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Posts Tagged ‘mélodie’

Si tu ne parles pas (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Si tu ne parles pas, certes j’endurerai ton silence;
j’en emplirai mon coeur.
J’attendrai tranquille, la tête bas penchée,
et pareil à la nuit durant sa vigile étoilée.

Le matin sûrement va venir;
la ténèbre céder, et ta voix va s’épandre en jaillissements d’or ruisselant à travers le ciel.
Tes paroles alors s’essoreront en chansons de chacun de mes nids d’oiseaux
et tes mélodies éclateront en fleurs sur toutes les charmilles de mes forêts.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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LE FEU DE TA MÉLODIE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
LE FEU DE TA MÉLODIE

Ce feu de mélodie que Tu as allumé dans mon coeur,
Ce feu a tout embrasé, partout.
Les flammes dansent tout en battant la mesure,
De branche en branche, sur des arbres croulants :
Qui appellent-elles dans le ciel
Les mains exaltées ?
Ébahies, les étoiles dévisagent le noir,
Affolé, un vent surgit d’on ne sait où,
Immaculé, au plus profond de la nuit
S’épanouit ce lotus d’or :
Personne ne peut sonder le sortilège de cette flamme.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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ATTENTE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
ATTENTE

Tu restes toujours présent
À la lisière de mes chants,
Mes mélodies sont à Tes pieds
Sans que je puisse T’atteindre.
Le vent supplie avec insistance :
« Ne laisse pas ton rafiot amarré ! »
Gouverne vite pour parvenir
Au centre de mon cœur.

Avec Toi le jeu de mes chants
Est un jeu venant de loin,
Sa flûte émet des notes chagrines
Tout le long du jour.
T’emparant de ma flûte donc, quand voudras-tu
La remplir de Ton souffle,
Dans la dense obscurité
Par une nuit joyeuse et muette ?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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La mer (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



La mer

Éternellement elle chuchote autour
Des rivages désolés et de sa houle puissante
Gorge deux fois dix mille cavernes, jusqu’au moment
où le charme
D’Hécate les abandonne à leurs antiques rumeurs
indistinctes.
Souvent vous la trouverez d’humeur si douce
Que c’est à peine si le plus minuscule coquillage
Quitte pendant des jours la place où jadis il échoua,
Quand les vents du ciel la dernière fois se déchaînèrent.
O vous dont les prunelles sont irritées et lasses
Faites-les se repaître de l’immensité de la mer;
O vous dont les oreilles sont assourdies d’un affreux
tintamarre,
Ou nourries à l’excès de quelque écoeurante mélodie,
Asseyez-vous où bée une antique caverne, et rêvez
Jusqu’au brusque réveil où vous croirez entendre
le choeur des nymphes de la mer.

***

On the sea
It keeps eternal whisperings around
Desolate shores, and with its mighty swell
Gluts twice ten thousand caverns; till the spell
Of Hecate leaves them their old shadowy sound.
Often ’tis in such gentle temper found,
That scarcely will the very smallest shell
Be mov’d for days from where it sometime fell,
When last the winds of heaven were unbound.
Oh ye who have your eyeballs vexed and tir’d,
Feast them upon the wideness of the sea;
Oh ye whose ears are dinn’d with uproar rude,
Or fed too much with cloying melody,
— Sit ye near some old cavern’s mouth, and brood
Until ye start, as if the sea-nymphs quir’d!

(John Keats)

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Ode sur une urne grecque (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 oedipe-et-le-sphinx

Ode sur une urne grecque

[…]

Les mélodies entendues sont douces.
Mais celles qui ne sont pas entendues
sont plus douces encore.

[…]

« Beauté, c’est Vérité, Vérité, c’est Beauté», voilà tout
Ce que vous savez sur terre, tout ce qu’il vous faut savoir.

***

Ode on a Grecian Urn

[…]

Heard melodies are sweet,
but those unheard
Are sweeter

[…]

« Beauty is truth, truth beauty, » – that is all
Ye know on earth, and all ye need to know.

(John Keats)

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Ce qui manque à la parole (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Karen LaMonte

    
Ce qui manque à la parole

Oublier, c’est aimer :
je t’oublie pour te retrouver
tu t’éloignes pour que revienne
le mystère de ta présence
je te parle et tu me parles
pour que s’échappe de nous
ce qui manque à la parole.

Oublier ? Le corps n’oublie pas
ses blessures, ses éveils, ses désirs
mais veut-il se souvenir
de leur secrète source ?
Oublier, c’est aimer :
c’est se fondre
au diapason des jours
à la mélodie des espaces

c’est accepter de ne plus savoir
pour connaître

et de ne plus connaître
pour exister.

Oublier, c’est aimer.

(Alain Suied)

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Dans la vie, dans le mystère limpide (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019




    
Dans la vie, dans le mystère limpide
tu peux avancer

et même au pays des ombres

tu peux chanter
ou retrouver la mélodie
brisée
du vivant.

Cela parle au fond de toi
comme une source, cela chante.

Il faut écouter.

Il ne faut par forcer l’écoute.
Cela écoute aussi.

Le poème du vivant.

Éclat de lumière.
Souffle de voix.
Il vibre au diapason de l’univers.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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LA CAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
LA CAGE

Dehors, du soleil.
Ce n’est qu’un soleil
mais les hommes le regardent
et ensuite ils chantent.

Je ne sais rien du soleil.
Je sais la mélodie de l’ange
et le sermon brûlant
du dernier vent.
Je sais crier jusqu’à l’aube
quand la mort se pose nue
sur mon ombre.

Je pleure sous mon nom.
J’agite des mouchoirs dans la nuit
et des bateaux assoiffés de réalité
dansent avec moi.
Je cache des clous
pour maltraiter mes rêves malades.

Dehors, du soleil.
Je m’habille de cendres.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Les aventures perdues
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Ypfilon

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La vie a une musique de fond (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



La vie a une musique de fond.
Nul ne sait reconnaître son origine,
mais il nous semble parfois nous rappeler sa mélodie.

C’est assez peut-être
pour ne pas nous sentir complètement étrangers,
quand toutes les musiques s’éclipsent
comme des soleils impuissants
dans les agitations subreptices
des espaces muets.

Bien que nous vivions à peine,
la musique de fond de la vie
nous permet pour le moins
d’écouter la rumeur de vivre.

(Roberto Juarroz)

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Quand nous saurons ouvrir et déchiffrer en nous (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019




    
Quand nous saurons ouvrir
Et déchiffrer en nous
Le livre dont nous sommes
La langue et le secret,
Nous n’aurons plus de mots
Pour traduire le silence,
Nous trouverons des frères,
Des glaneurs de lumière,
Des amoureux du Souffle,
Des quêteurs de l’Esprit.
Nous laisserons le vent
Lire la mélodie
Et tourner chaque page
Du chant de notre vie.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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