupit près du rivage las
L’île s’étire avant de s’endormir
et bercée par le bruit des vagues échevelées
fait le rêve de flotter jusqu’au rivage
pour l’étreindre

Tandis que le sable sec meurt de soif
l’horizon se baigne dans la mer

J’entends hurler la meute des vents
qui accourent du large et poursuit
le troupeau effrayé des flots
qui bêle lamentablement

Les mouettes couvrent le ciel
comme des marguerites dans un pré
et leurs ailes protègent la plage
d’un soleil trop ardent
dans l’ombre de leur vol

La plage ourle le rivage
d’une marge de sable
sous un ciel ponctué d’oiseaux
et la vague pétille
comme une mousse joyeuse

Un cormoran rase la vague
d’une mer hirsute
alors qu’une barbe d’écume
cache le menton de l’îlot

Un navire efface l’horizon
qui disparaît dans son sillage

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Tu es de ceux qui montent sur les bateaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Ernesto Arrisueño  clouds Zephyrus travels

Tu es de ceux qui montent sur les bateaux
et déploient d’immenses voiles
La marine en bois — tu te soûles de mots —
et quand à l’horizon la pointe du mât s’efface
tu es encore sur le quai à la contempler

Trouble trouble
l’aventure assise
et les camelots de ton effort endormis
et toute une grisaille dans ton cerveau
qui s’effrite

Et des voiles claires que tu aimes
et qui ne te recommencent pas

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ernesto Arrisueño 

 

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ODE A LA LUMIÈRE MARINE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019


 


ODE A LA LUMIÈRE MARINE

[…]

Pouvoir
de la lumière qui mûrit dans l’espace,
vague qui nous traverse
sans nous mouiller, hanche
de l’univers,
rose
reviviscente, née de nouveau :
ouvre
chaque jour tes pétales,
tes paupières,
que la vitesse de ta pureté
agrandisse nos yeux
et nous apprenne à voir vague à
la mer
et fleur à fleur la terre.
vague

(Pablo Neruda)


Illustration: Geneviève Goulley

 

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Métamorphose marine (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018




Métamorphose marine :
Peu à peu l’amour enrobe
La graine du chagrin;
La douleur parfait sa perle
Toute une vie
Sous les vagues.

***

Sea-change:
The grain of pain
Love layer on layer enspheres;
Sorrow its gradual pearl
Perfects with life-long toil
Beneath the tides.

(Kathleen Raine)

 

 

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MARINE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



MARINE

À quoi rêvais-je tantôt,
Que j’étais si bien?

Quel est ce flux
Et ce reflux
Qui montent sur moi,
Et me font croire
Que j’étais endormie,
Sur l’île,
Avant le montant,
Et les vagues
Maintenant
Me surprennent
Tout à l’alentour?

Est-ce dans un coquillage
Que j’entends la mer?
Est-ce le vent sur nos têtes,
Ou le sang qui bat à ma tempe?

Dans quelle marine
Ai-je donc vu mes yeux?

Qui donc a dit
Qu’ils étaient calmes
Comme un puits,
Et qu’on pouvait
S’asseoir sur la margelle
Et mettre tout le bras
Jusqu’au coude
Dans l’eau lisse?

Gare aux courants du fond,
Au sel, aux algues,
Et aux beaux noyés
Qui dorment les yeux ouverts,
En attente de la tempête
Qui les ramènera
À la surface de l’eau,
Entre les cils.

(Anne Hébert)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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CHANSON DES MARINS DE NANTES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Gildas Flahault
    
CHANSON DES MARINS DE NANTES

C’est les marins de la marine
Qui mangent que des haricots,
N’ont que de l’eau salée z’à boire,
Pas un sou dans le boursicot.
Ho hisse hého.

C’est les marins de la marine
Qui prennent des coups de chicot,
Qui crèvent sous la discipline
Des quartiers-maîtres corsicots.
Ho hisse hého.

Nous, on a le pain et le vin,
Et le bordel et l’aventure
De la fille de premier grain
Et du roulis dans la mâture.
Ho hisse hého.

