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Poésie

Posts Tagged ‘marquise’

Funérailles (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



 

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Funérailles

«Ne poussez pas ! ne poussez pas !
«Tas de salauds!
«Espèce de vache avec vos mamelles pendantes avez-vous fini de pousser !
«Du calme, il y en a pour tout le monde.
«Regardez-moi cette putain avec ses airs de marquise!
«Tu pues ! tu pues !
«C’est criminel d’emmener des enfants dans cette foule !
«Si on les emmène c’est qu’on peut pas faire autrement.
«Ça va durer encore longtemps?
«Madame vous perdez votre culotte.
«Qu’est-ce que ça peut vous faire?
«Et puis d’abord je vous emmerde

— C’est un enterrement, un bel enterrement.
Tout le monde veut en être.
On se piétine pour entrer au cimetière,
Mais il y aura de la place pour tout le monde.

(Robert Desnos)

 

 

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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A Juana (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



A Juana

O ciel ! je vous revois, madame,
De tous les amours de mon âme
Vous le plus tendre et le premier.
Vous souvient-il de notre histoire ?
Moi, j’en ai gardé la mémoire :
C’était, je crois, l’été dernier.

Ah ! marquise, quand on y pense,
Ce temps qu’en folie on dépense,
Comme il nous échappe et nous fuit !
Sais-tu bien, ma vieille maîtresse,
Qu’à l’hiver, sans qu’il y paraisse,
J’aurai vingt ans, et toi dix-huit ?

Eh bien ! m’amour, sans flatterie,
Si ma rose est un peu pâlie,
Elle a conservé sa beauté.
Enfant ! jamais tête espagnole
Ne fut si belle, ni si folle.
Te souviens-tu de cet été ?

De nos soirs, de notre querelle ?
Tu me donnas, je me rappelle,
Ton collier d’or pour m’apaiser,
Et pendant trois nuits, que je meure,
Je m’éveillai tous les quarts d’heure,
Pour le voir et pour le baiser.

Et ta duègne, ô duègne damnée !
Et la diabolique journée
Où tu pensas faire mourir,
O ma perle d’Andalousie,
Ton vieux mari de jalousie,
Et ton jeune amant de plaisir !

Ah ! prenez-y garde, marquise,
Cet amour-là, quoi qu’on en dise,
Se retrouvera quelque jour.
Quand un coeur vous a contenue,
Juana, la place est devenue
Trop vaste pour un autre amour.

Mais que dis-je ? ainsi va le monde.
Comment lutterais-je avec l’onde
Dont les flots ne reculent pas ?
Ferme tes yeux, tes bras, ton âme ;
Adieu, ma vie, adieu, madame,
Ainsi va le monde ici-bas.

Le temps emporte sur son aile
Et le printemps et l’hirondelle,
Et la vie et les jours perdus ;
Tout s’en va comme la fumée,
L’espérance et la renommée,
Et moi qui vous ai tant aimée,
Et toi qui ne t’en souviens plus !

(Alfred de Musset)


Illustration: Carlo Carra

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Cœur en péril (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Cœur en péril

Que m’importe que l’Infante de Portugal
Ait le visage rond ou bien ovale
Et une cicatrice sous le sein droit,
Qu’elle ait l’air d’une fille de roi
Ou d’une gardeuse d’oies,
Que m’importe ?

Peu me chaut que la princesse de Trébizonde
Soit rousse, châtaine ou blonde,
Qu’elle ait l’humeur prompte et le verbe haut
Peu me chaut.

Point n’ai souci que la marquise de
Carabas Soit veuve et veuille reprendre mari
Pour faire ici-bas son paradis !
Point n’ai souci !

Mais il suffit, jeune étourdie,
Du seul clin d’un de vos yeux moqueurs
Aux reflets irisés
Pour que mon pauvre cœur
Batte à se briser.

***

Heart in Peril

What do I care that the Infanta of Portugal
Has a round face, or an oval one
And a scar beneath her right breas,
That she looks like the daughter of a king
Or a goose-keeper,
What do I care?

It little bothers me that the Princess of Trebizond
Is a redhead, brunette or blonde;
That she has a ready mind and proud words
Little bothers me.

I couldn’t care if the Marquess of Carabas
Is a widow and wants to marry again
To make her paradise here below!
I couldn’t care!

But it is enough, silly young thing,
That one of your mocking eyes gives a single wink
With its iridescent reflections
For my poor heart
To beat fit to burst.

