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Posts Tagged ‘massif’

VIE PÉTRIFIÉE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



    

VIE PÉTRIFIÉE

L’heure de vision
La fleur de lumière
Les intolérables
Ailes de l’envol

Tout devient fossile
Devient pierre
La coquille fragile
Et l’os massif.

Le sang les nerfs
La trace de la pensée
Qui traverse la nuit
Depuis la source du monde.

Le jeu de la lumière
Sillage du soleil
Est soudain immobile
Comme une rivière gelée

Immobiles soudain
Oiseau, fleur et coquille
Que l’amour a créés,
Que la vie a parfaits,
Pour ainsi perdurer.

***

STILL LIFE

The hour of sight
Flower of light
And unendurable
Wings of fight

Ail turn to fossil
Turn to stone
The delicate shell
And the mighty bone.

The blood the nerves
The trace of thought
That cross the night
From the source of the world.

The play of light
In the wake of the sun
Is suddenly still
Like a frozen stream

Suddenly still
Bird, , flower and shell
That love has created,
Life-shaped and perfected,
So to remain.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Le Crapaud (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Le Crapaud

Un chant dans une nuit sans air…
– La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

– Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… – Horreur ! –

… Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son œil de lumière…
Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.

(Tristan Corbière)

Illustration

 

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CHRYSANTHEME (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



chrysantheme

CHRYSANTHEME

Sous les amandiers, au pied noir des treilles,
Au coeur des corbeilles,
Au sein des massifs, au long des allées,
Sont tombées fanées,
De toutes senteurs, de toutes couleurs,
Des fleurs et des fleurs.

Elles ont péri, les fleurs lascives,
D’amours excessives

Avec le soleil en rut sur leur coeur
Lubrifié d’odeurs.

Il en est tombé, il en est tombé
Sur la terre dure,
Pendant tout l’été,
Séchées de baisers, mûres de luxure ;
Acres chairs d’oeillets, sexes noirs d’iris,
Et même des lys,
Et surtout des lys.

Et de ce charnier par l’eau fécondé,
Et de ce charnier,
A peine frôlé par des rayons blêmes,
Marqué d’anathème,
Voici naître le pathétique chrysanthème

(Charles Vildrac)

Illustration

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LA SORELLA DELL’ AMORE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



LA SORELLA DELL’ AMORE

Mort, que fais-tu, dis-nous, de tous ces beaux trophées
De vierges que nos feux brûlent sur tes autels ?
Réponds, quand serons-nous pour jamais immortels
Aux lumineux séjours des célestes Riphées ?

J’eus vécu l’Idéal. Au paradis des Fées
Elle était !… Je ne sais, mais elle avait de tels
Yeux que j’y voyais poindre, aux soirs, de grands castels
Massifs d’orgueil parmi des parcs et des nymphées…

Ma chère, il est vesprée, allons par bois, vie ns-t’en,
Nous suivrons tous les deux le chemin brut et rude
Que tu sais adjoignant la chapelle d’Antan.
Ma voix t’appelle, ô soeur! mais ta voix d’or m’élude,
Lucile est morte hier, et je sanglote, étant
Comme une cloche vaine en une solitude.

(Emile Nelligan)


Illustration: Jean-Gabriel Domergue

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LE POÈTE PENSE À SON AMI (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




LE POÈTE PENSE À SON AMIE

Il va pleuvoir.
Le vent meurtrit les fleurs de mes jasmins
et emporte les pétales des pivoines qui jonchent le massif.
Il soulève les stores des fenêtres.
Il fait ondoyer les chevelures des jeunes filles.

Je suis triste. Je pense à mon amie.
Le ciel bleu, la mer verte et les montagnes blanches nous séparent.
Ah! si ces oiseaux pouvaient apporter à mon amie les lettres que je lui écris!
Si ce ruisseau pouvait lui apporter les pétales de mes pivoines !

Les magnolias brillent dans l’ombre.
Je ne prendrai pas mon luth.
Je regarde la lune,
qui est une plus grande fleur de magnolia.

Je ne chanterai pas, je ne jouerai pas.
Je veux être tout à ma tristesse.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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Le Crapaud (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Le Crapaud

Un chant dans une nuit sans air…
— La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.
… Un chant; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait: Viens, c’est là, dans l’ombre…

[…]

… Il chante. — Horreur!! — Horreur pourquoi?
Vois-tu pas son oeil de lumière…
Non: il s’en va, froid, sous sa pierre.
Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.

(Tristan Corbière)

 

Recueil: Les Amours jaunes
Traduction:
Editions:

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Je désirais cueillir (Anonyme Chinois)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration
    
Je désirais cueillir
le plus charmant iris de tout le massif ;
mais, hélas !
je n’ai fait que mouiller mes manches

(Anonyme Chinois)

 

 

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JARDIN PERDU (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



JARDIN PERDU

Ce jardin donnait sur la mer
Gorge d’oeillet
Il imitait le bruit de l’eau
On sous-entendait la forêt

Son coeur débitait l’air du large
En massifs calmes
Ses fleurs montaient à pas de feuilles
Vers les racines du jour tendre

Ce jardin donnait sur la terre
Ses caresses pesaient si peu
Que des allées en jaillissaient
D’elles-mêmes à chaque instant

Une gamme de perspectives
S’offrait aux courants de la vue
Et le soleil couleur d’avril
Animait un ciel végétal.

(Paul Eluard)

Illustration: Angélique Poirier

 

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Sonnet (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Sonnet

SUR les marbres massifs plane la paix de l’air.
La nature, qui hait la fièvre et le factice,
Décore les tombeaux, passive protectrice,
De rosée au printemps et de neige en hiver.

Le souffle égal des Morts s’en va vers le ciel clair.
Ils rêvent gravement : leur sottise et leur vice
Sont devenus de l’herbe et des fleurs sans malice ;
Le lys pur a puisé ses parfums dans leur chair.

Une chauve-souris parfois rôde et s’égare
D’un vol supplicié, tortueux et bizarre,
Ainsi qu’une âme en peine errant près des autels.

Ayant seuls la pudeur et l’orgueil de se taire,
Ces vivants de la veille, inquiets et cruels,
Sont devenus sereins et bons comme la terre.

(Renée Vivien)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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BEIJO – FLOR (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



Illustration: Antoine Picard
    
BEIJO – FLOR

Le baiser est-il fleur
dans le massif
ou désir dans la bouche?
Tant de baisers naissants
et cueillis
dans le calme du jardin
aucun baiser baisé
(comment baiser le baiser?)
sur la bouche des filles
et c’est là qu’ils sont
en suspension
invisibles.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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