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Posts Tagged ‘menuisier’

Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Chanson du vitrier (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Chanson du vitrier

Comme c’est beau
ce qu’on peut voir comme ça
à travers le sable à travers le verre
à travers les carreaux
tenez regardez par exemple
comme c’est beau
ce bûcheron
là-bas au loin
qui abat un arbre
pour faire des planches
pour le menuisier
qui doit faire un grand lit
pour la petite marchande de fleurs
qui va se marier
avec l’allumeur de réverbères
qui allume tous les soirs les lumières
pour que le cordonnier puisse voir clair
en réparant les souliers du cireur
qui brosse ceux du rémouleur
qui affûte les ciseaux du coiffeur
qui coupe le ch’veu au marchand d’oiseaux
qui donne ses oiseaux à tout le monde
pour que tout le monde soit de bonne humeur.

(Jacques Prévert)


Illustration: Irving Penn

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Ce que tu vois, ce que tu touches (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2016



Ce que tu vois, ce que tu touches,
Ce qui t’arrive par l’oreille,
C’est le réel.

Ce que tu ne vois pas, mais que tu sens,
Cette angoisse du merle
Et tant de noces dans l’espace,
Ce que veulent les papillons,
Ce qu’éprouvait le menuisier,
C’est le réel.

Ce que tu ne vois pas et ne sens pas non plus,
Mais qui est confirmé par d’autres, plus savants,
L’infra-rouge, tous ces rayons qui percent l’air,
Les occultes géométries que l’on calcule,
L’univers de l’atome où la force prend forme,
C’est le réel.

Tout ce qui est réel
Mérite d’être vu.
Tout ce qui est réel
Mérite qu’on l’approche.

Tout ce qui est réel
Suit la ligne du beau.

Nous aurons la main
Sur tout le réel.
Nous le tiendrons à notre guise
Un jour qui se profile.

Nous emploierons les choses
En montant avec elles
Leur ligne de beauté.

Nous ferons de la terre
Avec tout ce qu’elle a
Et porte dans l’espace,

Nous ferons de la terre
Et de l’espace aussi
Une corolle immense,

Balbutiant la rosée
Au soleil qui lui vient.

(Guillevic)


Illustration

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Toc, toc (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



Nocturne

Toc, toc, toc toc, -il cloue à coups pressés ;
Toc, toc, -le menuisier des trépassés.
 » Bon menuisier, bon menuisier,
Dans le sapin, dans le noyer,
Taille un cercueil très grand, très lourd,
Pour que j’y couche mon amour.  »

Toc, toc, toc toc, -il cloue à coups pressés,
Toc, toc, -le menuisier des trépassés.
 » Qu’il soit tendu de satin blanc
Comme ses dents, comme ses dents ;
Et mets aussi des rubans bleus
Comme ses yeux, comme ses yeux.  »

Toc toc, toc toc, -il cloue à coups pressés.
Toc toc, -le menuisier des trépassés.
 » Là-bas, là-bas près du ruisseau,
Sous les ormeaux, sous les ormeaux,
A l’heure où chante le coucou,
Un autre l’a baisée au cou.  »

Toc toc, toc toc, -il cloue à coups pressés,
Toc, toc, -le menuisier des trépassés.
 » Bon menuisier, bon menuisier,
Dans le sapin, dans le noyer,
Taille un cercueil très grand, très lourd,
Pour que j’y couche mon amour.  »

(Jean Moréas)

 

 

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Naïf (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015



Merisier d'Europe– Je stipule,
dit le roi,
que les grelots de ma mule
seront des grelots de bois.

– Je stipule,
dit la reine,
que les grelots de ma mule
seront des grelots de frêne.

– Je stipule,
dit le dauphin,
que les grelots de ma mule
seront en coeur de sapin.

– Je stipule,
dit l’infante,
élégante,
que les grelots de ma mule
seront faits de palissandre.

– Je stipule,
dit le fou, que les grelots de ma mule
seront des grelots de houx.

Mais, quand on appela le menuisier,
Il n’avait que du merisier.

(Maurice Fombeure)

 

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DEMAIN LA VEILLE (extrait) (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2015



 

Ohara Koson  __

DEMAIN LA VEILLE (extrait)

Les pousses adoptent sous la terre
Un comportement menuisier
Patience et géométrie
Un atelier sans liberté
Polit des linteaux d’étamines

J’apprends à retarder les mots
Par un mimétisme pareil
Une prudence de fraisier
Dans un printemps frileux

Par les tiges souples du feu
Je connais le vent, cru
l’ouest
Je vois par un ramier
J’entends par un renard

Le chat m’ouvre un été
La tulipe un soleil

Par les lettres vertes de l’eau
Et par le corps heureux des pierres
Je connais l’issue et l’entrée :
une population d’oiseaux
une mouche dont je suis l’aile.

(Luc Bérimont)

Illustration: Ohara Koson

 

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Menuisier du roi (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2015



Olivier Stanislas Perrin  atelier-de-menuisier

Menuisier du roi

-Je stipule
dit le roi
que les grelots de ma mule
seront des grelots de bois.

-Je stipule dit la reine
que les grelots de ma mule
seront des grelots de frêne.

-Je stipule
dit le dauphin
que les grelots de ma mule
seront en coeur de sapin.

-Je stipule
dit l’infante
élégante
que les grelots de ma mule
seront faits de palissandre.

-Je stipule dit le fou
que les grelots de ma mule
seront des grelots de houx.

Mais quand on appela le menuisier
Il n’avait que du merisier.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Olivier Stanislas Perrin

 

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J’ai vu le menuisier (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2015



J’ai vu le menuisier
Tirer parti du bois.

J’ai vu le menuisier
Comparer plusieurs planches.

J’ai vu le menuisier
Caresser la plus belle.

J’ai vu le menuisier
Approcher le rabot.

J’ai vu le menuisier
Donner la juste forme.

Tu chantais, menuisier,
En assemblant l’armoire.

je garde ton image
Avec l’odeur du bois.

Moi, j’assemble des mots
Et c’est un peu pareil.

(Guillevic)

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2014



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie,
et bien peu m’importent
la hache qui fend
et la scie qui mord
de ses dents de chienne,
la griffe, la gouge !

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
non, rien ne m’importe,
galope, galope
sur moi ta varlope !

Changement minime !
Qui était ton toit,
ta table, ta chaise ?
Qui était ton lit ?

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
j’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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La fenêtre (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2014



La fenêtre

Elle est si jolie, la fenêtre,
Dans la lumière du printemps!
Elle est si jolie, la fenêtre
Où vient chanter l’oiseau du hêtre
Et fleurir le géranium blanc.

Qui dirait qu’à cette croisée
La fillette du menuisier
Est morte à l’aube en regardant
Chanter le bel oiseau du hêtre
Et fleurir le géranium blanc?

(Maurice Carême)

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