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Poésie

Posts Tagged ‘méandre’

Un méandre de rivière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Un méandre de rivière
Sous un manteau d’ombre
Me renvoie l’image
Des amours perdues

Je m’exile dans ma propre ville
Sous la moisissure du ciel

J’entends de nouveau les musiques colorées
A chaque carrefour
Ou dans un parc troublé
Par un sentiment d’inquiétude
Hanté par des sculptures vivantes

Sous un ciel endommagé
Par l’insolence du soleil
La rue retentit
Et la rivière se blottit
Dans cette ville

A l’horizon la colline opulente
De l’Hautil domine la Seine
Dans la paix des brouillards
Ses pentes ruissellent de verdure
Et un loin de limpidité
Tremble sur un coteau de vigne bleue

J’écoute la musique de la ville.

CONFLANS 1981

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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IL FAIT BEAU (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
IL FAIT BEAU
(Chanson)

Dans la prairie diaprée,
La campagne émerveillée,
Chante un tout petit ruisseau…
Il fait beau ! il fait beau !

Dans l’herbette il se prélasse,
Autour des pins il s’enlace
Et fait du charme aux bouleaux.
Il fait beau ! il fait beau !

Il raconte ses méandres
A une source qui chante,
Qui chante à tous les échos,
Il fait beau ! il fait beau !

Il chante avec les mésanges,
Il murmure avec les anges
Qui s’emparent de l’écho
Il fait beau ! il fait beau !

Se pend au cou des fontaines
Qui l’embrassent à perdre haleine ;
Aux fleurs il met des jabots
Il fait beau ! il fait beau !

Quatre moineaux dans les langes
S’apprêtent à quitter dimanche
Le balcon de leur berceau
Il fait beau ! il fait beau !

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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Quelque chose (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Illustration: Benoit Colsenet
    
Quelque chose

Il y a quelque chose en lui
d’un enfant mort
qui se battrait
avec un vieux chat

quelque chose de poussière et de cendre
de murmure et d’oubli

il y a quelque chose en lui
qui chante
comme un Indien qui s’en va

quelque chose
de la bête qui fuit
de l’ironie du ciel
d’une petite brûlure

quelque chose
d’un méandre qui gonfle
d’un complot qui s’ourdit
d’une tempête perdue
dans les yeux d’une fille

quelque chose de tendre
qui crie

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Je ne sais pas où finit La rue de Lagny (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Je ne sais pas où finit
La rue de Lagny

Elle jaillit d’un coup
Boulevard de Charonne
Et suit son cours
Sans méandres
Canal domestique

Se goinfre de carbone
En sautant le périph

Et va partager ses eaux
Entre Saint-Mandé
Rive droite
Et Montreuil
Rive gauche

Tour à tour elle irrigue
Des immeubles morts
Machines à mouliner
Le fric
Des bâtisses à habiter
En batterie
Des pavillons de banlieue

Avec arbre
Derrière leurs remparts

Je tourne
Dans la rue Robespierre

Aujourd’hui encore
Je ne saurai où finit
La rue de Lagny

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Je dis: « Lisbonne » (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



 

Je dis:
« Lisbonne »
Quand je traverse – venant du Sud – le fleuve
Et la ville où j’arrive s’ouvre comme si elle naissait de son propre nom
Long scintillement de bleu et de fleuve
Corps amoncelé de collines –
Je la vois mieux parce que je la dis
Tout se montre mieux parce que je dis
Tout montre mieux son être et sa carence
Parce que je dis
Lisbonne avec son nom d’être et de non-être
Ses méandres d’insomnie de surprise et de ferraille
Son éclat secret de chose de théâtre
Son sourire complice de masque et d’intrigue
Pendant qu’à l’Occident la vaste mer se dilate
Lisbonne oscillante comme une grande barque
Lisbonne cruellement construite le long de sa propre absence
Je dis le nom de la ville
– je dis pour voir

***

Digo:
«Lisboa»
Quando atravesso — vinda do sul — o rio
E a cidade a que chego abre-se como se do seu nome nascesse
Abre-se e ergue-se em sua extensão nocturna
Em seu longo luzir de azul e rio
Em seu corpo amontoado de colinas —
Vejo-a melhor porque a digo
Tudo se mostra melhor porque digo
Tudo mostra melhor o seu estar e a sua carência
Porque digo
Lisboa com seu nome de ser e de não-ser
Com seus meandros de espanto insónia e lata
E seu secreto rebrilhar de coisa de teatro
Seu conivente sorrir de intriga e máscara
Enquanto o largo mar a Ocidente se dilata
Lisboa oscilando como uma grande barca
Lisboa cruelmente construída ao longo da sua própria ausência
Digo o nome da cidade
— Digo para ver

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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AGATE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



AGATE

Sur les yeux clos des ères, les cernes de la terre.
Remords du feu. Pleurs et fleurs des silices aux
calices des laves. Méandres de la mémoire éteinte
des volcans. Ocelles. Ocelles irisés. Du temps
qui nous regarde.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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L’INSINUANT (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Karine Daisay p1_b

L’INSINUANT

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Est-il art plus tendre
Que cette lenteur?

Je sais où je vais,
Je t’y veux conduire,
Mon dessein mauvais
N’est pas de te nuire…

(Quoique souriante
En pleine fierté,
Tant de liberté
La désoriente!)

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Je veux faire attendre
Le mot le plus tendre.

(Paul Valéry)

Illustration: Karine Daisay

 

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GNEISS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



GNEISS

Plis. Feuillets. Pages clivées des bibles refroidies.
Pupilles des micas au clair-obscur des quartz.
J’aime ton nom de cendre et de granite gris,
ces méandres ourlés où hésita le feu.
Et tes rides étales au clair-obscur des quartz.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Retouche aux souvenirs (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

Retouche aux souvenirs

méandres et ventouse
chenille de la mémoire
mère des papillons

(Daniel Boulanger)

 

 

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A présent je viens je vais là-bas (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
A présent je viens je vais là-bas
ça va être long
toutes ces pages à vivre
comme à travers une nuée de papillons
et tout ce qui se perd dans la fumée
de cigarettes au bord d’un cendrier
ou près d’un feu de bois
qui s’est éteint sur un chemin
où personne ne passe plus
mais qui garde en ses pierres
la mémoire du bois mort
et des murs écroulés
les méandres du passé
ce que la main peut contenir
de mémoire et d’extase
de moments hors du temps
d’horizons intérieurs
de papillons bleus des origines
ou des lacs noirs de la détresse

(Yves Artufel)

 

 

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