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Poésie

Posts Tagged ‘matin’

Ma Seine (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2020



Ma Seine

Le matin le brouillard cache
La vague endormie
Qui se réveille avec
Un bâillement de bateau

Un courant furtif
Entoure d’un clapotis
La barque attachée à la berge
Et ma Seine m’entraîne
En rêve jusqu’à la mer

Elle ceinture une robe
Bariolée de champs vastes
Et de jardins petits
De villes et de villages

Elle étrangle
Des îlots de verdure
Glisse sous les ponts
Ses anneaux
Secoués de convulsions
Et avale la lente navigation
De lourdes péniches
Qu’elle digère mal.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Retouche au matin (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Retouche au matin

l’aube ronde et facile
roule sous l’arbre des couleurs
le jour enfant dans l’eau qui joue
attrape à ses genoux les civelles de l’ombre
les toits noircissent à la lumière
mais l’âme a cet éclat des fenêtres qu’on ouvre

(Daniel Boulanger)

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Emmène-moi voir Guignol (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Emmène-moi voir Guignol

Maman
J’ai fini mes croquignoles’
Et j’ai des sous dans ma tirelire
Emmène-moi voir Guignol !
Emmène-moi voir Guignol
Que je te regarde rire.
L’oeil à vif et toutes tes dents
Folichonnes sur deux rangs.
Quand tu vois Guignol
Qui donne des coups de bâton dans les cieux
Tu rigoles
Comme une casserole
Qui danse sur le feu !
Et des fois tu pleures tellement tu ris
Tu pousses des cris de colibri
Tu ris, tu pleures quand Ratapoil
Met la moustache du gendarme !
Et quelques-unes de tes larmes
Luisantes comme la rosée du matin
Ça fait des petites étoiles
Qui tombent sur ma main…

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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Retouche au matin (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2020



 

Coral Silverman wi [1280x768]

retouche au matin

l’enfance aux doigts écartés
cueille le blanc aux sept sources

le jardin se lève
et fait la roue

(Daniel Boulanger)

Illustration: Coral Silverman

 

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2ème retouche au matin (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



 

Boleslas Biegas 403_

2ème retouche au matin

la nuit sa barque lente
entre les nénuphars du songe

la chouette l’attend sur un degré
dont les marches s’usent à vue d’oeil

roc du réveil

(Daniel Boulanger)

Illustration: Boleslas Biegas

 

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PASSE TA ROUTE (Herri Gwilherm Kerouredan)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



PASSE TA ROUTE

I
L’égire du matin
stances muettes sur le seuil
lave ton corps déchu

avant qu’un fouet de houx
porteur d’une voix sans écaille
sillonne l’horizon

d’une main rejeté
à ta limite de l’épaule
dans la nuit de l’extase.

II
Lavandières voici minuit
l’eau trouble de la fontaine
attend déserte dans les pierres
recel d’une arche de frai
votre rencontre du blasphème
un siècle l’autre parfois

vierges jusqu’aux primes lueurs
lustrez d’oxyde les glaives
sous l’argile bleue répandus.

III
Salve dans l’oreille
dure fuyant par les ajoncs
certains qui le guettent
se terrent dans l’ajour des volets

jaunes sont les yeux
durant que le chemin se trace
déjà saccagé
par un geste aveugle de l’obscur

visage entre les bibelots
d’argile brûlé.

IV
Etreinte sombre de l’aïeul
des icônes se dérobe
lorsque cerné d’un linceul de plomb
se lève le soleil
lui franc gladiateur déjà ivre
d’un signe assèche les fleuves

bercée loin de l’étoile du gîte
sur les dalles se révulse
une complainte des sources.

V
Soleil de trembler
entre la plaine
la chute des épis
dans l’oreille vespérale
tu soulèves le vent
poitrine nue
à perte d’horizon.

VI
A midi germe de l’obscur
un pas sous le cèdre mesure
terreau d’ancienne douleur
le lieu perfide du repos

par la profusion des épis
l’oeil s’aveugle de désir.

Qui du ciel de l’été
épuise par l’hiver
l’aube des frissons

de ce geste figé
un pas dans les frimas
l’autre sous la lampe

enchante-t-il ce ciel
carmin de l’horizon
sur les routes blanches

où se bercent les corps
près des sources du soir
embaumés de songes.

Le fruit se gâte
quinquet sous la pluie
femme de ta main noire
guide vers le seuil

va quérir l’urne
mais le vent referme
qui de l’aube à la nuit
se trace des fleuves

terroir veux-tu
s’évasent les mains
brodeuses de repos
pour l’arbre du soir.

lX
Ses doigts se joignent sur sa plaie
par le sillon il titube
avant l’arbre de chez nous

le ventre s’ouvre sur la terre
appelant de l’océan
l’ondée du matin sur lui

passe ta route dira l’hôte
une pierre dans les yeux.

X
Mante glaciale du regard
contre la vitre dressé
recouvre de ton charme l’os
d’une blême nudité
hors la pluie se glissant caverne
flammes sur des lèvres de cire

brise la fleur des fournaises
souffle ce maître verrier
teintant de nuit l’âme des sables.

(Herri Gwilherm Kerouredan)

Illustration: Josiane Moïmont

 

 

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Chaque matin (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2020




Chaque matin
au-dessus de son bol
elle sourit.

(Anne Tardy)

 

 

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ICI, AILLEURS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



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ICI, AILLEURS

Ailleurs le monde est doux
L’air est meilleur et de partout
Coulent des fleuves d’or et de musique
Ailleurs dormir mon coeur tragique
Ailleurs est à l’envers de nous

Au loin j’entends chanter
Comme une enfant j’entends danser
Ses pieds petits qui font de la dentelle
Au loin déjà mon âme est-elle
Partie au loin du coeur cassé

J’irai chez les parfums de feu de bois
Dans les recoins de mes hivers
J’irai vers les odeurs de sel et sable
Insaisissable
Est la fumée
Accoutumée
Aux matins de la mer

Ici j’use mes dents à mordre un fruit de fer

Au bout du bout de l’oeil
Au bout de l’or et de l’orgueil
Tournent des astres d’ambre et d’eau dolente
Au bout de la lumière lente
À nous tirer de nos cercueils

J’entends tomber le temps
Comme un caillou j’entends mon sang
Battre dedans le temps de quatre vies
Au bout d’une étoile endormie
Je rêve ailleurs et je m’attends

J’irai chez les cristaux
Vivre les jeux interrompus de l’autre corps
J’irai vivre mes âmes polymères
J’irai me taire
Dans une vie
Inassouvie
Où le coeur chante encor

Ici j’use mes mots sur du temps que je perds.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Adrian Borda

 

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PRIÈRE A L’ARC-EN-CIEL (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

PRIÈRE A L’ARC-EN-CIEL

O Dieu de poussière
Et d’arc-en-ciel,
Aide-nous à voir
Que sans la poussière
Il n’est point
D’arc-en-ciel,
Que sans la nuit
Le matin
Serait sans gloire :
O Dieu de poussière
Et d’arc-en-ciel
Aide-nous à savoir.

***

Oh, God of dust and rainbows, help us see
That without dust the rainbow would not be

[…]

(Langston Hughes)

Illustration

 

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Retouche à la trêve (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

pomme jaune  1

retouche à la trêve

jaune de jalousie
sur la table une pomme
attend le matin

près du couple qui dort

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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