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Poésie

Posts Tagged ‘(Maurice Blanchard)’

L’eau du sommeil a les splendeurs du lait (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



L’eau du sommeil a les splendeurs du lait. L’eau
glisse sur mes yeux ouverts. Je suis un galet bien lisse
au fond de la rivière, au fond de la rivière de la nuit.
Ce matin-là, je marchais dans la fraîcheur d’un
monde à découvrir, d’un monde sans mystère que
j’aurais aimé, à en mourir! La richesse était là:
l’homme nouveau dans la nouvelle étoile. Je suis un
raté, mais je vous emmerde. J’ai la couronne et le
manteau de pourpre. Je bois l’eau qui éternellement se
renouvelle, j’ai la liberté.

(Maurice Blanchard)

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Et puis, voici l’eau creuse (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Et puis, voici l’eau creuse, l’eau profonde où les
amours blondes et fleuries ont sombré dans la mort
grandiose en marbre noir. Le saule étend sur l’eau
profonde ses griffes de tigre, ses racines déchaussées. Il
mourra debout, comme un homme doit mourir,
comme un tigre doit mourir, guettant la fleur stérile, le
nénuphar immobile qui chante sur l’eau profonde. Il
est fort. Il retient dans ses serres la laine décharnée du
temps, la cruauté vivace et sans visage, mon destin.

(Maurice Blanchard)

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Attendre l’aurore (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Attendre l’aurore,
c’est vivre ensemble.

(Maurice Blanchard)

 

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Eternité! Eternité! (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Eternité! Eternité!
Tes créatures sont effrayantes.

(Maurice Blanchard)


Illustration: Fra Angelico

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Un monde, c’est quelque chose que l’on mange (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Un monde, c’est quelque chose que l’on mange,
d’une façon ou d’une autre,
par la chair ou par les yeux,
par la flamme, le rabot du coeur
et ses bouquets de copeaux frisés
qui sentent le printemps.

(Maurice Blanchard)


Illustration

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La ligne droite (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



La ligne droite

Dès lors, tout devenait simple et facile. L’homme
suivait la route des hommes. Les alizés suivaient les
flèches tracées sur les cartes. À l’heure du sommeil, au
sein de la nuit, je rentrais dans la maison des hommes,
dans une de ses innombrables chambres où l’étrange
faculté de renaître reprend ses droits, prodigue ses
sortilèges.
Tout à coup, un cri épais éclata : le cri des choses
— ainsi nommées parce qu’elles ne choisissent pas leur
chemin et qu’elles sont imperméables au tracé des
cartes — et je gravis les étages, telle une flamme sur le
bois mort. Derrière le mur, le cri s’éteignit, derrière le
mur d’une chambre sans porte, la seule de ce genre au
pays des problèmes.
Je frappai et me brisai les poings, je frappai comme
un bûcheron ivre à la porte de la forêt. Autour de moi,
des figures effrayées apparurent dans l’entrebâillement
des murs. Des figures de pierre vidées de leur sang, des
pensées assagies.

(Maurice Blanchard)


Illustration: Île Nancy

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La mer irréversible (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



Il vient une heure, dans notre jeunesse, où le monde
s’agrandit démesurément alors que les yeux n’offrent
toujours à la lumière que l’épaisseur d’une larme et
c’est là le miracle, le miracle de la fécondité. Voici le
delta fertile, le delta des dernières paresses et, au loin,
la barre impitoyable de la haute mer, de la mer
irréversible.

(Maurice Blanchard)

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La vérité parfois jette son verre d’eau glacée sur un visage qui sommeille (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Il arrive parfois que le choix et le désir se rejoignent,
se concertent et s’accordent. Oh! Alors! Malheur à
l’enfant perdu! Je descends au fil de l’eau sur les troncs
abattus pendant l’hiver, sacrifice que la forêt offre
chaque année aux déesses endormies sur l’eau douce et
lumineuse. Et l’eau ouvre son chemin dans la plaine, et
je m’avance comme un jeune César dans un matin de
chocolat recouvert de papier d’argent.
La vérité parfois jette son verre d’eau glacée
sur un visage qui sommeille.

(Maurice Blanchard)

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Le monde qui nous entoure (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



le monde qui nous entoure

Je suis absent. Je vois le vide éblouissant du soleil
qui s’approche. Pourquoi faut-il que la grandeur s’en
mêle?
J’ai entendu naguère un chant inoubliable que je
n’entendrai jamais plus. Et c’était un chant de la
Mort. La bouche a disparu du visage de la récitante,
puis ses paupières sont devenues noires, de ce noir
intense qui repose au fond des mines d’or. Ceux qui
vivent portent désormais le harnais durci des chevaux
de labour.
Les objets illuminent mes nuits. Un toit de chaume
ruisselle de flammes vertes, les étables sont des palais
qui dansent sur les eaux et ceux qui vivent ont regagné
leur ombre, sous la terre.

(Maurice Blanchard)


Illustration: Gustave Moreau

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Le Point Gamma (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



Le Point Gamma

D’où viens-tu, folie magnifique et sauvage? Où vas-
tu, araignée du soir? Et toi, papillon des terres arides
qui, seul, regardes le soleil en face?
Et je reprenais ma tapisserie, point par point. Une
clarté dans la nuit: je la replaçais à son rang, près de
l’aurore. Une clameur des suppliciés: je tendais les
cordes pour obtenir l’unisson, puis je serrais encore un
peu, infiniment peu mais juste ce qu’il fallait, ni plus ni
moins, et j’entendais enfin l’apaisant battement de
soixante à la minute. Oh le mariage du cœur et du
cri!
Tout cela a brusquement fini à l’instant même où je
suis né.

(Maurice Blanchard)

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