Nous, on est les marins de Nantes
Les marins du commerce ô gué,
Les gars de la « Julie-Galante »,

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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MARINE (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



MARINE

Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientôt couvrir notre journée
Éveille-toi cœur et couleur en tête
Pour dissiper les malheurs de la nuit

Je te regarde tout est nu
Dehors les barques ont peu d’eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour

C’est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil à toi

Éveille-toi que je suive tes traces
J’ai un corps pour t’attendre, pour te suivre
Des portes de l’aube aux portes de l’ombre
Un corps pour passer ma vie à t’aimer

Un cœur pour rêver hors de ton sommeil.

(Paul Eluard)

Illustration

 

 

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Marine (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Ana Cruz _Under the waves

Marine

Les poissons ont de si jolies têtes
qu’on est obligé de les déplacer fréquemment
à cause des ravages qu’ils font dans le cœur des méduses
Les cœurs des méduses ravagés vont s’échouer dans les ports
sous forme de pétroliers ou de charbonniers
Les méduses elles-mêmes ne sont jamais repêchées
un nouveau cœur leur pousse bien plus grand que le premier
bien plus beau et bien plus vert et bien plus dur
car les méduses ne veulent plus aimer les poissons aux nageoires coupantes et
aux ouïes blanches
elles ne veulent plus aimer que le centre de gravité de chaque chose
dans le ciel et sur la terre
Les requins eux ne s’ennuient pas
avec de la toile à matelas
ils fabriquent de jolis draps
pour les noyés astucieux
qui sont accourus vers eux
en mâchant de la verveine
pour se parfumer les veines
non les requins ne s’ennuient pas
ils ont aussi de jolies têtes
pour ravager le cœur des méduses inquiètes

(Raymond Queneau)

Illustration: Ana Cruz

 

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MARINE (Marie-Christine Guidon)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



 

Georges Lemmen  TheBeachArHiest+1891  is [1280x768]

MARINE

J’entends le chant du monde
Qui bruine sur la lande
Et la langueur humide
Pénétrant les genêts

Je suis un souffle d’air
Qui frise l’océan
Je frôle l’horizon
Pareille au goéland
Grisée par les embruns
Mousseux et odorants
Entre les flots salins
J’ai le coeur cormoran

J’entends le chant du monde
Au creux des vagues brunes
Et le souffle rageur
Du vent dans les bruyères

(Marie-Christine Guidon)

Illustration: Georges Lemmen

 

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MARINES (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



MARINES

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles
Prenant l’or au soleil sur un chemin d’or chaud
Comme foule pressée entraînée exaltée
Les vagues les étés dans cet arbre ajouré
Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes
Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux
Leur dentelle et la flamme du matin désert
Deux vallées trois sommets s’unissent font la chaîne
L’océan qui me mène a le destin du ciel
Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d’aise à chaque goutte d’eau.

IV

L’herbe grande d’océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l’hiver

L’injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l’ombre

Tout au plus un radeau
La mort simple
Et la mer est plus vide qu’un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard
Les solubles coteaux et la lune risible
N’ont trouvé dans mon cœur qu’un espace restreint
Et la mer dans le ciel n’est qu’une goutte d’eau.

VII

C’est la pierre pâle au front des plus forts
Sous la terre humide et les feuilles mortes
Tous feux éteints dans les régions de l’ignorance

Sous les ongles de la rouille

Nous ne savons rien de la terre
L’homme n’a pas besoin de nous
Son ciel n’est plus le nôtre

Tout nous paraît immobile
L’oeil et le coeur de nos semblables
La lumière et ses géants
La profondeur et ses nains
La mort sans corps capitale

Le scandale de la tempête

Sauvés que notre poids s’élève
Comme la source à son premier éclair
Que notre forme soit sereine

La nuit se baigne dans les puits

Le risque de mourir s’annule
Comme deux des chiffres zéro
Une mousse de bluets
A blanchi jusqu’à la corde
La grand’voile de couleur.

(Paul Eluard)

Illustration: Tina Palmer

 

 

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