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MONTS ET MERVEILLES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

MONTS ET MERVEILLES

Soleil dont le plateau fait pencher la balance
Le vent dans les barreaux
Le premier pas de danse
Et la neige qui fond
Les liens qui se défont
La pensée qui descend lentement du plafond
Le sourire attendu qui lézarde la face

Seigneur il fait si beau
Comment rester en place
Je vais te réclamant sur les toits bohémiens
Pour t’appeler les mots ne viennent pas très bien
Niais de mes yeux tu vois j’apprivoise les anges
Les arbres et mes bras font un curieux mélange
Toujours plus près de toi
Conseillé par les fleurs
Ta main pressant la pomme acide de mon coeur

Je t’attends
Tu n’attends jamais laissé un homme attendre
Pour t’aimer
Tu diras comment il faut s’y prendre
J’ai tant besoin d’amour
Mon Dieu, tu ne peux pas me rayer de ton cours

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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S’il y a un amour (François de La Rochefoucauld)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
S’il y a un amour pur et exempt
du mélange de nos autres passions,
c’est celui qui est caché au fond du cœur,
et que nous ignorons nous-mêmes

(François de La Rochefoucauld)

 

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Lettre à Louise Colet (Gustave Flaubert)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    

Lettre à Louise Colet

Toi, je t’aime comme je n’ai jamais aimé et comme je n’aimerai pas.
Tu es, et resteras seule, et sans comparaison avec nulle autre.

C’est quelque chose de mélangé et de profond,
quelque chose qui me tient par tous les bouts,
qui flatte tous mes appétits et caresse toutes mes vanités.

Ta réalité y disparaît presque.
Pourquoi est-ce que, quand je pense à toi,
je te vois souvent avec d’autres costumes que les tiens?

L’idée que tu es ma maîtresse me vient rarement,
ou du moins tu ne te formules pas devant moi par cela.

Je contemple (comme si je la voyais)
ta figure tout éclairée de joie,
quand je lis tes vers en t’admirant,
alors qu’elle prend une expression radieuse d’idéal,
d’orgueil et d’attendrissement.

Si je pense à toi au lit, c’est étendue,
un bras replié, toute nue,
une boucle plus haute que l’autre,
et regardant le plafond.

Il me semble que tu peux vieillir,
enlaidir même
et que rien ne te changera.

(Extrait de lettre du 21 ao0t 1853)

(Gustave Flaubert)

 

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On n’a qu’une faible idée de l’amour (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



On n’a qu’une faible idée de l’amour
tant qu’on n’a pas atteint ce point où il est pur,
c’est à dire non mélangé de demande, de plainte
ou d’imagination.

(Christian Bobin)

 

 

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Retour des oies sauvages (Ts’ien K’i)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Hiroshige
    
Retour des oies sauvages

Sur la rivière aux roseaux, pourquoi sans raison, êtes-vous de retour?
L’eau est bleue, le sable clair et le rivage couvert de mousse.
Vingt-cinq cordes chantent la nuit sous la lune,
Je supporte mal cette tristesse sans mélange,
et vous voilà revenues à tire d’ailes!

(Ts’ien K’i)

 

 

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Est-ce possible ? (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



    

Est-ce possible ? Où est-il allé, le bien-aimé ?
Est-ce possible ? Où est-il allé, beauté faite à la taille du cyprès ?

Il portait la lumière parmi nous comme une torche. Où est-il allé ?
Est-ce possible ? Sans nous, où est-il allé ?

Mon cœur frémit tout le jour comme la feuille.
Où est-il allé, mon Aimé, seul à la mi-nuit !

Va par les chemins, demande à ceux qui passent :
Où s’en est-il allé, qui passait sur le même chemin, intensifiant les âmes ?

Va dans le jardin, demande au jardinier :
Où est-il allé, ce svelte rameau de roses ?

Va sur la terrasse, demande aux sentinelles :
Où est-il allé, ce sultan sans pareil ?

J’erre comme un fou dans la plaine :
Où est-elle allée, cette gazelle, dans la plaine ?

Mes deux yeux sont par leurs larmes devenus comme l’Oxus :
Où est-elle allée, cette perle, au fond de la mer ?

À la lune, à Vénus, toute la nuit je demande :
Cette beauté au visage de lune, en quel ciel est-elle montée ?

Puisqu’il est à nous, comment peut-il être avec d’autres ?
Comme il n’est pas ici, où est-il donc là-bas ?

Son cœur et son âme sont à Dieu attachés :
S’il n’est plus en ce mélange d’eau et d’argile, où est-il allé ?

Dis moi sans détour où est allé le Soleil de Tabriz,
Lui qui disait que le soleil ne se cache jamais !

(Mawlana Rûmî)

 

 

Recueil: Jalâl al-dîn Rûmî. Soleil du Réel
Traduction: Christian Jambet
Editions: Imprimerie Nationale

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D’ailleurs (Novalis)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Il existe un présent spirituel
qui identifie le passé et l’avenir
en les dissolvant,
et ce mélange est l’élément essentiel du poète,
son atmosphère propre.

(Novalis)

Illustration: Marc Chagall

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Cueillir la douce fleur (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



Eh ! Qui peut sans mourir s’éloigner d’une amante ?

Dans le premier baiser l’âme entière se noie.

La prière.
Ou l’ordre impérieux, faveur plus douce encore.

Ce mélange incroyable et divin
De raison, de délire,
D’exigence et de soins, d’esclavage et d’empire.

Sur sa lèvre de rose et d’amour parfumée.
Cueillir la douce fleur d’une haleine embaumée

(André Chénier)

 Illustration: Auguste Toulmouche

 

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On n’a qu’une faible idée de l’amour (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

On n’a qu’une faible idée de l’amour
tant qu’on n’a pas atteint ce point
où il est pur, c’est-à-dire non mélangé de demande,
de plainte ou d’imagination.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Une chair mélangée à ses robes (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016


rose

Une chair mélangée à ses robes,
comme toute pétrie de satin:
voilà la substance des fleurs.
Chacune à la fois robe et cuisse
(sein et corsage tout aussi bien)
qu’on peut tenir entre deux doigts – enfin!
et manier pour telle

(Francis Ponge)

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