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Vertige (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017





Vertige

Débordant d’une mer qui fleurit
Tout deviendra un jour forêt,
Ce que tu vois désormais c’est l’heure
Tendre des oiseaux dans les branches.
Attends le dieu en attente car
Le soleil s’attardera sur les pins rougeoyants
Jusqu’à la grande nuit.

Un jour tout sera voix, une voix qui
De l’étoile au nuage, de la terre à l’étoile,
Allongera son ellipse en résonnant.
Toi, en observant ces anneaux,
Attends la voix parmi les voix,
Soudain la lune aux ailes velues apparaîtra
En passant à travers les orgues.

J’ai vécu dans le vent,
À une époque seul le vertige, seules
Les pierres lointaines étaient mes prophètes.
Ni voix, ni forêt, tout seul, déserté,
L’être se distrait d’une ondée.
Ou bien dans la forêt comme un dieu attendre
Si l’on entend une voix.

(Melih Cevdet Anday)

Illustration: Herb Dickinson

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L’AMOUR (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2016




L’AMOUR

La forêt commençait quand tu me prenais la main.
Elle s’ouvrait par le milieu comme une figue
Nous courions vers le haut, courbés en deux, hors d’haleine.
Avec les truites, à grand-peine, les aiguilles de pin
Brisaient notre allure. Ne Laisse Pas Ma Main,
Ne Laisse Pas Ma Main…
Après, nous glissions tout en bas.
Et le silence descendait comme un arbre
Il poussait des racines en toi et en moi, cherchant
L’eau de la terre qui attendait son tour.
Tournesols, tes seins tendent vers la lumière.
Je marchais à tes deux côtés comme l’arcade d’un monument.
Après, nous recommencions à courir,
En haut, plus haut, vers les eaux qui se creusent
Dans les cieux. Je t’embrassais, tu tremblais, l’amour qui réunit
Les instants éclatés ne fait pas de rêve : ô forêt,
Ô sort du cheval pourchassé, ô tourterelle affamée
Du recommencement ! Pour nous il n’y a pas de sort.

Nous l’avons brûlé, comme une tache dans l’oeil
Des oiseaux migrateurs, une graine unique dans leur bec,
Tandis que le jour se lève une fois de plus. Pour nous il n’y a pas de sort.

(Melih Cevdet Anday)

Illustration

 

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Tous les soirs (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2016



 

Tous les soirs

Tous les soirs notre âme voudrait s’envoler et partir.
Nos gardiens les oiseaux, sur l’étendue tissée du ciel,
Pour nous empêcher bien sûr d’entremêler nos ailes
Vigilants, ont l’ceil sur nous dans leur sommeil.
Mais dans la châtaigneraie, le vent depuis longtemps a changé.

Où donc en étais-je ? Soudain j’avais vieilli,
M’étant levé je suis passé d’une pièce à une autre,
Et moi, est-ce que je ne saurais pas regarder le mur ?
Je peux verser, reverser la nuit et la recueillir.
Mais dans la châtaigneraie, le vent depuis longtemps a changé.

Eau, c’est toi seule que j’ai connue, toi seule,
Eau qui coules et qui vas, que Dieu même ne connaît pas
Comme l’entrée des étoiles dans les rêves
J’ai dû voir les moulins d’autrefois…
Mais dans la châtaigneraie, le vent depuis longtemps a changé.

(Melih Cevdet Anday)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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A mi-joie (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016




A mi-joie

Les oiseaux faisaient tomber la pluie et
La pluie frappait le soleil n’est-ce pas
Et je venais à toi

Demi-joie dans ma bouche
Les matins s’amassaient dans les lis
Les plaines montaient à cheval

Quand la mer accourait à son phare
Dans ma poche les étoiles de la nuit
Avec les abeilles et le miel dans mon sang

Mon coeur était le creux de ma main et
Après il devenait fontaine n’est-ce pas
Au mois des retours sans bonheur
Et je venais à toi

(Melih Cevdet Anday)

Illustration: Malinowsky

 

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