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Posts Tagged ‘mauve’

La dame qui s’habillait en rose mauve (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
La dame qui s’habillait
en rose mauve ou fuchsia
qui était drôle libre et impertinente
a quitté ce monde grisâtre
je repasse devant sa maison au portail rose
son ombre est dans le jardin
qui hante le seringa

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Tamisées par des vitraux mouvants (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Tamisées par des vitraux mouvants
sous les croisées d’ogives de la forêt
des gouttes de lumière éclaboussent
un bloc de pierre que du lierre enlace
au pied duquel sous un gazon moussu
piqueté de graciles champignons mauves
un entremêlement de filaments et de racines
tresse le noeud du grand mystère

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Du violet des nuages (Chiyo-Ni)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018




    
Du violet des nuages
au mauve des iris
ma pensée va sans cesse

(Chiyo-Ni)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Miroirs de la nature
Traduction:
Editions: Seuil

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Les violettes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




    
Les violettes

Légères, humides, mélodieuses,
La mauve obscurité de leur lumière se glisse
Telle une perle végétale au creux de vertes vulves.
Elles sont un cri de mars, un sortilège
D’ailes naissantes dans la tiédeur de l’air.

Fragiles, fidèles, elles sourient posément :
Muette invitation, tel un sourire
Naissant sur la fraîcheur de lèvres humaines.
Mais leur forme gracieuse jamais ne trompe :
Elles ne promettent pas pour ensuite trahir.

Dans leur marche victorieuse vers la mort
Elles interrompent un instant, si fragiles soient-elles,
Le temps sur leurs pétales. Aussi parvient-il,
Récurrence et beauté de l’éphémère,
A toucher la mémoire d’un vivant sortilège.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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L’ORAGE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration:Ana Cruz
    
L’ORAGE

Tout à coup l’orage accourt
avec ses grosses bottes mauves
il piétine les bégonias les blés les prés
il marche sur les chênes
il emplit les rus de son urine
il crache de la boue
il broie l’air entre ses bras
et puis il s’en va
content de lui

(Raymond Queneau)

 

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Sur les hauts d’Esmoulières (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
Sur les hauts d’Esmoulières

1
dans ce matin il n’y a rien
qu’herbes jaunies broussailles mauves
le ciel mouvant tourne
sur ma tête

et pourtant

2
le corps s’avance et se durcit
Sur cette route de janvier
qui m’ouvre ses portes bleues

3
une parole pauvre et qui dénude
dans le vent du pays
et qui éclaire loin
à travers le chaos du siècle
voilà ce que je cherche

4
et plus j’avance
plus je perçois
cet archipel d’étangs
fragments de la mer oubliée
de l’origine perdue
dans cette montagne

5
je la remonte
par des sentes broussailleuses
marche dans les veines
d’un corps nubile

sur le haut du plateau
bleu sombre, lumineux
je découvre son ventre herbeux
et la pointe neigeuse
d’un Sein

6
et tout est là
dans ce silence
ce vide génésique

un vrai visage
longtemps cherché

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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L’OEillet mauve (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
L’OEillet mauve

Fleur qui décores le printemps,
Fleur qui t’effeuilles dans l’automne,
Tu répands les parfums flottants
Où l’âme des jardins frissonne.

Et tu fanes lentement
Dans ta mauve mélancolie,
Triste fragance d’un moment,
Pourpre délavée et pâlie.

Enfant d’un maladif soleil,
Tu réjouis de ta présence
Les vergers d’ombre et de sommeil
Où l’été verse le silence.

Le désir te cueille, le soir,
Pour parer le sein de l’aimée
Qui reflète dans le miroir
Le pli de sa lèvre embaumée.

O charme triste d’un moment !
Penche ta corolle pâlie
Avant de mourir doucement
Dans ta mauve mélancolie.

(Renée Vivien)

 

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FEMINA (Alphonse Gallais)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



    

Illustration: Diego Rivera 

FEMINA

Ton cœur est un miroir où se fige mon âme ;
Ton âme : un frais boudoir aux senteurs de rut fauve ;
Ton regard : un soleil que cerne un désir mauve.
Et ta chair un beau marbre où s’alanguit ma flamme.
Alors que mon frisson de spasme, qui t’arrose.
S’épanouit au sein de la fleur noire et rose !

(Alphonse Gallais)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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La fuite (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
La fuite

Mon désir tout puissant, tendu comme une voile,
Entraînera la nef aux lointains archipels,
Je bercerai mon rêve à l’océan du ciel
Effleurant les soleils, abordant aux étoiles.

J’oublierai pour jamais les sentiers tortueux
De l’abrupte falaise où s’égarait mon âme,
Que sournoise fleurit dans l’ombre la jusquiame
Répandant jusqu’au flot son parfum vénéneux.

Je serai dédaigneux du port et de la rade
Dont la sécurité pèse comme un fardeau,
De la ville brutale alignée au cordeau,
Où l’humanité passe en mornes cascades.

J’oublierai le chardon, la ronce, les gramens,
Les sous-bois sans clarté et les chaumes arides;
Je cueillerai le soir au creux des flots humides
Des bouquets languissants de mauves cyclamens.

Mon amour chantera, debout dans quelque hune,
Savourant à plein coeur l’odeur de l’inconnu,
Grisé de l’idéal baiser des clairs de lune,
Au frisson de l’azur ouvrant ses deux bras nus.

(Marie Dauguet)

 

 

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CE SOIR (Claudine Chonez)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017




CE SOIR

Un lilas mauve brûle sans feu
tout au fond du verger.
Les pommiers ronds tournent à l’horizon
ce poisson ouïes serrées file droit vers l’éther
les astres nagent
sur le lait courbe et les cloques blondes.
L’univers est si plein qu’un insecte de plus
le ferait chavirer.
Les bras écrasés d’étoiles je reste
devant la groseille rouge semblable aux lunes d’hiver
cependant que Dieu comme un taon
zigzague autour du monde.

(Claudine Chonez)

 

 

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