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Posts Tagged ‘marteler’

Chuchotements (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

Francis Picabia -   (3)

Chuchotements

je n’ai rien à vous dire
voulez-vous m’aimer?

je n’ai rien à vous dire
et si on se faisait plaisir?
caresses au crépuscule
gémissements de brise
extases musquées
et si on s’aimait d’amours fulgurantes?

*

même les carreaux ont eu froid
sur le sol que martelaient nos pas
entre deux battements de sang
dorment des frissons

ce qui meurt
renaît à chaque instant
l’éternité est le silence
entre deux battements de vie

*

entre deux soleils
refaire tous les chemins
traverser tes pôles
en passant par ton milieu
m’enfouir dans ton extrême

je t’aperçois
entre deux battements de cils
étendard au vent
dans la poussière des piaffements
les hennissements de ton sang
je te fais de grands signes
le vent ramène nos histoires parallèles

(Kettly Mars)

Illustration: Francis Picabia

 

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Terre aimée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Terre aimée

Jamais nous ne saurons nous satisfaire des chemins que
martèle le pas de décembre !
Notre enfance, nous ayant quittés, nous laissa cependant
l’amitié de son ombre.
La mouette, effleurant nos ravages, conjure l’image du
bourreau, rétablissant ainsi la tendre incertitude.

Qu’elle gronde la menace ! Qu’elle se plante en nous !
Nos vies surgiront de cette halte soudaine,
toujours plus éprises du grand soleil perdu.
Légers ou noirs, les jeux s’oublient.
Seule demeure l’eau jaillissante accordée aux saisons ;
Et de cette eau, même la douleur est saine.

Il est temps de croire.
Temps d’accepter notre terre trop concise.
Temps de se tourner, sans oraison,
vers le coeur qui nous réserve tout.

(Andrée Chedid)

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Un couvreur perdu (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
Un couvreur perdu parmi les gros pigeons
Parmi les fientes et les plumes courtes
Un homme jeune
Accroupi
Martèle le zinc
Rajoute des coups
Pour la rage

Et tout le quartier résonne comme une méchante boîte.

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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TERRE AIMÉE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



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TERRE AIMÉE

Jamais nous ne saurons nous satisfaire des chemins que martèle
le pas de décembre !
Notre enfance nous ayant quittés nous laissa cependant l’amitié
de son ombre.
La mouette, effleurant nos ravages, conjure l’image du bourreau,
rétablissant ainsi la tendre incertitude.

Qu’elle gronde la menace ! Qu’elle se plante en nous !
Nos vies surgiront de cette halte, toujours plus éprises du grand
soleil perdu.
Légers ou noirs, les jeux s’oublient.
Seule demeure l’eau jaillissante accordée aux saisons ;
Et de cette eau, même la douleur est saine.

Il est temps de croire.
Temps d’accepter notre terre trop concise.
Temps de se tourner, sans oraison, vers le coeur qui nous réserve
tout.

(Andrée Chedid)

Illustration: Kris Galli

 

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Me dire à moi (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2017



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Me dire à moi de t’oublier
c’est prêcher dans le désert,
c’est marteler un fer froid,
et causer avec les morts.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Il y avait un mot (Eugénio De Andrade)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



    

Il y avait
un mot
dans l’obscurité.
Minuscule. Ignoré.

Il martelait dans l’obscurité.
Il martelait
dans le socle de l’eau.

Du fond du temps,
il martelait.
Contre le mur.

Un mot.
Dans l’obscurité.
Qui m’appelait.

(Eugénio De Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Il y avait un mot dans l’obscurité(Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



Il y avait un mot
dans l’obscurité.
Minuscule. Ignoré.

Il martelait dans l’obscurité.
Il martelait
dans le socle de l’eau.

Du fond du temps,
il martelait.
Contre le mur.

Un mot.
Dans l’obscurité.
Qui m’appelait.

(Eugénio de Andrade)

 

 

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L’imperfection est la cime (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2016



L’imperfection est la cime

Il y avait qu’il fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n’est qu’à ce prix.

Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme toute beauté.

Aimer la perfection parce qu’elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l’oublier morte,

L’imperfection est la cime.

***

And so it was that you had to destroy and destroy and destroy,
And so it was that salvation is only at this price.

Ruin the naked face rising out of the marble,
Batter all form all beauty.

Love perfection because it is the threshold,
But once known disown it, once dead forget it,

Imperfection is the summit.

(Yves Bonnefoy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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La forêt se tait (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016



 

La forêt se tait —
Un pivert vient marteler
Le son du silence.

***

In the silent forest
A woodpecker hammers at
The sound of silence.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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La grande ville (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016




La grande ville écrasée de nuages,
au milieu de la campagne,
se colore d’un vert apeuré,

Marcher le long des rues interminables
sous un ciel noirâtre
fendu dans le lointain
par un horizon clair,
sous l’haleine mouillée de la pluie.

C’est l’âme qui respire
loin de l’ennui, du froid,
c’est une voie de salut.
Le fond de la rue
dans la clarté lointaine –
a l’aspect d’un visage rêveur.
J’imagine un grand ange sévère
vert et gris, planant sur l’horizon,
par-delà les nuages.
Je vis maintenant dans cet abîme blanc.
Et pour un instant d’éternité,
je relève la tête.

Mais le vert et le gris faits de pluie et de boue
prolongent dans le vent
l’ennui monotone des rues.
Sous le ciel noirâtre
je me débats au milieu de vaines choses
qui me martèlent comme des litanies.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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