(René Chalupt)

Illustration: Tamara de Lempicka

 

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Ô Marquise (inspiré de Molière)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2016


Ô Marquise

Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour
Belle marquise, vos beaux yeux d’amour me font mourir
Belle marquise, vos beaux yeux mourir d’amour me font
Belle marquise, mourir d’amour vos beaux yeux me font
Belle marquise, mourir d’amour me font vos beaux yeux
Belle marquise, me font mourir d’amour vos beaux yeux
Belle marquise, me font d’amour mourir vos beaux yeux
Belle marquise, me font d’amour vos beaux yeux mourir
Belle marquise, d’amour me font mourir vos beaux yeux
Belle marquise, d’amour vos beaux yeux me font mourir
Belle marquise, d’amour vos beaux yeux mourir me font
Belle d’amour, marquise, vos beaux yeux me font mourir
Belle d’amour, marquise, me font mourir vos beaux yeux
Belle d’amour, me font mourir vos beaux yeux, marquise
Belle d’amour, me font mourir, marquise, vos beaux yeux
Belle d’amour, vos beaux yeux, me font mourir marquise
Belle d’amour, vos beaux yeux, marquise, me font mourir
Belle d’amour, vos beaux yeux, marquise, mourir me font
Belle, vos beaux yeux d’amour, marquise, me font mourir
Belle, vos beaux yeux d’amour me font mourir, marquise
Belle, me font mourir vos beaux yeux d’amour, marquise
Belle, me font mourir marquise vos beaux yeux d’amour
Vos beaux yeux, belle marquise, me font mourir d’amour
Vos beaux yeux, belle d’amour marquise, me font mourir
Vos beaux yeux, belle marquise d’amour, me font mourir
Vos beaux yeux, belle marquise, mourir d’amour me font
Vos beaux yeux me font mourir d’amour, belle marquise
Vos beaux yeux, d’amour me font mourir, belle marquise
Vos beaux yeux, d’amour, belle marquise, me font mourir
Vos yeux beaux d’amour, belle marquise, me font mourir
Vos beaux yeux, d’amour, belle marquise, mourir me font
Vos yeux beaux d’amour, belle marquise, mourir me font
Me font mourir d’amour vos beaux yeux, belle marquise
Me font mourir belle marquise d’amour vos beaux yeux
Me font mourir vos beaux yeux belle marquise d’amour
Me font mourir d’amour, belle marquise, vos beaux yeux
Me font d’amour mourir, belle marquise, vos beaux yeux
Me font d’amour mourir, vos beaux yeux, belle marquise
Me font , vos beaux yeux, mourir d’amour , belle marquise
Me font, vos beaux yeux, belle marquise mourir d’ amour
Me font , vos beaux yeux, belle marquise, d’ amour, mourir
Me font, belle marquise, vos beaux yeux, mourir d’amour
Me font, belle marquise, mourir d’amour , vos beaux yeux

Mourir d’amour me font vos beaux yeux, belle marquise
Mourir d’amour vos beaux yeux me font , belle marquise
Mourir d’amour, belle marquise, me font vos beaux yeux
Mourir d’amour me font vos beaux yeux, belle marquise
Mourir d’amour vos beaux yeux me font , belle marquise
Mourir d’amour, belle marquise, me font vos beaux yeux
Mourir d’amour, belle marquise, vos beaux yeux, me font
Mourir d’amour, belle marquise, vos beaux yeux, me font
D’amour me font mourir, belle marquise, vos beaux yeux
D’amour me font mourir, vos beaux yeux, belle marquise
D’amour mourir me font , belle marquise, vos beaux yeux
D’amour mourir me font , vos beaux yeux, belle marquise
D’amour me font mourir, vos beaux yeux, belle marquise
D’amour mourir me font , vos beaux yeux, belle marquise
D’amour vos beaux yeux me font mourir, belle marquise
D’amour vos beaux yeux mourir me font , belle marquise
D’amour vos beaux yeux, belle marquise, me font mourir
D’amour vos beaux yeux, belle marquise, mourir me font
D’amour, belle marquise, vos beaux yeux me font mourir
D’amour, belle marquise, me font mourir, vos beaux yeux
Mourir me font vos beaux yeux, d’amour, belle marquise
Mourir vos beaux yeux me font , d’amour, belle marquise
Mourir me font vos beaux yeux, belle marquise, d’amour
Mourir me font vos beaux yeux, belle d’amour marquise
Mourir belle marquise , d’amour me font, vos beaux yeux
Mourir belle marquise , me font, d’amour vos beaux yeux
Mourir belle marquise , me font, vos beaux yeux d’amour
Marquise, vos beaux yeux , belle, me font mourir d’amour
Marquise, vos beaux yeux , belle, d’amour me font mourir
Marquise, vos beaux yeux , belle, d’amour mourir me font
Marquise, belle, vos beaux yeux me font mourir d’amour
Marquise d’amour belle, vos beaux yeux me font mourir
Marquise d’amour belle, vos beaux yeux mourir me font
Marquise d’amour belle, me font mourir vos beaux yeux
Marquise, belle d’amour, vos beaux yeux me font mourir
Marquise, belle d’amour, vos beaux yeux mourir me font

