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Poésie

Posts Tagged ‘marronnier’

LA PUCE (Robert Clausard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



LA PUCE

Une puce prit le chien
pour aller de la ville
au hameau voisin
à la station du marronnier
elle descendit
vos papiers dit l’âne
coiffé d’un képi
je n’en ai pas
alors que faites-vous ici
je suis infirmière
et fais des piqûres
à domicile.

(Robert Clausard)

Illustration

 

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L’école (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



L’école

Dans notre ville il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue il y a
Des autos, des gens qui s’affolent,
Un grand magasin, une école,

Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux qui chantent tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon coeur, mon coeur, mon coeur qui bat
Est là.

(Jacques Charpentreau)

 

 

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LE VOYAGE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



 

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LE VOYAGE

Çà et là. Seulement un voyage furtif.
Arbre et tour. Et maison. Montagne. Mont.
Froide comme la tristesse. Comme songe muet
Tu t’en vas. Battement lourd et las.

Gare. Buffet. Et les feuilles
S’épanchent des marronniers par-dessus les tables.
Et cette dame-là. Elle est silencieuse et seule.
Un regard. Des feuilles brunes. Impression fugitive.

L’étranger : comme l’automne et comme l’inconnue,
Fuyant et froid. Ici, chez nous, il fait chaud.
Feuilles en vol. Vers les Karawankes
Un tunnel : dans la pénombre son oeil à elle luit.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Andrey Remnev

 

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Caresses (Chantal Couliou)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Digital StillCamera

 

Caresses

Le vieux marronnier
N’aime
Ni les vacances
Ni les jours fériés
Il préfère
Les caresses
Des petites mains d’écoliers.

(Chantal Couliou)

 Illustration

 

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La fleur qui fait le printemps (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Jean-Louis Dupuy
    
La fleur qui fait le printemps

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d’où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d’argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d’hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l’aube arrose,
S’épanouit dans sa candeur.

La véronique s’aventure
Près des boutons d’or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d’enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d’éclore
Et d’éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poëte dans ses douleurs,
Qu’avant de s’en aller, il voie
Vos feux d’artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d’été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d’or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d’argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j’ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d’attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l’âme et pour l’abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d’azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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La prophétie (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



 

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La prophétie

D’une place de Paris jaillira une si claire fontaine
Que le sang des vierges et les ruisseaux des glaciers
Près d’elle paraîtront opaques.
Les étoiles sortiront en essaim de leurs ruches lointaines
Et s’aggloméreront pour se mirer dans ses eaux près de la Tour Saint-Jacques.

D’une place de Paris jaillira une si claire fontaine
Qu’on viendra s’y baigner, en cachette, dès l’aurore.
Sainte Opportune et ses lavandières seront ses marraines
Et ses eaux couleront vers le sud venant du nord.

Un grand marronnier rouge fleurit à la place
Où coulera la fontaine future.
Peut-être dans mon grand âge
Entendrai-je son murmure;

Or le chant est si doux de la claire fontaine
Qu’il baigne déjà mes yeux et mon coeur.
Ce sera le plus bel affluent de la Seine,
Le gage le plus sûr des printemps à venir, de leurs oiseaux et de leurs fleurs.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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L’immense marronnier (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



l’immense marronnier
que l’hiver a dénudé

obscur travail
des racines

puissance
du tronc

atteindre
ce dépouillement

(Charles Juliet)

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Dans ma valise (Kamal Zerdoumi)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration
    
Dans ma valise
la tombe de ma mère
les quartiers de mon enfance
un peu de cette terre
qui apaise mon errance
l’eucalyptus et l’hibiscus
pour exorciser
le marronnier et le platane
et leur tristesse qui damne
Dans ma valise
Les sourires et les voix
de la poignée de vivants
qui comptent pour moi
et figent le temps
la fin du vertige
marier passé et présent
Afrique et Europe
un même continent

(Kamal Zerdoumi)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

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CHANSON POPULAIRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Samuel Van Hoogstraten
    
CHANSON POPULAIRE

Il y a des villages pleins de marronniers
Qu’on traverse de nuit
Des auberges au vin lourd
Des fleurs
Des femmes
Des fleurs belles comme des femmes

Sur le bord du chemin
Un homme pleure
On en voit de toutes les couleurs
Dans ce monde

Un vieux chagrin qui fait sa ronde
Sous les épaules

Mais toujours toi
La page blanche sur le toit
Le mur
Une églantine
Un peu de foin dans la poitrine
Rendez-vous avec Dieu
En un château perdu à des sept lieues
De la terre
Ma cellule de monastère

Chaque jour te donner
Ma soif et mon visage
Ce regard qui me vient
De saisons disparues.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Printemps (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017



Illustration: Abel-Dominique Boyé
    
Printemps

Dieu récrit la nature encore une fois
aussi douce d’amour et rêveuse de mort
voici ma vie encore dans ce songe de sang
— que la campagne est pâle sous son odeur de vent.

Pourtant, c’en est fini du chemin tiède
des mains de mousseline et de l’air des colombes
ailes de lilas blanc des printemps d’autrefois
c’en est fini
les marronniers en sang ne se faneront pas.

Ne regarde plus derrière toi vers le sable chanteur
tu appris là le pas de soie des danses
c’en est fini des fêtes du silence
et la musique morte s’écrase dans le bruit.

C’en est fini du vent léger
qui laisse aux fleurs leur pollen
le vent de sang qui vient des plaines
plombe nos vies de son danger.

L’amour n’est plus sous l’or de mai
l’eau seule y tresse, si douce aux paumes
le piège où se prendront les fées.

Le tonnerre glisse des mains de Dieu
des astres filent de nos doigts
tiges de lumière en quête d’un fruit
d’un fruit de sang au creux des hommes
à longs tâtons à travers la nuit

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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