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Je suis le jumeau des êtres que j’aime (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020




    
Je suis le jumeau des êtres que j’aime
Leur double en nature la meilleure preuve
De leur vérité je sauve la face

De ceux que j’ai choisis pour me justifier
Ils sont très nombreux ils sont innombrables
Ils vont par les rues pour eux et pour moi

Ils portent mon nom je porte le leur
Nous sommes les fruits semblables d’un arbre
Plus grand que nature et que toutes les preuves

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésie ininterrompue
Traduction:
Editions: Gallimard

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ICI, AILLEURS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Adrian Borda _13 [1280x768]

 

ICI, AILLEURS

Ailleurs le monde est doux
L’air est meilleur et de partout
Coulent des fleuves d’or et de musique
Ailleurs dormir mon coeur tragique
Ailleurs est à l’envers de nous

Au loin j’entends chanter
Comme une enfant j’entends danser
Ses pieds petits qui font de la dentelle
Au loin déjà mon âme est-elle
Partie au loin du coeur cassé

J’irai chez les parfums de feu de bois
Dans les recoins de mes hivers
J’irai vers les odeurs de sel et sable
Insaisissable
Est la fumée
Accoutumée
Aux matins de la mer

Ici j’use mes dents à mordre un fruit de fer

Au bout du bout de l’oeil
Au bout de l’or et de l’orgueil
Tournent des astres d’ambre et d’eau dolente
Au bout de la lumière lente
À nous tirer de nos cercueils

J’entends tomber le temps
Comme un caillou j’entends mon sang
Battre dedans le temps de quatre vies
Au bout d’une étoile endormie
Je rêve ailleurs et je m’attends

J’irai chez les cristaux
Vivre les jeux interrompus de l’autre corps
J’irai vivre mes âmes polymères
J’irai me taire
Dans une vie
Inassouvie
Où le coeur chante encor

Ici j’use mes mots sur du temps que je perds.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Adrian Borda

 

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JOURS QUI VIENDRONT (Pinelopi Ntountoulaki)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2020




    
JOURS QUI VIENDRONT

En un temps où les routes sont désertes
où les personnes qui sortent portent un masque chirurgical
vous verrez peut-être un héron tremper ses pattes dans le lac.
Merles, pigeons sauvages et moineaux volent en tous sens,
ils chantent,
ils partagent leur joie avec chaque âme.
Le gel fait place au soleil,
l’incertitude se mue en attente.
Et une pensée germe en vous: « C’est vrai,
nous sommes à l’aube de jours meilleurs ! »

***

EΟΙ ΜΕΡΕΣ ΠΟΥ ΕΡΧΟΝΤΑΙ

Τον καιρό που οι δρόμοι είναι άδειοι
και όσοι βγαίνουν έξω από το σπίτι
φορούν μάσκα χειρουργείου
μπορεί να τύχει να δεις ένα ερωδιό να βουτά τα πόδια του στη λίμνη.
Κοτσίφια, αγριοπερίστερα, σπουργίτια πετούν γύρω
τραγουδούν
μοιράζονται το τραγούδι τους με κάθε ψυχή.
Η παγωνιά παραχωρεί θέση στον ήλιο
η αβεβαιότητα μετουσιώνεται σε προσδοκία.
Τότε αρχίζεις να σκέφτεσαι: « Αληθινά,θα έρθουν καλύτερες μέρες! »

***

DAGEN DIE ZULLEN KOMEN

In een tijd waar de wegen leeg zijn
en mensen die naar buiten komen chirurgische maskers dragen
zie je misschien een reiger die zijn poten in het meer dompelt.
Merels, wilde duiven en mussen vliegen in het rond,
ze zingen,
ze delen hun vreugde met iedere ziel.
De vorst maakt plaats voor de zon,
onzekerheid verandert in verwachting.
En je begint dan te denken: « Het is waar,
betere dagen zijn op komst!”