MONSIEUR JOURDAIN:
Par ma foi! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien,
et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.
Je voudrais donc lui mettre dans un billet:
Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour;
mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante, que cela fût tourné gentiment.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE:
Mettre que les feux de ses yeux réduisent votre cœur en cendres;
que vous souffrez nuit et jour pour elle les violences d’un.

MONSIEUR JOURDAIN:
Non, non, non, je ne veux point tout cela;
je ne veux que ce que je vous ai dit:
Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE:
Il faut bien étendre un peu la chose.

MONSIEUR JOURDAIN:
Non, vous dis-je, je ne veux que ces seules paroles-là dans le billet;
mais tournées à la mode; bien arrangées comme il faut.
Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE:
On les peut mettre premièrement comme vous avez dit:
Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.
Ou bien:
D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux.
Ou bien:
Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir.
Ou bien:
Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font.
Ou bien: Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour.

MONSIEUR JOURDAIN:
Mais de toutes ces façons-là,
laquelle est la meilleure?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE:
Celle que vous avez dite:
Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.

MONSIEUR JOURDAIN:
Cependant je n’ai point étudié, et j’ai fait cela tout du premier coup.
Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.

(Molière)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

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Tu fus quelques saisons (Frédéric Musso)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2016



Tu fus quelques saisons avant que se déclenche la mécanique des corolles.
Les poèmes sonnaient clair sous la marquise de la nuit.
Des mots de compagnie rendus à la vie sauvage s’ébrouaient dans la blancheur du papier.

(Frédéric Musso)

Découvert ici: https://lettresdirlandeetdailleurs.wordpress.com/

 

 

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Portrait (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Portrait

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d’or ;
Mais nulle, en sa beauté, n’eut plus de grâce exquise,
Au temps qu’on était jeune et qu’on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L’incarnat velouté d’une pêche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d’azur où monte le désir !…

(Louis Bouilhet)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

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Jamais, avez-vous dit (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Jamais, avez-vous dit, tandis qu’autour de nous
Résonnait de Schubert la plaintive musique ;
Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,
Brillait de vos grands yeux l’azur mélancolique.

Jamais, répétiez-vous, pâle et d’un air si doux
Qu’on eût cru voir sourire une médaille antique.
Mais des trésors secrets l’instinct fier et pudique
Vous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux.

Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage
Hélas ! Je ne voyais ni ce charmant visage,
Ni ce divin sourire, en vous parlant d’aimer.

Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n’est belle.
Même en les regardant, je ne regrettais qu’elle,
Et de voir dans sa fleur un tel cœur se fermer.

(Alfred de Musset)

Illustration: Frank Cadogan Cowper

 

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Stances à Marquise (Pierre Corneille)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015




Stances à Marquise

Marquise si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m’a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.

Cependant j’ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n’avoir pas trop d’alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu’on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu’il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j’aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu’autant que je l’aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise.
Quoiqu’un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu’on le courtise,
Quand il est fait comme moi.

(Pierre Corneille)

Illustration: Pierre Mignard

 

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Florence (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



Florence

Le soleil brille et brûle
Dans un ciel indigo.
L’Arno coule très jaune
Sous le Ponte-Vecchio.
A Fiesole, aux Cascines,

Viale dei colli,
Les marquises exquises,
Oeil noir et teint pâli,

Adressent des sourires
Et des signes savants
Du fond de leurs calèches
Aux cavaliers servants.
Et dans la ville-neuve
Les sons des clavecins
Se mêlent aux prières
D’obèses capucins.

(Jean Moréas)

 

 

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