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Poésie

Posts Tagged ‘mêler’

Au loin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018




    
Au loin, mille milans mêlés aux nues;
Plus proche, un sansonnet tout en louange.
Alors, souffle le juste Vide-médian,
Alors, nous traverse, inattendu, l’ange.

(François Cheng)

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard
    

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CHRYSOLITHE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



CHRYSOLITHE

Le soleil s’est couché. Vert automne des laves.
Sèves et rêves mêlés du temps qui refleurit.
Déposés sur le glauque des ères. Herpe figée
des mers en feu qui ont tari.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Mobilisation générale, 1914. (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Mobilisation générale, 1914.

Ils marchaient en chantant
vers Berlin
via la gare de l’Est
fleur au fusil
La belle guerre en poésie
sous les vivats
de ceux qui ne la feraient pas!

La nuit, dans un wagon de marchandises
les fleurs se desséchaient
à la bouche d’acier muette
des canons noirs glacés
les corps fanés mêlaient leurs rouges pantalons
avant d’être couchés ailleurs
mêlant d’autres rougeurs
balle au fusil

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne crains (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Alice de Miramon
    
Ne crains
ni le désert ni l’abîme

à défaut d’une étoile
ou d’un halo
seule nous protège
l’étreinte
qui mêle nos bouches
et scelle nos corps
l’un à l’autre.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
Une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION

La blessure est la porte d’entrée
pour te trouver,
le seul organe sensible
à n’êtrе pas leurré.

Ma peau est parsemée de toi,
d’expérience : elle a échappé
à la ruse des autres sens,
à leurs seuils usés par les sensations.

Cette blessure ne doit pas se refermer,
neuve toute pensée dans la chair,
prête à tressaillir, sans mémoire,
irréconciliable, la blessure
te mêlе au monde.

On ne peut rien aplanir,
aucun reste fût-il précieux, la rédemption
est une parcelle de ce mensonge :
un message serait le salut.

Le mouvement n’avance pas
de degré en degré, il n’élève rien,
il tourne autour des lèvres de la plaie,
s’y incruste. Là où il s’arrête,
tu fus dans la sensation la durée même.

***

EINFACHHEIT DER WAHRNEHMUNG

Die Wunde ist das Tor
dich zu finden,
das Sinnessorgan,
das nicht getäuscht wird.

Übersät ist die Haut mit dir,
mit Erfahrung: sie ist der List
der alten Organe entkommen,
ihren abempfundenen Schwellen.

Die Wunde, die sich nicht schliessen soll,
neu jeder Gedanke im Fleisch,
bereit zu zucken, ohne Erinnerung,
unversöhnt, die Wunde
mischt dich und die Welt.

Es ist nicht zu glätten,
kein höherer Rest, der Erlösung
ist der Bruchteil der Lüge :
dass eine Botschaft das Heil ist.

Die Bewegung geht nicht
von Stufe zu Stufe, setzt nichts höher,
sie kreist um den Wundrand,
sie nistet sich ein. Wo sie anhält,
warst du in der Empfindung die Dauer.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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La vague te saisit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



Illustration
    
La vague te saisit
te soulève
t’emporte au large

le temps a pris fin

la lumière avivée
de l’immense
qui t’accueille

calmement bercé
par la houle

dans la paix
une joie mêlée
de douleur

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Psyché (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Zinovy Shersher
    
Psyché dans ma chambre est entrée,
Et j’ai dit à ce papillon :
– « Nomme-moi la chose sacrée.
« Est-ce l’ombre ? est-ce le rayon ?

« Est-ce la musique des lyres ?
« Est-ce le parfum de la fleur ?
« Quel est entre tous les délires
« Celui qui fait l’homme meilleur ?

« Quel est l’encens ? quelle est la flamme ?
« Et l’organe de l’avatar,
« Et pour les souffrants le dictame,
« Et pour les heureux le nectar ?

« Enseigne-moi ce qui fait vivre,
« Ce qui fait que l’oeil brille et voit !
« Enseigne-moi l’endroit du livre
« Où Dieu pensif pose son doigt.

« Qu’est-ce qu’en sortant de l’Érèbe
« Dante a trouvé de plus complet ?
« Quel est le mot des sphinx de Thèbe
« Et des ramiers du Paraclet ?

« Quelle est la chose, humble et superbe,
« Faite de matière et d’éther,
« Où Dieu met le plus de son verbe
« Et l’homme le plus de sa chair ?

« Quel est le pont que l’esprit montre,
« La route de la fange au ciel,
« Où Vénus Astarté rencontre
« À mi-chemin Ithuriel ?

« Quelle est la clef splendide et sombre,
« Comme aux élus chère aux maudits,
« Avec laquelle on ferme l’ombre
« Et l’on ouvre le paradis ?

« Qu’est-ce qu’Orphée et Zoroastre,
« Et Christ que Jean vint suppléer,
« En mêlant la rose avec l’astre,
« Auraient voulu pouvoir créer ?

« Puisque tu viens d’en haut, déesse,
« Ange, peut-être le sais-tu ?
« Ô Psyché ! quelle est la sagesse ?
« Ô Psyché ! quelle est la vertu ?

« Qu’est-ce que, pour l’homme et la terre,
« L’infini sombre a fait de mieux ?
« Quel est le chef-d’oeuvre du père ?
« Quel est le grand éclair des cieux ? »

Posant sur mon front, sous la nue,
Ses ailes qu’on ne peut briser,
Entre lesquelles elle est nue,
Psyché m’a dit : C’est le baiser.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE MÊLE MES SANGLOTS… (Yves Morel)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




JE MÊLE MES SANGLOTS…

Je mêle mes sanglots aux flots de la mer
Pour que ma douleur au quotidien
Ne soit plus qu’embruns
Balayant les rochers d’une pluie amère.
Mon coeur est un voilier en détresse,
L’âme toutes voiles déchirées dehors
Et, la proue, une sirène aveuglée de chagrin.
Accrochée au mât de grande hune,
Je cherche dans ma nuit sans lune
Un havre de paix et de sagesse
Où je pourrais m’échouer et trouver le réconfort.
Comme un phare, ton étoile soudain m’apparut
Pour guider à bon port mon bateau en déroute
À travers les écueils de la vie
Et m’aider à poursuivre seule ma route

Vers un rivage ami…

(Yves Morel)

Illustration: Odilon Redon

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La tristesse dans le parc (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
La tristesse dans le parc

Entrons dans l’herbe florissante
Où le soleil fait des chemins
Que caressent, comme des mains,
Les ombres des feuilles dansantes.

Respirons les molles odeurs
Qui se soulèvent des calices,
Et goûtons les tristes délices
De la langueur et de l’ardeur.

Que nos deux âmes balancées
Se donnent leurs parfums secrets,
Et que le douloureux attrait
Joigne les corps et les pensées…

L’été, dans les feuillages frais,
S’ébat, se délasse et s’enivre.
Mais l’homme que rien ne délivre
Pleure de rêve insatisfait.

Le bonheur, la douceur, la joie,
Tiennent entre les bras mêlés ;
Pourtant les coeurs sont isolés
Et las comme un rameau qui ploie.

Pourquoi est-on si triste encor
Quand le destin est favorable,
Et pourquoi cette inéluctable
Inclination vers la mort ?…

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Le cœur innombrable
Traduction:
Editions:

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