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RENDEZ-VOUS (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Alberto Donaire rocio

RENDEZ-VOUS

Je te donne rendez-vous
tu viendras

dans un pays au soleil
si vaste qu’il embrasse le monde
si petit qu’il tient en un mot

Je te donne rendez-vous
tu viendras

dans un pays éternel
où dansent consonnes et voyelles
derrière «masques et bergamasques»

Je te donne rendez-vous
tu viendras

dans un pays fraternel
ses monuments sont des tourments
universels
son histoire écrite en Lumière

Je te donne rendez-vous
dans ta langue maternelle

(Azadée Nichapour)

Illustration: Alberto Donaire

 

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Les gestes (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



 

Abdalieva Akzhan -   9

Les gestes

Plus tendres qu´un aveu,
Tes gestes me désarment,
Ta main dans mes cheveux
Ou qui sèche une larme.
Tu mêles savamment
L´innocence et le charme :
Ta jupe de quinze ans
Et tes jambes de femme.
Tes bras encor si frêles
Deviennent rassurants
Quand tu donnes à l´enfant
Ta douceur maternelle.

Dis-moi, qui t´a appris
à effleurer ma bouche,
Toi, qui suces ton pouce
Quand tu es endormie?

Plus belle qu´une ondine,
Quand tu sors du bain,
Tu caches ta poitrine
Dans la paume des mains.
Les hanches insolentes
à chaque mouvement,
Une bouche gourmande
Et des yeux innocents.
Le soleil apprivoise
Ton corps à contre-jour
Et trouble les contours
De ton ombre chinoise.

Dis-moi qui t´a appris
à effleurer ma bouche,
Toi qui suces ton pouce
Quand tu es endormie?

Comme une adolescente
à son premier désir,
Experte et maladroite,
Offerte à ton plaisir,
Tu es en même temps
Princesse, courtisane,
Une fille, une femme,
Et la mère et l´enfant.
Je te regarde vivre,
Tu me redonnes vie.
Tes gestes me délivrent
De tout ce que je suis.

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

http://www.wat.tv/audio/georges-moustaki-cd-03-il-13743_2h9vt_.html

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Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles
Qui font souvent le bien et peuvent tout le mal,
Et ces yeux, où plus rien ne reste d’animal
Que juste assez pour dire: « assez » aux fureurs mâles.

Et toujours, maternelle endormeuse des râles,
Même quand elle ment, cette voix! Matinal
Appel, ou chant bien doux à vêpre, ou frais signal,
Ou beau sanglot qui va mourir au pli des châles!…

Hommes durs! Vie atroce et laide d’ici-bas !
Ah! que du moins, loin des baisers et des combats,
Quelque chose demeure un peu sur la montagne,

Quelque chose du coeur enfantin et subtil,
Bonté, respect! Car, qu’est-ce qui nous accompagne
Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il?

(Verlaine)

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L’eau qui jaillit dans la verdeur première (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2017



 

Rob Gonsalves 13

L’eau qui jaillit dans la verdeur première,
nudité de la terre, fraîche et douce,
appelle nos mains,
comme une femme neuve…

— De qui, cette eau est-elle
la résurrection ? Quelle nouvelle vie
en elle, triomphante, rejoint la mort ?
(Que ne puis-je être, un jour
de printemps vert, cette eau !)

…Et l’eau chante, rit et bondit,
elle danse, elle s’offre,
câline, exubérante, dure, ouverte ;
la terre profonde
— comme une femme neuve —,
non pour nous enterrer, aujourd’hui, non pas traître,
ni même maternelle ;
mais pour nous déterrer, loyale,
pour nous embrasser, libres,
appelle nos bras.

***

El choro de agua entre el verdor primero,
desnudez de la tierra, fresca y dulce,
llama a las manos,
como una mujer nueva…

—¿De quién, esta agua,
resurrección será? ¿Qué nueva vida
alcanza en ella, triunfal, la muerte?
(¡Quién fuera, un día
de primavera verde, agua!)

… Yel agua canta, ríe y salta,
baila y se ofrece,
mimosa, exuberante, dura, abierta;
la tierra honda
— como una mujer nueva —,
no para sepultarnos, hoy, no traidora,
ni maternal siquiera;
para desenterrarse, franca,
para abrazarnos, libres,
llama a los brazos.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Rob Gonsalves

 

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Sanglot perdu (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Sanglot perdu

Les étoiles d’or rêvaient éternelles;
Seul, sous leurs regards, songeant, loin de tous,
Devant leur douceur tombant à genoux,
Moi je sanglotais longuement vers elles.

« Ah! pourquoi, parlez, étoiles cruelles!
La Terre et son sort? Nous sommes jaloux!
N’a-t-elle pas droit aussi bien que vous
À sa part d’amour des lois maternelles?

« Quelqu’un veille-t-il, aux nuits solennelles?
Qu’on parle! Est-ce oubli, hasard ou courroux?
Pourquoi notre sort? C’est à rendre fous! »…
— Les étoiles d’or rêvaient éternelles…

(Jules Laforgue)


Illustration

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Et j’irai le long de la mer éternelle (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



Anne Bachelier 02 [800x600]

Et j’irai le long de la mer éternelle

Et j’irai le long de la mer éternelle
Qui bave et gémit en les roches concaves,
En tordant sa queue en les roches concaves ;
J’irai tout le long de la mer éternelle.
Je viendrai déposer, ô mer maternelle,

Parmi les varechs et parmi les épaves,
Mes rêves et mon orgueil, mornes épaves,
Pour que tu les berces, ô mer maternelle.
Et j’écouterai les cris des alcyons
Dans les cieux plombés et noirs comme un remords,
Leurs cris dans le vent aigu comme un remords.
Et je pleurerai comme les alcyons,
Et je cueillerai, triste jusqu’à la mort,
Les lys des sables pâles comme la mort.

(Jean Moréas)

Illustration: Anne Bachelier

 

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EST-CE UN POÈME… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2015



EST-CE UN POÈME…

Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il comme un ivrogne
Embrasser les gens dans la rue ?
Il ne sait pas mais, à grands coups,
On frappe en lui dans les ténèbres,
Il faut qu’il ouvre à l’inconnu.
Mais où la porte ? et quelles clefs ?

Il ne sait pas pourquoi ces coups,
Pourquoi son coeur est sur sa main…
Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il jeter sa vie
Dans le giron d’une passante,
Plus belle encore, et maternelle,
D’être la première venue ?

Il a suffi qu’un oiseau bouge
Dans les forêts de sa poitrine
Et le voici, tout eau-de-feu,
Qui ne sait plus s’il croit en Dieu
Ou si Dieu n’est que son chef-d’oeuvre ;
Il court comme une signature
Mais est-ce lui qui va mourir ?
Mais est-il ce billet d’adieu
Qu’on griffonne au bord du couteau ?
Mais qu’a-t-il à léguer au monde
Hormis ses battements de coeur ?

Ah, qui te parle de mourir
Quand tu n’es ivre que d’amour,
O poète qui bats les murs
Pour qu’ils se tiennent éveillés,
Pour que cette nuit ne finisse
Dont tu fais le jour à ton gré ?

Quelle que soit la main qui frappe
Sur les vantaux de tes poumons,
Cette grappe de sang qui bouge,
Ecrase-la pour notre soif :
Il y a fête, fête aux larmes
Avec des mots en banderole
Pris à son compte par le vent :
Que ton amour soit la parole
Qui les rende au monde vivant !

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Mes mains brûlantes (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015




Mes mains brûlantes glissent sur les murs glacés
J’ai peu d’espoir de mémoire
Déjà j’ai tout perdu
Je n’ai plus ces maisons de roses pénétrées
Ni les rues ces rameaux de l’arbre le plus vert
Mais les derniers échos de l’aube maternelle
Ont adouci mes jours.

(Paul Eluard)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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LE CHEVALIER ET LA NUIT (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



 

LE CHEVALIER ET LA NUIT

Chevalier errant que la lune pâlit
Chevalier
Qui t’es assis au seuil d’un château
Penché sur l’éclair de ton épée rompue
Devant la plage et devant la mer qui s’argente.

C’est assez pleurer tes reines ensevelies
Chevalier l’heure naît
Laisse leurs os moisis aux chiens aux sables fauves
Tous les drapeaux sont morts à cette profondeur
Tous les drapeaux sont noirs dans la nuit maternelle
Et la plus grande reine est fille de la nuit.

La pleine nuit se mêle avec la pleine mer
Écoute le cri d’un songe qui se perd.

Qui te dit son secret si tu veux bien l’entendre
Le long secret qui monte de la mer nocturne
De l’eau froide tendue vers la lune froide
Dans l’extase d’une haute marée

Son secret ton secret tout le secret du monde
Si tu veux seulement regarder plus loin
Vers la mer et vers la grande nuit
Vers l’astre rond qui embrasse les eaux
Si seulement tu peux laisser à la terre
Les cendres de tes reines et de tes fées défuntes.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

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Retouche à la vie (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015



Retouche à la vie

après chaque course dans les herbes folles
le puits sans fond sans vérité
vertige du vide central
eau maternelle invisible désirée

(Daniel Boulanger)


Illustration

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