***

***

DÍAS POR VENIR

En un tiempo con carreteras vacías
y gente saliendo con mascarilla quirúrgica
quizás veas una garza mojando sus pies en el lago.
Mirlos, palomas y gorriones vuelan alrededor
cantan
compartiendo su alegría con nosotros.
La helada da paso al sol,
la incertidumbre se vuelve expectativa.
Piensas entonces: « ¡Es verdad
que vendrán días mejores! ».

***

GELECEK GÜNLER

Yolların boş olduğu bir zamanda
ve dışarı çıkan insanlar ameliyat maskesi takar
Ayaklarını gölün içine sokan bir balıkçıl görebilirsiniz
Etrafında karatavuk, yabani güvercinler, serçeler uçar
Şarkı söylerler
Paylaşırlar sevinçlerini her ruhla
Don yerini Güneş’e verir
Bilinmezlik beklentiye dönüşür
Sonra düşünmeye başlarsın “Doğru ki, güzel günler gelecek”

***

DAYS TO COME

At a time when roads are empty
and people getting out wear a surgical mask
you may see a heron dipping his feet into the lake.
Blackbirds, wild pigeons, sparrows fly around
they sing
share their joy with every soul.
The frost gives way to the sun
uncertainty transforms into expectation.
Then you start thinking: »It’s true that better days shall come!

***

GIORNI A VENIRE

Un tempo, quando le strade erano deserte
e la gente usciva indossando mascherine
potevi vedere un airone con le zampe immerse nel lago.
Merli, colombi selvatici, passeri volano intorno
e cantano
per condividere la loro gioia con ogni anima.
Il gelo lascia il passo al sole
l’incertezza si trasforma in speranza.
Allora incominci a pensare:
 » veramente arrivano giorni migliori! »

***

DAGAR Í VÆNDUM

Á tímum þegar göturnar eru auðar
og fólk fer út með skurðstofugrímur
sérðu kannski hegra dýfa fæti í tjörnina.
Svartþrestir, villtar dúfur og spörvar fjúga um
syngjandi
segja hverri sál frá gleði sinni.
Frostið víkur fyrir sólinni
óvissa breytist í von.
Þá ferð þú að hugsa: „Það er satt að bráðum kemur betri tíð! »

***

***

***

JORNA C’HANNU A VENIRI

Di Pinelopi Ntountoulaki
A lu tempu quannu li strati su diserti
E la genti ca nesci si metti na maschira
Si pò vidiri quacchi airuni cu li pedí nta un lagu.
Corvi, picciuni sarvaggi, passunu ntall’aria
Cantanu
Spartennusi la gioia cu lu munnu.
Lu gielu duna postu a lu suli
Ii dubbii diventanu spiranzi
Poi ti veni di pinzari:
“È veru ca megghiu jorna hannu a rrivari”.

***

KOMMENDE TAGE

Zu einer Zeit, in der die Straßen leer sind
und Menschen, die ausgehen, eine chirurgische Maske
tragen,
siehst du vielleicht einen Reiher, der seine Füße in den See
taucht.
Amseln, wilde Tauben und Spatzen fliegen herum
sie singen,
sie teilen ihre Freude mit jeder Seele.
Der Frost weicht der Sonne,
Unsicherheit verwandelt sich in Erwartung.
Dann fängt man an zu denken: « Es ist wahr,
es kommen bessere Tage!

***

OS DIAS QUE VIRÃO

Num tempo em que as estradas estão vazias
e quem sai usa máscara cirúrgica
pode ser que vejas uma garça submergindo seus pés no lago.
Sabiás, pombas selvagens, pardais voam em volta e
cantam
compartilham sua alegria com cada alma.
A geada dá passagem ao sol,
a incerteza transforma-se em expectativa.
Começas, então, a pensar: “É verdade
que dias melhores virão!”

