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Poésie

Posts Tagged ‘méandre’

Je ne sais pas où finit La rue de Lagny (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Je ne sais pas où finit
La rue de Lagny

Elle jaillit d’un coup
Boulevard de Charonne
Et suit son cours
Sans méandres
Canal domestique

Se goinfre de carbone
En sautant le périph

Et va partager ses eaux
Entre Saint-Mandé
Rive droite
Et Montreuil
Rive gauche

Tour à tour elle irrigue
Des immeubles morts
Machines à mouliner
Le fric
Des bâtisses à habiter
En batterie
Des pavillons de banlieue

Avec arbre
Derrière leurs remparts

Je tourne
Dans la rue Robespierre

Aujourd’hui encore
Je ne saurai où finit
La rue de Lagny

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Je dis: « Lisbonne » (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



 

Je dis:
« Lisbonne »
Quand je traverse – venant du Sud – le fleuve
Et la ville où j’arrive s’ouvre comme si elle naissait de son propre nom
Long scintillement de bleu et de fleuve
Corps amoncelé de collines –
Je la vois mieux parce que je la dis
Tout se montre mieux parce que je dis
Tout montre mieux son être et sa carence
Parce que je dis
Lisbonne avec son nom d’être et de non-être
Ses méandres d’insomnie de surprise et de ferraille
Son éclat secret de chose de théâtre
Son sourire complice de masque et d’intrigue
Pendant qu’à l’Occident la vaste mer se dilate
Lisbonne oscillante comme une grande barque
Lisbonne cruellement construite le long de sa propre absence
Je dis le nom de la ville
– je dis pour voir

***

Digo:
«Lisboa»
Quando atravesso — vinda do sul — o rio
E a cidade a que chego abre-se como se do seu nome nascesse
Abre-se e ergue-se em sua extensão nocturna
Em seu longo luzir de azul e rio
Em seu corpo amontoado de colinas —
Vejo-a melhor porque a digo
Tudo se mostra melhor porque digo
Tudo mostra melhor o seu estar e a sua carência
Porque digo
Lisboa com seu nome de ser e de não-ser
Com seus meandros de espanto insónia e lata
E seu secreto rebrilhar de coisa de teatro
Seu conivente sorrir de intriga e máscara
Enquanto o largo mar a Ocidente se dilata
Lisboa oscilando como uma grande barca
Lisboa cruelmente construída ao longo da sua própria ausência
Digo o nome da cidade
— Digo para ver

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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AGATE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



AGATE

Sur les yeux clos des ères, les cernes de la terre.
Remords du feu. Pleurs et fleurs des silices aux
calices des laves. Méandres de la mémoire éteinte
des volcans. Ocelles. Ocelles irisés. Du temps
qui nous regarde.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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L’INSINUANT (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Karine Daisay p1_b

L’INSINUANT

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Est-il art plus tendre
Que cette lenteur?

Je sais où je vais,
Je t’y veux conduire,
Mon dessein mauvais
N’est pas de te nuire…

(Quoique souriante
En pleine fierté,
Tant de liberté
La désoriente!)

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Je veux faire attendre
Le mot le plus tendre.

(Paul Valéry)

Illustration: Karine Daisay

 

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GNEISS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



GNEISS

Plis. Feuillets. Pages clivées des bibles refroidies.
Pupilles des micas au clair-obscur des quartz.
J’aime ton nom de cendre et de granite gris,
ces méandres ourlés où hésita le feu.
Et tes rides étales au clair-obscur des quartz.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Retouche aux souvenirs (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

Retouche aux souvenirs

méandres et ventouse
chenille de la mémoire
mère des papillons

(Daniel Boulanger)

 

 

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A présent je viens je vais là-bas (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
A présent je viens je vais là-bas
ça va être long
toutes ces pages à vivre
comme à travers une nuée de papillons
et tout ce qui se perd dans la fumée
de cigarettes au bord d’un cendrier
ou près d’un feu de bois
qui s’est éteint sur un chemin
où personne ne passe plus
mais qui garde en ses pierres
la mémoire du bois mort
et des murs écroulés
les méandres du passé
ce que la main peut contenir
de mémoire et d’extase
de moments hors du temps
d’horizons intérieurs
de papillons bleus des origines
ou des lacs noirs de la détresse

(Yves Artufel)

 

 

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Il y avait (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
— Il y avait la terre qu’un renard fouillait,
il y avait un arbre et ses branches brisées,
il y avait le ciel et ses nuages acides,
il y avait la pluie qui noyait les labours,
il y avait un fleuve et ses méandres de boue,
il y avait le froid qui censurait les gestes,
il y avait un corps qui observait le monde,
il y avait un jour d’une mort ordinaire ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le devenir (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

 

Le devenir

Les minéraux se serrent sans comprendre
Par quelle grâce un animal présent
Vient les rejoindre avec des regards tendres
Et devient fleur de pierre dans le temps
Pour mieux revivre au fond de ces méandres.

Lui devenu plus astre que coquille
Peut voyager dans l’espace d’un fruit
Et ces ruisseaux de laves, de granit
Dans leur coulée ont absorbé le bruit
Pour que la vie alimente leurs hymnes.

Quand se mouvoir est une déchirure
La chair repose au creux de ces rochers
Le corps se moule aux caresses des lunes
Et du silex devient l’autre moitié
D’un tel tranchant que l’ombre est sa blessure.

Les minéraux dans les terres voyagent
Avec les morts en leurs bras enserrés
Un vieux soleil prend racine en leurs âmes
Leur devenir est fait de tous les âges
Et c’est le temps des êtres disséqués.

(Robert Sabatier)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Pas un bruit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Pas un bruit…

Pas un bruit dans la coupe immense,
Sous les taillis pas un murmure,
De la tiédeur et du silence
S’écoulant au long des ramures.

L’air orageux lourdement plane,
Où la résine des mélèzes
Mêle son odeur, où se fane
La mousse, où s’étouffe et s’apaise

Le sanglotement des fontaines
Dont les méandres bleus se tordent
A l’ombre immobile des chênes.
La vaste paix monte et déborde,

S’épand en la nuit qui commence,
Calme ambiance que renforce,
Exhalant leurs sourdes fragrances,
Les troncs dénudés qu’on écorce.

Harmonieusement confus,
Déroule ses floraisons blanches
L’écho lointain d’un angélus
Mélangé aux fouillis des branches.

Et soudain la forêt s’étire,
Darde ses frondaisons flexibles;
La forêt tendrement soupire
Comme un coeur vers l’inaccessible.

(Marie Dauguet)

 

 

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