Arbrealettres

Poésie

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Ô misère de toute lutte pour l’éphémère ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

Pareil à l’aile du papillon est
notre bras qui met notre pensée en vers.
Notre enfance vaut bien l’oeillet,
notre regard l’éclair,
et le rythme qui dans notre poitrine
anime nos passions
est le rythme des ondes sur la mer,
de la chute d’un pâle flocon
ou celui du refrain
du rossignol enchanteur,
qui dure tant que dure le parfum
de sa cousine la fleur.

Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

-Âme qui s’annonce simplement et voit claire-
ment, face-à-face, la grâce pure de la lumière,
comme le bouton de rose, comme la coccinelle,
cette âme est celle qui vole dans l’infini du ciel.
l’âme ayant oublié l’admiration, souffrant
dans l’amère mélancolie aux sulfureux relents
d’envier méchamment et durement, vit claustrée
en un obscur terrier. Elle est infirme, estropiée.

Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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BOIS, POURQUOI ME FAIRE GRISE MINE? (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




    
BOIS, POURQUOI ME FAIRE GRISE MINE?

Bois, pourquoi me faire grise mine?
Spectres branchus qui, dolemment,
Branlez du chef dans le ciel morne,
Pourquoi me railler méchamment?

***

WOODS, YOU NEED NOT FROWN ON ME

Woods, you need not frown on me;
Spectral trees, that so dolefully
Shake your heads in the dreary sky,
You need not mock so bitterly.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Les orties (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



On avait des ennemis
Sans savoir pourquoi.

Parmi eux,
Les orties

Qui méchamment
Paraissaient dormir.

(Guillevic)

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CHANT DU FEU VAINQUEUR DU FEU (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



CHANT DU FEU
VAINQUEUR DU FEU

Ce feu prenait dans la chair
Et l’aube était son égale
Ce feu prenait dans les mains
Dans le regard dans la voix
ll me faisait avancer
Et je brûlais le désert
Et je caressais ce feu
Feu de terre et de terreur
Contre les terreurs de la nuit
Contre les terreurs de la cendre
Un feu comme une ligne droite
Un feu fatal dans les ténèbres
Comme un pas dans la poussière
Un feu vocal et capital
Qui criait par-dessus les toits

Au feu la mort

Ce feu prenait dans la chair
Ce feu s’en prenait aux chaînes
Aux chaînes et aux murs aux bâillons aux serrures
Aux aveugles aux larmes
Aux naissances infirmes
À la mort que j’avais méchamment mise au monde
Un feu qui s’attaquait aux étoiles éteintes
Aux ailes chues aux fleurs fanées
Un feu qui s’attaquait aux ruines
Un feu qui réparait les désastres du feu

(Paul Eluard)

 

 

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