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Poésie

Posts Tagged ‘marinier’

PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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A l’escale des mariniers (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
A l’escale des mariniers dans la ville, jadis,
l’étonnement mutuel de leur péniche et des quais.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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CANAUX (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Suzy Dohollo
    
CANAUX

La péniche berce
La mule aux grelots,
Au gré du falot
Le bois d’une perche.

— La lune au loin cherche
Son chemin sur l’eau —

Le marinier dort
Sous le faix du ciel.
De l’écluse au port,
Émeraude et miel :
(Du canal au ciel),
Le marinier dort…

Dérive des rives
Le bateau s’en va,
Mais un ange est là,
Debout sur l’avant
Et les mains au vent.

Ainsi ma vie coule,
Traverse la foule.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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IL FAUT À CONFLANS ALLANTS ET VENANTS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




IL FAUT À CONFLANS
ALLANTS ET VENANTS

Le quai, les arbres et l’Église,
Dans la brume de février,
Prennent des airs d’île promise,
Jette l’amarre, marinier.

Il est loin le temps des cerises,
Saurons-nous encor le goûter,
Et le bois des trousse-chemises
Refleurira-t-il cet été ?

Ne poussez plus, je vois la traîne
Longue des chalands de jadis
Quand l’herbe mangeait le parvis

Des retrouvailles de la Seine,
Avecque l’Oise couronnée
Du Pont Eiffel dans la fumée.

(Jean-Charles Michel)

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LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR

Les mariniers adorent un beau jour,
Quand pleins d’espoirs s’en vont courir fortune,
Et des beautez que nous a fait Amour,
En ces bas lieux je n’en adore qu’une.

Les Cypriens n’adorent que Venus,
Lors qu’ilz avoyent l’ame d’amour attainte :
Et mes deux yeux en larmes devenus,
N’adorent rien icy bas que ma sainte.

Les prisonniers cherchent la liberté
Pour mettre fn à leur peine cruelle :
Moy je me plais en ma captivité,
Dans les liens d’une dame si belle.

Le Portugais envie la valleur,
Et la couleur de la perle d’Yndie.
Et je ne puis aymer autre blancheur
Que celle de la main qui me lie.

Venus, le jour et le soleil des cieux,
La liberté, et la perle indienne,
Ne me sont rien au pris de ses beaux yeux,
Nulle beauté n’est egalle à la sienne.

***

Bargees love a fne day
When, full of hope, they go off in search of fortune,
And of the beauties that Love has made us,
In these low places I adore only one.

The Cyprians adore only Venus,
When they had affected the soul with love:
And my two eyes having become in tears,
Adore nothing here below but my saint.

Prisoners seek freedom
To put an end to their cruel sentence:
I, however, enjoy my captivity
In the bonds of so fair a lady.

The Portuguese envies valour
And the colour of the pearl of India.
And I can love no other whiteness
Than that of the hand that binds me.

Venus, the day and the sun of the heavens,
Freedom, and the Indian pearl
Are worth nothing to me compared to her lovely eyes,
No beauty is equal to hers.

***

Die Seeleut‘ freu‘n sich über einen schönen Tag,
Wenn voller Hoffnung‘ sie sich aufmachen zur Fortüne.
Und von den Schönheiten, die uns Amor hat beschert,
Hienieden ich nur liebe eine.

Die Zyprioten lieben nur Venus,
Wenn ihre Seele von der Liebe ward getroffen,
Und meine beiden Augen in Tränen nun getaucht,
Lieben nur hienieden meine Heil‘ge.

Die Gefangenen trachten nach der Freiheit,
Zu beenden ihre grausam‘ Straf‘.
Mir gefällt es in meinem Kerker,
In den Banden einer Dame wunderschön!

Der Portugiese neidet den Wert
Und auch die Farbe der indisch‘ Perl‘.
Und ich kann lieben nur die Blässe
Der Hand, die bindet mich.

Venus, der Tag und auch der Himmel Sonne,
Die Freiheit, sowie die indisch‘ Perl‘
Bedeuten nichts mir im Vergleich zu ihren „teuren“
schönen Augen,
Kein‘ Schönheit kommt ihr gleich!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

 

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LA LORELEI (Heinrich Heine)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016





LA LORELEI

Je ne sais pas d’où vient cette grande tristesse
En moi, ni ce qu’elle veut dire;
Un conte d’autrefois que je ne cesse
D’entendre dans mon souvenir.

L’air fraîchit, et c’est l’heure où descend l’ombre,
Et le Rhin court paisiblement,
Le couchant fait à la montagne sombre
Un sommet d’or étincelant.

Tout en haut du rocher la fille la plus belle
Est merveilleusement assise sur le bord,
Sa parure d’or étincelle,
Elle peigne ses cheveux d’or.

Les peigne avec un peigne d’or
Et chante, ses cheveux peignant,
Une chanson, un air étrange et fort,
Mélodieux et violent.

Le marinier sur son fragile esquif,
Ça lui fait mal sauvagement,
Ses yeux ne voient pas les récifs,
Ils sont là-haut éperdument.

L’onde, je crois, finalement
Engloutit l’homme et sa nacelle
Et c’est la Lorelei, c’est elle
Qui les a perdus par son chant.

***

DIE LORELEI

Ich weiss nicht, was soil es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Marchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fliesst der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar;
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lore-Ley getan.

(Heinrich Heine)

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Sur le pont lavé, c’est dimanche (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2016



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Sur le pont lavé, c’est dimanche
Le marinier fume des fleurs
Il est peint en bleu par sa pipe
Enrobé de joie de senteurs

(Luc Bérimont)

Illustration: Henri Emile Benoît Matisse

 

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La bouteille à la rivière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Morceaux-de-verre-sur-les-murs

La bouteille à la rivière

Derrière un mur hérissé de tessons de bouteilles,
Deviner la promeneuse est un jeu facile pour les passants.
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles
Avant de les briser en multiples tessons,
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles, est un jeu plus difficile.

Deviner la promeneuse est un jeu facile pour le passant.
Une ombrelle déforme son ombre, en fait une fleur,
Un bouton de sa robe tombe et se perd dans l’herbe,
Un arbre abandonné entre tous les arbres
Compte les tatouages qui vivent sur son tronc.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles,
Marinier feuillu, que tu jettes au fil des rivières et des canaux
Avec ce mot «je vous aime» et que le courant porte,
A travers les barques des pêcheurs et le péril des barrages et des écluses,
Devant les villas charmantes au pied des coteaux?

Avant de les briser en multiples tessons,
La rivière y vient mirer ses poissons,
Y noue ses plantes homicides,
Et les sirènes d’eau douce, entre toutes traîtresses,
Les font sonner d’un coup de queue.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles est un jeu plus difficile…
Vos bouches, mariniers endormis sur les péniches
Et qui parfois roulez lentement et coulez à pic dans l’eau douce,
A fond de trou de perches et d’anguilles,
Là où les bouteilles à la rivière ne descendent pas.

(Robert Desnos)

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Accalmie VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2015



Accalmie VI

O mer immense, mer aux rumeurs monotones,
Tu berças doucement mes rêves printaniers ;
O mer immense, mer perfide aux mariniers,
Sois clémente aux douleurs sages de mes automnes.

Vague qui viens avec des murmures câlins
Te coucher sur la dune où pousse l’herbe amère,
Berce, berce mon coeur comme un enfant sa mère,
Fais-le repu d’azur et d’effluves salins.

Loin des villes, je veux sur les falaises mornes
Secouer la torpeur de mes obsessions,
Et mes pensers, pareils aux calmes alcyons,
Monteront à travers l’immensité sans bornes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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