Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘meilleur’

Le Baiser (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Réveillée par un baiser,
la Belle au Bois Dormant
chuchote à l’oreille du prince charmant:
« Voudrais-tu que je t’en donne un meilleur
pour qu’en paix tu me rejoignes? »

(Jacques Biolley)

Illustration: Gustav klimt

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

TOUTE LA FORÊT (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
TOUTE LA FORÊT

Au coin d’un bois
une petite lumière
au coin d’un bois
un grand orphéon
au coin d’un bois
un beau saligaud
au coin d’un bois
des milliers d’yeux
au coin d’un bois
la mer et ses poissons
au coin d’un bois
les meilleurs fils du monde
au coin d’un bois
un bois au coin d’un bois

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rondeau des antilopes (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau des antilopes

Les belles antilopes
Des savanes galopent
Mais les lions salivent
Une tendre escalope
C’est meilleur qu’une endive !

Jusqu’à Tananarive
Et de Brive aux Maldive
En Asie, en Europe
Ils chassent ils poursuivent
Les belles antilopes

Sans cesse elles s’esquivent
Jamais ils n’y arrivent
Et les lions invectivent
Tandis qu’au loin galopent
Les belles antilopes

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉCHAFAUDER SES RÊVES (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    
ÉCHAFAUDER SES RÊVES

Échelles impraticables pour essayer
de monter jusqu’au ciel

Lourde tâche
quand au jour le jour
s’accumule
gravité entêtée

Le pire et le meilleur

Se dégager des pesanteurs
de la désespérance
pourquoi comment

Tisser
l’échafaudage
de ses rêves.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poète (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019




Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir !…
Peuples ! écoutez le poète
Écoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.

(Victor Hugo)

Illustration: René Baumer

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie a noué sa cravate (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
La vie a noué sa cravate,
s’est aspergée d’eau de Cologne
et s’en est allée au théâtre.

Elle a chaussé ses lunettes
– la vie est un peu myope –
et s’est mise à observer la scène.

Au premier acte, sur le plateau,
c’était une fête exceptionnelle,
une fête comme elle n’en avait jamais vu.

Des amoureux apparaissaient
qui parlaient un langage tel que la vie, depuis qu’elle vit,
n’en avait jamais entendu.

Dieu, la vie ouït-elle jamais de pareils propos !
Au deuxième et au troisième acte survinrent des malheurs
si originaux que la vie dut ôter ses lunettes pour les essuyer.

Jamais, en nul lieu, en nul temps,
la vie n’avait vu des gens se comporter de cette façon.
Le rideau est tombé sur le dernier acte
et la vie a applaudi, crié bravo.

Quand la vie a quitté la représentation, il était déjà tard.
Elle a comparé ce qu’elle avait vu au théâtre
et en a conclu que la vie ne sait pas du tout vivre.
Qu’il lui faudrait, de temps à autre, faire un saut au théâtre
pour apprendre comment les gens se comportent,
afin de savoir quoi faire en des circonstances analogues.

Et, depuis lors, la vie va régulièrement au théâtre,
et la vie devient chaque jour plus intéressante,
meilleure, plus raffinée, plus dramatique.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VIEILLIR (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Jean-Baptiste Besnard

VIEILLIR

A force d’être jeune, on devient vieux.
Les ans passent trop vite et l’on ignore
Si un monde meilleur existe encore
Ou s’il est exilé en d’autres lieux.
Un été se termine et c’est l’automne
Dont la splendeur annonce un autre hiver.
Les arbres dépouillés ne sont plus verts
Et le décor paraît bien monotone.
Il nous faudrait, d’après l’auteur ancien,
Sans attendre cueillir toutes les roses.
La vie ne suffit pas à un païen
Pour pouvoir savourer toutes les choses.
Et je croyais triompher du destin,
Me réchauffer toujours près de la flamme
Mais, froid, j’avais déjà perdu mon âme,
Convive repoussé hors du festin.

(Jean-Baptiste Besnard)

Son blog ici: https://jeanbaptistebesnard.wordpress.com/
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Né En 17 à Leidenstadt (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Né En 17 à Leidenstadt

{Refrain:}
Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?

Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent

Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d’une foi, d’une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir: tendre une main

Si j’étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

{au Refrain}

Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D’avoir à choisir un camp

(Jean-Jacques Goldman)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI

Quoi! toujours toi, quand rien de moi ne t’aime,
De ma personne indétrônable roi,
Ô monotone et tenace moi-même,
Gui parasite au sein d’un meilleur Moi!
Traînant partout tes humeurs inégales,
Tes muscles mous et tes nerfs anxieux,
Et ton cœur sec et tes sens vicieux,
Tes viles soifs, tes grossières fringales,
Quoi! toujours toi!

Quoi! toujours toi, toujours avide et vide,
Tenté d’agir, vautré sur le tapis,
Bouffi mais creux, arrogant mais pavide,
Menteur, jaloux, glouton, paillard et pis!
Jusques à quand faut-il que je t’endure,
Plat compagnon à mes pas attaché,
Fâcheux démon en mon ange caché,
Suppôt d’orgueil, d’envie et de luxure?
Quoi! toujours toi!

J’ai beau vouloir te noyer dans les veilles,
Dans le travail, le plaisir et le vin :
Sous mon habit toujours tu te réveilles
Aussi présent, aussi banal et vain.
Hôte indiscret, en moi tu fais demeure;
Toujours chassé tu ramènes toujours
Tes bas désirs et tes pauvres amours,
Et pas un être en qui te perdre une heure…
Quoi! toujours toi!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :