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Poésie

Posts Tagged ‘méandres’

La moelle des villes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



La moelle des villes

S’enfoncer dans l’étau d’une ville
Longer les parois de sa nuit
Marcher sur sa membrane d’asphalte
Avancer sous la dalle de son ciel
Arpenter ses méandres
Tressaillir de son cri

Forer l’os des solitudes
Se heurter au mutisme des seuils
Frôler l’arbre aux aguets

Se glisser dans la texture
Des pierres
Pénétrer la trame
Des murailles
S’imprégner des noces
Du fleuve et des pavés

Débusquer ses lueurs
Puiser sources sous son gravier
Faire émerger la Ville
De ses suaires

S’infiltrer dans sa moelle

Lui faire jour
Se faire jour !

(Andrée Chedid)


Illustration: Gottfried Salzmann

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Ye-yin-men (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ye-yin-men

Pluie de printemps, abondante
Les berges sont teintes en vert tendre
Frôlant les saules arrive un couple de hérons
Bains et ébats dans la lumière nue…

Rideaux d’azur haut enroulés
Balustrade aux méandres sans fin
Nuages épars, eaux étales, arbres à la brume mêlés
Coeur minuscule, pensée infinie

(Wei Zhuang)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Méandres du ruisseau dans la prairie (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



méandres du ruisseau
dans la prairie
elle aussi la vie sinue
quand elle se cherche

(Charles Juliet)

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Je déplie une carte (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
1

Je déplie une carte
pour savoir où tu es

quel chemin suivre
dans les méandres

si les animaux traversent
les champs déserts

si comme eux
un frisson court en moi.

2

J’attends la neige
qui ne vient pas

principe actif : me perdre

les yeux en l’air,
émerveillés.

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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J’ai vu la femme éclater (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Letinha
    
j’ai vu la femme éclater
dans le silence de la fleur
refermée
les membres épars étaient des allumettes
jonchant le cendrier de la
vie
un oeil était de ces diamants
trouvés par hasard dans
la bouche écartelée
d’une glèbe griffée
le sang coulait dans les méandres
d’une pensée là oubliée

j’ai vu la femme éclatée
dans le silence de la fleur
refermée

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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La mouche (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



La mouche

Elle se lisse les pattes comme une moustache
avant de reprendre son vol bougonnant
ensuquée de cette tape qui l’a manquée
ramollie de tout l’énervement de l’air
folle néanmoins avec placidité
Ses méandres défient le sens
sa trajectoire n’est celle
que de l’œil qui la poursuit
On dirait une souris amusée
et réduite à son point de fuite
dans les pattes rêveuses
d’un ours ou d’un gros chat

(Laurent Albarracin)

 

 

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Au fond de l’étang il y a le château englouti (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



chateau-englouti-1

Au fond de l’étang il y a le château englouti
où les fées de l’eau dansent
elles s’entremêlent aux algues
leurs volutes en oblique submergent la surface
aux profondeurs
un vent liquide fait claquer les oriflammes
à la dérive
la Dame aux voiles noirs pleure au donjon
tandis que des tournois refluent
à distance
au bout des ruelles filtrent des plaintes étouffées
ce sont des êtres morts brassant le vide
l’élément empêche de voir l’action
il n’y a pas de scène
seulement des personnages de songe
et des animaux fabuleux
La herse végétale retombe avec un bruit d’ailleurs
des corps inconnus filent en transparence
du sang goutte sur les pierres et la mousse
des spectres fracassés passent au loin
des femmes d’un autre âge et des hommes en armes
se croisent en souriant étranges
et disparaissent dans des méandres invisibles
toutes les chimères peuplent les collines de sable
des avalanches de monstres et de bêtes connues jadis
s’élèvent en lames de fond
les filles mouvantes se couchent aux douves

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Journal (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



 

Journal

J’étais seule
et légère.

Je n’écoutais pas
le silence.

La solitude épousait
les méandres du temps.

J’attendais
le goutte-à-goutte
d’un poème.

Tout fuyait
de la blancheur du sol
à la pénombre
du couloir.

La table
était sévère,
le cendrier navré
mais les volets
rêveurs.

Un poème
pouvait tomber du ciel.

Pas de doute,
j’étais seule.

Lasse

La nuit
m’affaiblissait.

Rien ne chantait
sous la lampe.

Je me résumais
à quelques gestes
mesurés.

L’aube viendrait
comme une intruse.

J’étais sans doute
la même que la veille
à une nuance près.

Il ne restait
de la tristesse
qu’une lassitude
dans les os.

L’amour était
une vague histoire
de nerfs.

Il manquerait
toujours quelque chose.

Je n’avais
rien à m’avouer.

Milieu de la nuit

La lampe ouvrait
la nuit en deux.

Des choses
belles ou terribles
se tramaient
de par le monde.

Les sièges vides
face à moi
me tenaient compagnie.

Par des nuits
comme celle-là
l’amour paraissait
quelque peu surhumain.

L’espérance
supposait
trop de patience,

et le temps de la nuit
était d’une extrême
lenteur.

Seul, on ne sentait
ni sa force
ni sa faiblesse.

(Marie-Anne Bruch)

Son blog la boucheaoreilles ici
Illustration: Francine Van Hove

 

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Et L’on N’y Peut Rien (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




Et L’on N’y Peut Rien

Comme un fil entre l’autre et l’un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément

Et tout un peu tremble
Et le reste s’éteint
Juste dans nos ventres
Un nœud, une faim

Il fait roi l’esclave
Et peut damner les saints
L’honnête ou le sage
Et l’on n’y peut rien

Et l’on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux

Et tu cherches à la croiser
T’as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l’on n’y peut rien

Il s’invite quand on ne l’attend pas
Quand on y croit, il s’enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C’est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l’amour
Et l’on n’y peut rien

(Jean-Jacques Goldman)

 

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Couloir (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016



Nous sommes deux
Sur la même ligne où tout se suit
Dans les méandres de la nuit
Une parole est au milieu
Deux bouches qui ne se voient pas
Un bruit de pas
Un corps léger se glisse vers l’autre
La porte tremble
Une main passe
On voudrait ouvrir
Le rayon clair se tient debout
Là devant moi
Et c’est le feu qui nous sépare
Dans l’ombre où ton profil s’égare
Une minute sans respirer
Ton souffle en passant m’a brûlé.

(Pierre Reverdy)

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