***

ZILE CARE VOR VENI

La vremea străzilor pustii,
cu trecători purtând măști medicale,
poate-ai să vezi un stârc trecându-și tălpile
prin apa vreunui lac și porumbei, mierle sau vrăbiuțe
ciripind în văzduh,
semănând voioșie în orișicare suflet.
Bruma va face-atunci loc soarelui
iar îndoiala, preschimbată în nădejde,
îți va îngădui un gând: „E cert, vin zilele mai bune.“

***

***

***

***

将来的日子

在道路空旷的时候
出门的人都戴着口罩
你也许看到一只鹭丝把脚伸进湖水。
黑鹂,野鸽,麻雀到处飞
他们唱歌
与每个灵魂分享它们的快乐。
霜冻让位给太阳
不确定性转化为期望。
你就开始想: “好点的日子真的会来! ”

***

DNI, KTÓRE NADEJDĄ

W czasie, gdy ulice są puste
a ludzie wychodząc z domu zakładają chirurgiczne maski
może się zdarzyć, że zobaczysz czaplę
zanurzającą nogi w jeziorze.
Wokół latają kosy, dzikie gołębie, wróble,
śpiewają,
dzielą się swoją radością z każdą duszą.
Mróz ustępuje miejsca słońcu,
niepewność zmienia się w oczekiwanie.
Wtedy zaczynasz myśleć: « To prawda, że nadejdą lepsze dni!

(Pinelopi Ntountoulaki)

 

Recueil: ITHACA 632
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Persan Sepideh Zamani / Espagnol Rafael Carcelén / Turc Serpil Devrim / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Islandais Thor Stefánsson / Hébreu Dorit Wiseman / Japonais Naoshi Koriyama / Sicilien Gaetano Cipolla / Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Nous y voilà, nous y sommes ! (Fred Vargas)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020




    
Nous y voilà, nous y sommes !

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air,
nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde,
nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche,
nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles,
comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre,
déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome,
enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses
que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :

Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs,
éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin,
relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille)
récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines,
on s’est quand même bien marrés).

S’efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

(Fred Vargas)

Fred Vargas – 7 novembre 2008 – EuropeEcologie.fr

Lu mise en musique par Philippe Torreton et Richard Kolinka
https://twitter.com/elsaboublil/status/1253749194910838785?s=20

 

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Le Baiser (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Réveillée par un baiser,
la Belle au Bois Dormant
chuchote à l’oreille du prince charmant:
« Voudrais-tu que je t’en donne un meilleur
pour qu’en paix tu me rejoignes? »

(Jacques Biolley)

Illustration: Gustav klimt

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TOUTE LA FORÊT (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
TOUTE LA FORÊT

Au coin d’un bois
une petite lumière
au coin d’un bois
un grand orphéon
au coin d’un bois
un beau saligaud
au coin d’un bois
des milliers d’yeux
au coin d’un bois
la mer et ses poissons
au coin d’un bois
les meilleurs fils du monde
au coin d’un bois
un bois au coin d’un bois

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Rondeau des antilopes (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau des antilopes

Les belles antilopes
Des savanes galopent
Mais les lions salivent
Une tendre escalope
C’est meilleur qu’une endive !

Jusqu’à Tananarive
Et de Brive aux Maldive
En Asie, en Europe
Ils chassent ils poursuivent
Les belles antilopes

Sans cesse elles s’esquivent
Jamais ils n’y arrivent
Et les lions invectivent
Tandis qu’au loin galopent
Les belles antilopes

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉCHAFAUDER SES RÊVES (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    
ÉCHAFAUDER SES RÊVES

Échelles impraticables pour essayer
de monter jusqu’au ciel

Lourde tâche
quand au jour le jour
s’accumule
gravité entêtée

Le pire et le meilleur

Se dégager des pesanteurs
de la désespérance
pourquoi comment

Tisser
l’échafaudage
de ses rêves.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

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Le poète (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019




Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir !…
Peuples ! écoutez le poète
Écoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.

(Victor Hugo)

Illustration: René Baumer

 

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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