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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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JE POURSUIS UNE FORME… (Ruben Dario)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



 

Patricia Blondel  cygne 758

JE POURSUIS UNE FORME…
(Yo persigo una forma…)

Je poursuis une forme rebelle à mon style,
bouton de pensée qui voudrait être rose;
Y prélude un baiser qui sur mes lèvres se pose
à l’étreinte impossible de la Vénus de Milo.

De vertes palmes adornent le vert péristyle ;
les astres m’ont prédit l’apparition de la déesse;
et en mon âme la lumière repose
tel l’oiseau de la lune sur un lac tranquille.

Et je ne trouve que le mot qui se dérobe,
la mélodique initiation qui de la flûte coule
et la barque du rêve qui dans l’espace vogue;

et sous la croisée de ma Belle-Dormante,
le sanglot continu du jet de la fontaine
et le cou du grand cygne blanc qui m’interroge.

(Ruben Dario)

Illustration: Patricia Blondel

 

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