Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mégère’

Nocturne (Eliane Biedermann)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



La lune cette nuit est entrée dans ma chambre.
L’odieuse mégère a bu tous mes rêves avidement et s’est enfuie,
ne laissant derrière elle que le Noir et le Froid.

L’Aube, rose et fraîche de joues est enfin arrivée.
Las! amenant avec elle un oiseau criard,
qui a volé les restes de mon sommeil.

Demain je fermerai mes volets.

(Eliane Biedermann)


Illustration

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LE GRAND COMBAT (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 

LE GRAND COMBAT

Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu’à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l’écorcobalisse.
L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C’en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s’emmargine… mais en vain
Le cerveau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne
Et on vous regarde,
On cherche aussi, nous autres le Grand Secret.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Bosch Hieronymus

 

 

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APPARUIT (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




APPARUIT

Maison rose et or, je t’ai vue à travers le portail,
Merveille taillée dans l’indicible, un
Prodige. La vie, dans la lampe, a vacillé,
mourant éblouie.

Pourpres, gelées de rosée, les roses se sont couchées
Tandis qu’au loin, dans le soleil ensorceleur,
Tu buvais l’air, la terre, la vie : l’étoffe
dorée de tes murs.

Les chemins verts, la brise des champs sont tiens
Et la terre ouverte – pourtant tu as osé
Te tenir là et l’éther redouté de tous
a fui devant toi.

Vive et courageuse dans ta coquille d’or,
Larguant le manteau de ton corps, tu as
Dénudé ta fenêtre et la lumière stupéfaite
a fui devant toi.

L’épaule à moitié gravée, la gorge foudroyée
Par des zones de lumière entremêlées,
Frêle et belle albâtre, j’ai
fui devant toi!

Vêtue d’une trame d’or, délicatement parfaite,
Un vent! Un habit sorti de mains magiques!
Ô légère, ô habile, as-tu vraiment
assumé tout cela?

(Ezra Pound)

Illustration: Sandro Botticelli

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LE BERCEAU DE LA MUSE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2015



LE BERCEAU DE LA MUSE

De mon berceau d’enfant j’ai fait l’autre berceau
Où ma Muse s’endort dans des trilles d’oiseau,
Ma Muse en robe blanche, ô ma toute Maîtresse!

Oyez nos baisers d’or aux grands soirs familiers…
Mais chut ! j’entends la mégère Détresse
À notre seuil faisant craquer ses noirs souliers !

(Emile Nelligan)


Illustration: Henri Martin

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