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Posts Tagged ‘mécontent’

Les Animaux (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018


 

Les Animaux

Ils ne s’échinent pas, ils ne geignent pas sur leurs sort,
Il ne restent pas éveillés dans les ténèbres à pleurer sur leurs péchés.
Ils ne ressassent pas leurs devoirs envers Dieu,
Pas un seul n’est mécontent, pas un seul n’est rendu fou par la manie de posséder,
Pas un seul ne ploie le genou devant un autre, ni devant un de ses pareils qui vivait
il y a des milliers d’années.
Pas un seul ne mène une vie respectable, pas un seul n’étale son infortune sur toute
la surface de la terre.

(Walt Whitman)

 

 

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Elles brodent (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



 

Alexandr Sulimov -    (14)

Elles brodent des artichauts et des soleils
Que sais-je et mon coeur mécontent les leur lapide
Ô demoiselles aux sous-entendus limpides
Boucles d’organza vieux, châteaux des bleus sommeils
Vos paniers, vos héros, vos rires insipides
En ces villages d’autrefois purs et vermeils

Quand les lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

Elles inventent des tisons dans leurs regards
Minces ombrelles à rebours folles des jupes
J’avais au moins dix fois mon âge, mol étendard
Doux cadavres que flanquent encore leurs huppes
Enigmatiquement, s’il advient par hasard

Que de lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

(Louis Calaferte)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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À NOUVEAU (Jacques Goorma)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



 

À NOUVEAU

À l’air de rien

Dire les choses
comme en passant
pour qu’elles restent

*

Aux lèvres de bois

La porte me profère
chaque fois que je sors

*

Aux mécontents

Ils vont à la source
avec un petit vase

*

A la recherche

La science
pour éviter l’imprévu
le poème
pour le rencontrer

*

Au réconfort

La musique de Bach
console de la douleur
qu’elle suscite

*

À l’âme

Ce peu de noir
au fond des yeux
et qui peut tout

*

Au poème

Une étincelle
dans la grange

(Jacques Goorma)

 

 

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LES FRÈRES AINES (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



LES FRÈRES AINES

Oh ! combien que j’eusse aimés
Avec toute ma jeunesse
Combien de frères aînés
Sont morts avant que je naisse !

Encore tout affamés
D’une éternelle tendresse
Combien se sont résignés
A ce bonheur qu’on nous laisse.

De notre sort mécontents,
Nous sommes, de tous les temps,
De vagues troupeaux sans étable.

Mes frères insoucieux,
Saurons-nous tourner les yeux
Vers le seul bien véritable ?

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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Enfant mécontent (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Elisabeth Baysset
    
Enfant mécontent
il prend le ciel à témoin
je suis grand dit-il
et je peux nager tout seul
il s’échappe et boit la tasse

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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J’ai vu… (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



lapin violonniste

J’ai vu…

J’ai appelé le terrassier
il marchait à cloche-pied
j’ai appelé le moissonneur
il jurait comme un voleur
j’ai appelé le cordonnier
il jetait tous ses souliers
alors je m’en suis allée
j’ai vu des hannetons
tâtonnant en rond
j’ai vu des limaces
faire la grimace
j’ai vu une libellule
très crédule
puis me penchant encore
j’ai vu un chou-fleur
chercher l’heure
j’ai vu un artichaut
qui rêvait d’être au chaud
chemin faisant
j’ai vu un lampadaire
le nez en l’air
j’ai vu un vélo
près de l’eau
j’ai vu un canard
en retard
j’ai vu un lapin
jouer au crincrin
puis j’ai vu des gens
mécontents
car ils ne voyaient rien

(Huguette Amundsen)

 

 

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Beau temps et mauvais temps (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



    
Beau temps et mauvais temps

Je ne suis pas si mécontent
Lorsque l’hiver étend son brouillard, sa froidure.
J’ai en moi le printemps, qui sait me rendre heureux.
Le rire est un rayon de soleil, tout en or,
Si les jardins sont beaux, l’amour l’est plus encor,
toute la neige fond dans la chaleur du chant.

Que m’importe si le printemps
plante des fleurs dehors et sème la verdure !
Car j’ai en moi l’hiver et mon coeur douloureux.
D’un soupir le soleil le plus brillant se couvre,
quand on a du chagrin, mai sur décembre s’ouvre ;
plus que la neige froide, les pleurs sont glaçants.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Le zèbre (Pierre Ferran)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Le cinquième jour
Du haut d’un nuage,
les mains rouges d’argile,
Dieu contemplait les animaux:

«Je suis mécontent du zèbre»,
dit-il à Saint Rémi
qui tenait la liste,
«il ressemble trop au cheval.
Rayez-le!»

(Pierre Ferran)

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LA ROUTE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2016



LA ROUTE

L’humanité, plus loin que les routes qu’on peut dire,
S’en va jusqu’aux sources désertiques
Où Dieu sans soif s’étanche, penchant un bec
D’oiseau, nerveux, mécontent sur le monde

(Armand Robin)

 

 

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POSSIBILITÉ FLOTTANTE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015



POSSIBILITÉ FLOTTANTE

Ahanant âprement, jamais confiante, la conscience
Vient jusqu’à la vie ;
Chaos placides, aplanis,
Nous sommes superposés au monde !
L’homme, lorsque le songe le prend,
Est grossement modelé d’origine et de fin
Et de toutes les étoiles rassemblées
Et de toutes les lueurs les plus dispersées.

Anarchiste de la grâce !

Il se trouve être le même bras que la poussée de Dieu dans les
choses. Alors un énorme état le surprend.

Anarchiste de la grâce, il se tend
En jongleur tendant ses mains en fleurs,
En blés, en étés saccagés, en automnes mécontents

Il demande…

(Possibilité flottante,
Efficience éparse,
Familière durée en malhabile temps,
Grande chute !)

(Armand Robin)

Illustration: Michael Parkes

 

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