Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘marteau’

TOUTES LES ÂMES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

TOUTES LES ÂMES

Anonymat et banquise : novembre
par son seul nom, dansé
à mort
dans la parole brisée
de la houe et du sillon
tracé
des gouttières d’accablement — ces
marteaux adorés
vomissures
projetées
dans les zones du sang.

Une transfusion de ténèbres,
la paix fertile, empiétant
sur la tuerie.

Vie égale à la vie.

(Paul Auster)

Illustration: Volker Birke

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme de trois ans (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



L’homme de trois ans
M’a donné
Une leçon de poésie.
D’une clé de boîte à sardines,
Il a tiré:
Un violon,
Un marteau,
Le portrait de son grand-père,
L’hélice d’un aéroplane,
Des lunettes
Et une fleur.

(Carlos Larronde)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’AIR (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Amedeo Bocchi 
    
L’AIR

Le corps et la rêverie de la dame
Pour qui tournoyaient les marteaux,
Se perdent ensemble et reviennent,
Ne rapportant de la nuée
Que les guenilles de la foudre
Avec la future rosée.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mes Miroirs (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Mes Miroirs

Je n’ai qu’un geste à faire
Pour que les murs de ma chambre
Tous les murs de ma chambre
Se recouvrent de miroirs
Ils ne m’aiment pas les miroirs

Ils me guettent
Avec leurs yeux mille facettes
Leurs yeux fixes et froids de félin
Leurs reflets de caméléons
Et leurs langues de verre
Dures et glacées

Ils me renvoient mon image les miroirs
Comme une grimace
Comme une insulte
Comme on lance une pierre
Comme un griffe-visage

Je peux bien les frapper à mon tour
Les broyer en petits morceaux
Leur jeter des étoiles en pâture
Les provoquer les caresser
Les démonter pièce par pièce
Ils se reconstruisent d’eux-mêmes
Ils restent là au bord de mes plaies

Vous qui m’aimez
Ne me laissez pas seul
Face à mes miroirs
Quand tous les marteaux du monde
Quand tous les cailloux de la route
Ne briseraient pas
L’éclat de rire de leur verre

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CLOU QUE J’ENFONCE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Jane Palmer 
    
LE CLOU QUE J’ENFONCE

Ce ne sont pas de grands poèmes
mes petits vers.
Tout au plus des impressions
que j’ai du fond de moi
laissées venir sur du papier
— et quand je le pouvais.

Aujourd’hui
je scie des planches
(vous êtes dans la petite chambre)
je rafistole des chaises
(et je vous entends rire)
je débroussaille je fais des tas
(le mistral fait tout voler).

Je note cela sur un coin de la table
et quand le marteau tape
toute la montagne résonne
sur le clou que j’enfonce
au coeur de cette matinée bleue.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Acoustique (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Acoustique

Un enfant pleure
une radio crie
une auto freine
une moto pète
un marteau frappe
une hie ronfle
un bus passe
et pourtant il y a encore dans l’espace
des pans
qui ne bougent pas

(Raymond Queneau)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Attente (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Attente

L’univers
est en attente de quelque chose
qui encore n’a pas éclos.
La flore infinie
des étoiles
et les faunes de l’âme
retiennent leur souffle
et regardent vers un point
qui est loin
attendant la clé
du mystère,
point qu’attaque la mort
avec un marteau fantastique.
Car si le point lointain
venait à s’effacer du ciel
il y aurait une catastrophe
d’étoiles
un énorme amas
d’étoiles
couronnées de fantastiques
squelettes.

***

Espera

El universo
está en espera de algo
que aún no se ha abierto.
La floresta infinita
de los luceros
y las faunas del alma
contienen el aliento
y miran hacia un punto
que está lejos
esperando la clave
del misterio,
punto que ataca la muerte
con un martillo feérico.
Mas si el punto lejano
se borrara del cielo
habría una catástrofe
de luceros,
un enorme montón
de luceros
coronados por feéricos
esqueletos.

(Federico García Lorca)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Grenier d’étoiles
Traduction: Danièle Faugeras
Editions: Erès

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lettre ouverte (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2017




    
Lettre ouverte

Y a-t-il un cerisier qui brûle
Qui brûle à ta porte, qui brûle
Et consume ta porte, qui brûle
Et fond la vitre à la fenêtre
Dis, qu’en est-il

Y a-t-il un silence qui hurle
Qui hurle sur ta langue, qui hurle
Et couvre tes paroles, qui hurle
Et va criant dans le désert
Dis, qu’en est-il

O sombre oiseau perdu dans la chute bleue du soir
Et le rouge marteau de mon sang

Dis-moi, sois avec moi
Dis-moi, y a-t-il
Le cerisier qui brûle
Le silence qui hurle

Oh dis-moi dis-moi

***

Open letter

Is there a cherry tree burning
outside your door burning
burning the door down burning
melting the glass in yor windows
tell me is there

Is there a silence screaming
over your tongue screaming
screaming your words down screaming
crying in the wilderness
tell me is there

Oh dark bird in the blue-falling night
and the red hmmer of my blood

Tell me be with me
tell me is there
the cherry tree burning
the silence screaming

Oh tell me tell me

(Kenneth White)

 

Recueil: En toute candeur
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les promesses du feu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Jean-Marie Reynaud
    
Les promesses du feu

Ce fer amour que je forge deux fois,
Va le jeter dans l’extase liquide.
Entends siffler le métal rouge orange
Devenu bleu par morsure de l’eau.

Comme un poumon ce soufflet qui s’anime
Et porte l’air au coeur du brasier.
Un autre fer pour un même cheval
Qui tirera le soc sur les labours.

Un autre, un autre encore pour l’image
De quatre fers, quatre points cardinaux
Qui jailliront comme des étincelles
Pour situer ta présence en ces lieux.

Coups sur l’enclume, un village s’éveille.
Coups sur le fer, une forme apparaît.
Le forgeron sous son cuir a des ailes
Et sur son front des perles de rosée.

Qui les dira ses prouesses cosmiques
Mariant l’air et la terre et le feu ?
Le bras se lève et retombe en cadence
Et le fer chante et chante le marteau.

L’adolescent qui regarde la flamme
Forge sa vie et contemple ce bras
Si musculeux, si noueux qu’il évoque
De vieux exploits enfouis dans l’Histoire.

Et cette odeur de charbon, de matière,
De fer à blanc, de sueur sur la chair
Grise l’instant. Des chapelets de fers
Sur le mur noir attendent leur voyage.

Frères du jour revenons à ces forges
Où fut un homme au visage de feu
Que je revois, présence salvatrice,
Quand le présent m’assaille de sa nuit

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :