Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ménagère’

LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN TON SOUS L’IRONIE (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



UN TON SOUS L’IRONIE

Le notaire qui certifie au-delà de sa mort…
La ménagère parcourue de frisson
à voir, décongelée, la viande qui auréole…
L’écolier déjà moins qu’un figurant…
Le vieillard à qui le coiffeur passe
un miroir derrière la nuque…
Un peu partout, les pas affolés…

Et malgré tout ça : les dimanches
où la glycine profite, les souvenirs
avec vue sur la mer, les carrefours
violonistes de génie, les records
pour qu’on les batte, les hasards
qui vous apportent, les nuits
au grand coeur… Le mot coloriage.

(Gérard Noiret)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Décembre (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Jeffrey T. Larson
    
décembre

la pluie qui tombe sur décembre
assombrit forêts et visages
Une rude terre s’éveille
les doigts noueux
Sous un tablier de brume
Les ménagères ont le coeur triste
seules, dans leurs grandes cuisines
Pourtant sous les nuages bas
qui transhument vers les hauteurs noires
scintillent éclats d’un feu obscur
dans la troublante robe des forêts
Si notre âme errante se laissait
séduire par ces joues pourpres
où nous conduirait-elle
dans la forêt silencieuse
j’ai perdu mon savoir et mon nom
Un oiseau plaintif se pose sur une branche
je n’ai plus de passé
Entre les grands arbres et les buissons
je sens monter en moi
une grande tendresse
Les ruisseaux que je rencontre
m’accompagnent, grands lévriers
au souffle clair qui trottent parmi les herbes
Là-bas, la nuit rapide arrive sur les montagnes

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ménagère (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




    
Ménagère mouche l’avant-printemps
A la fenêtre c’est du propre
En beauté sur le carreau
Que ça brille du ciel bien fait par transparence
Du bleu vitre qu’on s’y mire
Ménagère mouche mouche écrase
Du ciel bien fait

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Alors je m’en vais (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Elle passe des Balais multicolores–
Semant les brins derrière elle–
Ô Vespérale Ménagère-
Reviens – épousseter la Mare!

Tu y as lâché une Pourpre Effilochure–
Tu y as lâché un fil Ambré–
Et voici que tu jonches l’Est entier
De hardes d’Emeraudes!

Et de pousser ses balais mouchetés–
Et les Tabliers de voler,
Puis les Balais s’estompent en étoiles–
Et alors je m’en vais–

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Intérieur (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Kate Pérou-« Portrait d'Agnes Phoebe Burra » [800x600]

Intérieur

La mère de famille a quitté la maison,
Elle dort maintenant sous la colline verte.
Le père s’est assis dans la salle déserte,
Tandis qu’à l’âtre éteint fume un maigre tison ;

Le père s’est assis, les coudes sur la table,
Et pressant dans ses mains son front chargé d’ennui ;
Ses trois fils aux bras forts, rangés autour de lui,
Ne sauraient soulever le fardeau qui l’accable.

Mais la petite fille a neuf ans, pour le moins.
La petite descend, va, vient, court, se trémousse,
Elle commande aux gens et grossit sa voix douce,
Ménagère à l’œil bleu, qui jouait dans les foins !

(Louis Bouilhet)

 Illustration: Kate Perugini

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La première fille (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2015



La première
fille
que j’ai vue
aussi nue
qu’un jardin
en hiver
son frère
me l’avait
échangée
contre
des billes
au regard
de félins

Je mourais
de méningite
cérébrale
et ne savais
rien
de nos douze
ans
ni du jeu
de marelle
sous les jupes
Elle a dit oui
d’accord
je t’aime bien
tu sais

Puis
ôtant sa robe
à dix sous
je vis
ce qu’il y
avait dessous
Et même
dans ses yeux
ronds
aussi
parfaits
qu’un Parthénon
quand
ma mort s’en alla
entre
ses mains
de petite ménagère
des miracles
du corps

(Werner Lambersy)


Illustration: Sylvia Postel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La feuille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015


Le lait s’aigrit
dans l’office attiédi
un homme parle à l’autre
ardemment de la gnose
on voit se lever d’à genoux
la ménagère
une toute petite feuille morte
aux nervures rouges
collant à son auriculaire
à l’ongle ravagé.

(Jean Follain)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :