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LA FEMME AGEE (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



LA FEMME AGEE

Autrefois, j’étais belle, j’attirais les regards,
Sur mon glorieux passage, les hommes se retournaient,
Le monde et ses égards, oui, tout m’appartenait,
A présent, je suis vieille, j’ai perdu mon pouvoir.

J’ai reçu bien des roses ; leurs épines m’ont blessée,
Après les jours heureux suivaient les nuits glaciales,
J’ai affronté déserts, tempêtes, et chacals,
Et sans jamais plier, j’ai lutté, supporté.

Mais tous ces coups du sort, reçus en pleine face,
En laissant sur ma peau, d’indélébiles traces,
Ont fortifié mon âme, comme un muscle qui travaille.
Elle devenait plus belle, après chaque bataille.

Et vous tous qui pensez, sa beauté s’est fanée,
Emportée par le temps, eh bien vous vous trompez,
Car de cette sombre pierre qu’était mon cœur, avant,
Les intempéries de la vie en ont fait un diamant.

Derrière mes yeux, délavés par tant de larmes versées,
Et mes paupières ridées, usées par les tourments,
Se cache mon âme ; regardez-la, et vous verrez,
Comme je suis belle, bien plus belle… qu’à vingt ans !

(Martine Hadjedj)

 

 

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ABSENTE (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



ABSENTE

Je m’observe de loin, qui marche dans cette rue,
Vous pouvez m’y croiser, pourtant je n’y suis pas,
Et vous qui me parlez, je ne vous écoute plus,
Et celle qui vous répond, ce n’est pas vraiment moi,

Ce que mes yeux regardent, est transparent pour moi,
Et tout ce que j’avale, je ne sais quel goût ça a,
Le soleil sur ma peau, les baisers des enfants,
Les parfums du printemps, ça faisait quoi avant ?

Les joies ou les chagrins, le silence ou le bruit,
Le ciel bleu ou le gris, qu’il fasse jour ou bien nuit,
Tout, glisse sur mon cœur, comme sur ce toit, la pluie.
Perdue dans mes pensées, je ne sais où je suis.

Depuis qu’il est parti, je suis très loin d’ici,
Mon esprit est ailleurs, et mon regard lointain,
Et, au fond de mes yeux, vous ne trouverez rien,
A part, une pancarte, sur laquelle est écrit :
Absente … de ma vie.

(Martine Hadjedj)

Illustration: Jean Libon

 

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Alchimistes (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Alchimistes

Prenez de votre vie, une peine, un souci,
Qui flétrit votre cœur, et trouble votre esprit,
Qui vous ronge la nuit, et vous hante le jour,
Quelque chose de bien gris, quelque chose de bien lourd,

Cette douleur secrète, exprimez-la en mots,
Mais pas n’importe lesquels, choisissez les plus beaux,
Ceux qui charment l’oreille, et allument les yeux
Assemblez les, créer, un ensemble harmonieux.

Parlez en métaphores et parlez en images,
Que votre esprit s’évade, dans ce beau paysage,
Qu’il quitte sa prison, qu’il lâche son boulet,
Et oublie un instant, ce qui l’a fait pleurer.

En alternant les rimes, en alternant les sons,
Vous composez un rythme, le poème est chanson,
Les mots bercent, caressent et apaisent le cœur,
Les mots vibrent, s’envolent, emportant la douleur.

La poésie est force, et le verbe magique,
Laissez-vous envahir, par sa douce musique.
Sur elle, votre cœur danse, il se sent plus léger,
Sur elle, votre cœur chante, l’espérance renait,

La lumière des mots, illumine votre sort,
Le lourd, le gris, le plomb, s’est transformé en or,
Vous avez fait du beau, à partir du triste,

Poètes, ignoriez-vous, être des alchimistes ?

(Martine Hadjedj)

Illustration: Nathalie Oso

 

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MENDIANT (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



MENDIANT

Mendiant, sur mon chemin, ton regard me dérange,
Car tes yeux qui m’implorent, tels deux miroirs étranges,
Me dévoilent ce que de moi je préférerais ne pas savoir,
Et m’obligent à affronter ce que je cache dans le noir.

A contre cœur, du bout des doigts, je jette quelques miettes
Mais ce n’est pas mon amour qui soulage ta diète,
C’est juste mon ego, cet orgueilleux tyran,
Qui verse son tribut, au regard des passants.

Mendiant, dans ma conscience, ta présence jette un froid
La main que tu me tends, qu’attend elle de moi ?
De la pitié, je n’en ai pas, de la bonté, encore moins
Mon cœur n’est qu’un taudis où l’amour crève de faim.

Car sous mes beaux habits, derrière ma mine sereine,
Je cache une misère bien plus grande que la tienne,
La peur, de donner, de manquer, misérable est ma foi !
Comprends tu, de nous deux, le vrai mendiant, c’est moi !

(Martine Hadjedj)

Illustration

 

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IL ÉTAIT LA FOI (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018




IL ÉTAIT LA FOI

Reposant sur le rien
Bâtie sur le néant
Aucun signe au loin
Ni terre sous mes pieds
Sur laquelle s’appuyer
Rien de visible, rien de tangible
Juste une petite voix
Le murmure du silence
Un chemin très étroit
Et si peu fréquenté
Une simple intuition
Qui devient certitude
Juste une graine minuscule
Un grain de sénevé
Fécondé par l’amour
Patient, persévérant,
Qui se transforme en arbre
Tout petit, qui grandit,
Jusqu’à être infini
Des racines bien plantées
Dans le roc, un rocher
Une ferme assurance
Une force immense
Qui déplace des montagnes
Fait fleurir le désert
Sépare les flots
Et calme la tempête
Il était la foi!

(Martine Hadjedj)

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L’Espoir (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



L’Espoir

Je suis ce qui renaît,
Et renaîtra sans cesse
Après qu’on l’ait tué.

Le chant qui jamais ne se tait,
La flamme qui jamais ne s’éteint,

Vous pouvez m’oublier, me fuir,
Me perdre ou me détruire,
Du néant, je surgirai encore,
Plus grand, plus beau, plus fort !

Car de sans cesse renaître,
Est ma seule raison d’être.

Je suis tout ce qui reste,
Quand on a tout perdu,
Quand il ne reste rien.

La fleur qui jamais ne se fane
La marche qui jamais ne s’arrête.

Essayez de m’anéantir,
Et en poussière, me réduire !
Des cendres de mes cendres,
A nouveau, je me ferai entendre !

Et c’est lorsque s’assombrit,
Le visage de la nuit,
Que son sombre regard,
Devient encore plus noir,
Qu’alors ma lumière jaillit,
Je suis… l’Espoir.

Je suis ce qui renaît,
Et renaîtra sans cesse
Après qu’on l’ait tué …

(Martine Hadjedj)

 

 

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