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Poésie

Posts Tagged ‘marquer’

PHASE D’ORIENT (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2019



Illustration: Andrew Atroshenko
    
PHASE D’ORIENT

Dans la mollesse mouvante d’un sourire
nous nous sentons noués par un tourbillon
de bourgeons de désir

Le soleil nous vendange

Nous fermons les yeux
pour voir nager sur un lac
des promesses infinies

Nous en revenons marquer la terre
avec ce corps
qui à présent pèse si fort

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et moi je voudrais d’abord (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Chris Peters  
    
Et moi je voudrais d’abord
être lavé, nettoyé, rincé
n’avoir plus que la netteté
janséniste des os seuls,
donner ma chair aux vautours,
marquer dans les déserts
la route des caravanes,
indiquer par mon squelette.

Et moi, je voudrais aussi
me débarrasser à jamais,
me laver, me nettoyer, me rincer,
quitter mes affiches politiques,
cesser de promettre en mentant,
en vert, bleu, rouge ou blanc,
que ma pierre soit nue sur le ciel,
dût-elle, nue, se désagréger.

Et moi je voudrais enfin
être plus propre et plus nu,
et vivant, que je sois lavé
comme les morts sous la terre.

(Max-Pol Fouchet)

 

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Nous bougeons entre des signaux incomplets (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Nous bougeons entre des signaux incomplets
dont nous ignorons le sens.
Nous ne savons pas qui les a tracés
ni si nous pouvons les effacer.

Ils nous accompagnent comme des mots furtifs,
se superposent à ce que nous voyons,
rajoutent des gestes aux choses,
collent des signes au vide, nécessitant peu d’espace.

Mais parfois nous sentons que l’un d’eux
se réveille en nous, nous réveille,
nous mène à quelque chose qui est plus que le sens
mais aussi à quelque chose qui l’est moins.

Des signaux qui nous marquent le temps,
strict labyrinthe vers rien.
Ou peut-être vers une sortie
qui n’a pas de signaux.

***

Nos movemos entre señales incompletas,
cuyo sentido ignoramos.
No sabemos quién las trazó,
ni tampoco si podemos borrarlas.

Nos acompañan como palabras furtivas,
se superponen a todo lo que vemos,
le agregan gestos a las cosas,
le pegan signos al vacío, casi no necesitan espacio.

Pero a veces sentimos que una de ellas
se despierta en nosotros, nos despierta,
nos lleva a algo más que el sentido,
aunque a veces también hacia algo menos.

Señales que nos marcan el tiempo,
estricto laberinto hacia nada.
O tal vez hacia alguna salida
que no tiene señales.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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UNE CHOSE TROUBLE… (Pierre Minet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
UNE CHOSE TROUBLE…

Une chose trouble
marque le corps de sa valeur imperceptible,
grandit
vient habiter le tabernacle du regard,
laisse se fondre les plaisirs de l’ œil,
engendre dans le coeur une ligne blanche —
L’affaire naturelle: l’alliage conduit,
chaque mouvement fait languir et renaître:
depuis l’origine
la graduation des silences;
le fol alignement du cœur —
Sur nos deux bouches court le voyageur de l’amour

(Pierre Minet)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il y a la terre toute ronde (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
Il y a la terre toute ronde
Qui s’endort tiède d’un côté
Pour s’éveiller fraîche de l’autre ;

La terre de fleurs et de champs
La terre de rives et de mers
La terre de sang de sang
La terre toujours neuve aux regards des enfants
La terre toute marquée des vides de ses fleuves
La terre pour planter et en rut semer
La terre des glycines d’un mauve de tonnelle,

La terre — la terre que j’aime tant
Boule dure d’amour et trésor à garder.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La poésie (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018



Illustration
    

La poésie combine une manière d’activité réflexive
et l’on ne sait quelle adhésion impérieuse;
elle est seconde ; elle marque seulement une étape.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si la poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration
    
Si la poésie n’a pas bouleversé notre vie,
c’est qu’elle ne nous est rien.

Apaisante ou traumatisante,
elle doit marquer de son signe;

autrement,
nous n’en avons connu que l’imposture.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans quel repli de lumière (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Dans quel repli de lumière
se niche
la foi,
l’élan intense
insensé
irréductible aux mots,
l’infinie pensée
pour l’en dehors
de la Raison?

Pourtant
un avant
et un après
irréconciliables,
marquent le temps
de certains.
Un jour
à Milan,
Augustin
rencontra
la fracture
par où engouffrer
un amour infini
destiné
à l’être infini.
Comme si
depuis toujours,
tapie dans une pénombre
d’humilité,
se préparait
la sublime jonction.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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Je marque des points (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

De-Rouille-et-dOs-14042

Je marque des points

Je marque des points
pour le camp des vaincus
ceux qui ont toujours tort
de n’être qu’eux-mêmes
ceux qui rêvent de gloire
dans un hall.
Une bière forte
huit degrés six
sur l’échelle de l’hiver.

(Balbino)

Illustration

 

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Son corps avait la douceur de l’eau dans les mains (Georges Schéhadé)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Amedeo Modigliani 0t1

Son corps avait la douceur de l’eau dans les mains
Un collier bleu marquait sa faiblesse
Pour elle la rosée écrit son poème
Et le matin a tous les regards
Montagnes lointaines où sont les gens d’autrefois
La pluie qui appelle
– Cette femme n’est pas un songe
Elle doit être morte maintenant
L’image accompagne le vent pour elle

(Georges Schéhadé)

 Illustration: Amedeo Modigliani

 

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