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Poésie

Posts Tagged ‘méconnu’

Si tu ne marches pas au-dedans (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    

Si tu ne marches pas au-dedans
vers la Source,
Où la trouverais-Tu ?

À quoi bon ces mirages
Pour capter tes eaux vives
Si tu n’oses manquer
Ce ciel inattendu ?

Il est en toi un printemps,
Un souffle inconnu,
Un éveil à la vie,
Un rendez-vous d’amour qui n’est pas advenu,
Une halte près d’un puits, une étape à midi,
Une fête au soleil qui n’est pas accomplie,

Un silence qui t’appelle,
Un désert traversé,
Un pauvre qui a soif, un dialogue secret,
Un Passant méconnu.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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J’entends battre mon Sacré-Coeur (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



J’entends battre mon Sacré-Coeur
Dans le crépuscule de l’heure,
Comme il est méconnu, sans soeur,
Et sans destin, et sans demeure!

J’entends battre ma jeune chair
Equivoquant par mes artères,
Entre les Edens de mes vers
Et la province de mes pères.

Et j’entends la flûte de Pan
Qui chante: « bats, bats la campagne!
« Meurs, quand tout vit à tes dépens;
« Mais entre nous,va, qui perd gagne! »

(Jules Laforgue)


Illustration: Ricardo Casal

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Notre trouble vie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018



    

Notre trouble vie se déroule sur fond
D’un Dieu méconnu. À chaque désastre,
Nous butons ou chutons sur lui, toujours
Le même, inaltérablement autre…

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’INNOMMABLE (Valéry Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Olivier Suire-Verley
    
L’INNOMMABLE

Quand je serai mort, quand je serai de nos chers morts
(Au moins, me donnerez-vous votre souvenir, passants
Qui m’avez coudoyé si souvent dans vos rues?)
Restera-t-il dans ces poèmes quelques images
De tant de pays, de tant de regards, et de tous ces
visages
Entrevus brusquement dans la foule mouvante?
J’ai marché parmi vous, me garant des voitures
Comme vous, et m’arrêtant comme vous aux devantures.
J’ai fait avec mes yeux des compliments aux Dames;
J’ai marché, joyeux, vers les plaisirs et vers la gloire,
Croyant dans mon cher coeur que c’était arrivé;
J’ai marché dans le troupeau avec délices,
Car nous sommes du troupeau, moi et mes aspirations.
Et si je suis un peu différent, hélas, de vous tous,
C’est parce que je vois,
Ici, au milieu de vous, comme une apparition divine,
Au-devant de laquelle je m’élance pour en être frôlé,
Honnie, méconnue, exilée,
Dix fois mystérieuse,
La Beauté Invisible.

(Valéry Larbaud)

 

Recueil: Les Poésies de A.O. Barnabooth
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mes os seront pareils aux herbes arrachées (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



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…Ah ! j’ai peut-être été entraîné dans ce passage terrestre
Comme un qui se trouve involontairement mêlé
À quelque histoire honteuse
Il valait mieux que je fusse méconnu
Que personne ne puisse dire :
“Il était comme cela !”
Non rien de particulier dans le visage
Je n’ai été ni champion de force ni chanteur, ni meneur d’hommes
Quelle chance d’être passé inaperçu
Et quand les juges chercheront les noms
Ils ne trouveront le mien ni dans les cadastres des mairies
Ni parmi les titulaires de chèques, ni parmi les porteurs de titres
Non, pas même sur une croix ou sur un morceau de pierre
Quelque part se mêlant aux blancheurs d’un ciel bas
Mes os seront pareils aux herbes arrachées.

(Ilarie Voronca)

 

 

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A vingt ans (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2016



A vingt ans

À vingt ans on a l’oeil difficile et très fier :
On ne regarde pas la première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
On prend pour de l’amour le désir né d’hier.

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
Et que le coeur n’a plus la force de s’ouvrir.

(Sully Prudhomme)

 

 

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Le soir dans un musée (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Le soir dans un musée

Les seigneurs blancs couchés dans leurs corsets de marbre,
Larves que le sommeil mène à l’éternité ?
Ces colonnes vêtues de lierre comme des arbres,
Ces fontaines qui virent sourire la beauté ?

Les évêques de cire à la mitre de cuivre,
Les mères qu’un enfant fait penser au calvaire,
L’angoisse de l’esclave, l’ironie de la guivre,
Diane, dont les seins fiers se gonflent de colère ?

Cette femme aux longues mains pâles et douloureuses ?
Ces beaux regards de bronze, ces pierres lumineuses
Qui semblent encore pleurer un amour méconnu ?

Non. Soumis au désir qui m’écrase et me charme,
Je ne voyais rien dans l’ombre pleine de larmes
Qu’une main mutilée crispée sur un pied nu.

(Remy de Gourmont)

 

 

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