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Poésie

Posts Tagged ‘méconnaître’

Elle se dévêt au paradis de sa mémoire (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




elle se dévêt au paradis
de sa mémoire
elle méconnaît le destin féroce
de ses visions
elle a peur à l’idée de ne savoir nommer
l’inexistant

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Ici Ailleurs (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Véronique Wibaux 
    
(Cet « ici » tant méconnu.
Cet « ailleurs » tant attendu.)

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vent et nuit (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Vent et nuit

L’herbe est noire ce soir dans le vent mort
L’inconnu vent qui porte l’eau d’un feu
Et tient le sol avec deux étincelles en cendre

Tu ignores le vent car il porte il anime
Le double sein gravé de ta venue
Et ton double regard méconnaît le profond
Et le sel fertile de tes mains dans la grâce

Mais tu connais le péché brûlant de tes mains libres
Et désertes
Et nues dans le noir de ta rosée
Moi je t’appelle
Et tu n’as pas de nom qui sonne
Parmi les fleurs, parce que ton nom
Est l’improbable vent

Parce qu’il couvre le monde
D’insoutenables nuits.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Musique slave (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Musique slave

C’est le concert doux des voix pleureuses,
Vieux chagrins résignés et tendresses
Que l’on méconnut et la tristesse
Des élans réprimés. Effleureuses
Voix sourdes, pleurez comme les ifs
Embrumés qu’échevèle un vent convulsif.

C’est le concert tout en lancinances
Des désirs contraires et la ronde
Des corbeaux et des folles arondes
Par le ciel fleuri d’incohérences:
Rouges pompeux, tristes violets
Dont se mêlent, en accords faux, les reflets.

C’est le concert vraiment sans mesures
Des baisers profonds et des morsures;
Le vibrement nerveux des ciguës
Sous l’archet des bises ambiguës
D’avril où reluit un soleil blond
Que voile une averse blême de grêlons.

C’est surtout l’écart entre le rêve
Et le réel qui, sans nulle trêve,
Par des accents forcenés s’exprime,
Comme une blessure s’envenime,
Puis éclate enfin en gémissant
Et remplit l’horizon noir d’un flot de sang.

(Marie Dauguet)

 

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Les racines se tordent avec le ver (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Les racines se tordent avec le ver — le passage au tamis
de l’horloge va de pair avec le coeur du moineau.
Entre branche et flèche — le mot
méconnaît son nid, et la graine, secouée
par des eaux plus naturelles, n’avouera pas.
Seul l’oeuf gravite.

(Paul Auster)

Illustration: Vladimir Kush

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Ce n’est pas le trépas, c’est un très doux sommeil (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Ce n’est pas le trépas, c’est un très doux sommeil
Qui bannit peu à peu l’éclair de ma paupière,
Adieu ; je vais jouir d’une douce lumière,
Attendant que ce corps s’anime de réveil.

Ami, ne pleure plus, ton amour non pareil
Recevra sa couronne au bout de la carrière :
Ainsi passait ma belle, et sa douce manière
Arrêtait de pitié la course du soleil.

Hélas ! à son partir l’Amour partit du monde,
La clarté chut du ciel et se noya dans l’onde,
La mort depuis ce jour est le miel de mon coeur :

Il ne m’est plus resté qu’une langueur extrême,
Qui me fait méconnaître un chacun et moi-même,
Et le ciel s’embellit de mon long crève-coeur.

(Abraham de Vermeil)

 

 

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Les choses rêvent leurs rêves propres (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2015



Méconnaître que le fleuve est une épée
et que les choses rêvent leurs rêves propres
c’est ignorer qu’ici,
près de notre regard
en existe un autre:
le regard secret du monde.

Quand on le découvre,
la vie se retourne comme un gant
qui dégage la main qu’il enfermait
et le tact libéré
touche pour la première fois tout ce qui existe.

La réalité est un temps plié
qu’il faut déplier comme une toile
d’une singulière délicatesse
pour trouver au dedans
une autre main qui attend.

(Roberto Juarroz)


Illustration: René Magritte

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