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Poésie

Posts Tagged ‘ménager’

Fanée (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Christian Seybold  
    
Fanée

Légère, comme après sa mort,
elle a mis des gants, une écharpe.
Un parfum de sa commode
a chassé la chère odeur

à laquelle autrefois elle se découvrait.
Depuis longtemps elle ne s’interroge
plus : Qui suis-je ? (une parente éloignée),
et, perdue dans ses pensées,

elle s’affaire, prenant soin
de sa chambre inquiète qu’elle arrange
et ménage, parce que peut-être
la jeune fille d’autrefois l’habite encore.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Christian Seybold  

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Prudence (Jean-Claude Touzeil)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Prudence

Pour ménager
L’avenir
Le banquier
A planté
Un arbre
Usufruitier

(Jean-Claude Touzeil)

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APERÇU EN PASSANT (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

fenêtre train

APERÇU EN PASSANT

Quand je voyage, j’aperçois souvent des fleurs,
Dont je n’ai pas le temps de voir ce qu’elles sont.

Je voudrais descendre du train et retourner
Voir, sur le bord de la voie, ce qu’elles étaient.

Je leur prête mille noms, tous faux, j’en suis sûr :
Ce n’étaient pas de grands épilobes des bois,

Des campanules bleues it l’entrée d’un tunnel,
Ni du lupin, ami des sables desséchés.

Mon esprit peut-être a-t-il été effleuré
Par une idée que nul jamais ne trouvera.

Le ciel ne ménage ces aperçus qu’à ceux
Qui ne pourront jamais s’approcher pour mieux voir.

(Robert Frost)

 

 

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A … (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




A …

Non, non je ne dois pas, je n’ose, je ne peux
Au trouble de l’amour céder avec folie.
Pour ménager ma paix, je suis très rigoureux
Et j’épargne à mon coeur qu’il brûle et qu’il s’oublie.
Aimer, c’est bien fini! Mais, par moments, pourquoi
N’accueillerais-je pas ce rêve qui ne dure
Que l’instant, par hasard, où passe devant moi
Une céleste, jeune et pure créature?…
Qui passe et disparaît,.. Vraiment ne puis-je pas
L’admirer en mêlant plaisir avec tristesse
Et suivre du regard en silence ses pas,
La bénir pour ma joie et pour mon allégresse,
Lui souhaiter un bien conforme à ses désirs,
Des loisirs sans soucis, paix et gaieté de l’âme,
Tout, même le bonheur pour qui va la choisir,
Aimable jeune fille, et la nommer sa femme?

(Alexandre Pouchkine)

 

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Ah ! si seulement (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Christian Girault
    
Ah ! si seulement je te trouvais là, seule avec moi !
Je te dirais un peu de tout ce que j’endure.
Ô Dieu, ménage-moi ce jour qui me verra gémir de trop aimer
et mes larmes jaillir comme autant de témoins !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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À cause de quelques chansons (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




Illustration  de l’auteur
    
À cause de quelques chansons

À cause de quelques chansons
où je parlais de leur mystère,
les femmes ont été
d’une exceptionnelle bienveillance
envers mon grand âge.
Elles ménagent un endroit secret
dans leurs vies occupées
et elles m’y emmènent.
Elles se mettent nues
chacune à sa façon
et elles disent :
« Regarde-moi, Leonard,
regarde-moi une dernière fois. »
Puis elles se penchent sur le lit
et me recouvrent
tel un bébé qui grelotte.

***

Because of a few songs
Wherein I spoke of their mystery,
Women have been
Exceptionally kind
To my old age.
They make a secret place
In their busy lives
And they take me there.
They become naked
In their different ways
And they say,
« Look at me, Leonard
Look at me one last time. »
Then they bend over the bed
And cover me up
Like a baby that is shivering.

(Leonard Cohen)

 

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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Je ne sais (Gabriel-Joseph Guilleragues)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017




    
Je ne sais, ni ce que je suis,
ni ce que je fais, ni ce que je désire:

je suis déchirée par mille mouvements contraires:
Peut-on s’imaginer un état si déplorable?

Je vous aime éperdument,
et je vous ménage assez pour n’oser, peut-être,
souhaiter que vous soyez agité des mêmes transports

[…]

Adieu, je voudrais bien ne vous avoir jamais vu.
Ah! je sens vivement la fausseté de ce sentiment,
et je connais dans le moment que je vous écris,
que j’aime bien mieux être malheureuse en vous aimant
que de ne vous avoir jamais vu ;

je consens donc sans murmure à ma mauvaise destinée,
puisque vous n’avez pas voulu la rendre meilleure.
Adieu, promettez-moi de me regretter tendrement,
si je meurs de douleur

[…]

cependant je vous remercie dans le fond de mon coeur
du désespoir que vous me causez,
et je déteste la tranquillité, où j’ai vécu,
avant que je vous connusse.

(Gabriel-Joseph Guilleragues)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Comment pourrions-nous nous désolidariser de cette mort (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Comment pourrions-nous nous désolidariser
de cette mort que nous portons en nous,
qui nous appartient tout autant que nous lui appartenons ?

Le rêve serait de lui ménager un espace
où la rencontre se ferait dans la dignité.
Sorte de suprême politesse
où la salve des salutations
l’emporterait sur les gémissements.

Mais cet espace n’est inclus
que dans l’impensable du saut,
dans ce mouvement de bascule
qui annule l’autre espace,
celui où l’on croyait avancer…

Plus intime la mort,
longuement convoyée,
plus proche et peut-être,
plus encore pourvoyeuse d’espace,
ici-même et, qui sait, là-bas.
Là-bas où les chimères se glacent.

(Pierre-Albert Jourdan)

Illustration: Odilon Redon

 

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Il s’agit d’appliquer l’oreille contre la terre (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2016


 


DCF 1.0

Il s’agit d’appliquer l’oreille contre la terre,
en tout lieu de la terre,
et de ménager alentour le silence,
pour préserver audible le battement très sourd
d’une venue très lointaine à pas incompréhensibles

(Michel Deguy)

Illustration: Carry Akroyd

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