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Poésie

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Tu sais très bien que tu n’existes pas (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



    

Ce n’est pas la peine de parler de le réveiller dit tweedledum,
alors que tu n’es qu’un personnage de son rêve.
Tu sais très bien que tu n’existes pas.

– Mais si ! s’écria Alice en commençant à pleurer.

– Tu n’existeras pas plus en te mettant à pleurer, fit remarquer Tweedledee.
Ce n’est pas la peine de pleurer.

– Si je n’existais pas, dit Alice en riant à moitié à travers ses pleurs
tant tout cela lui paraissait ridicule, je ne pourrais pas pleurer.

– Parce-que tu crois que ce sont de vraies larmes ?
interrompit Tweedledee d’un ton extrêmement méprisant.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Je lève mon cœur lourd solennellement (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Je lève mon cœur lourd solennellement,
Comme Electre son urne sépulcrale,
Et, regardant dans tes yeux, je renverse
Les cendres à tes pieds. Vois, sois témoin
De la peine secrète amassée en moi,
Et comme les sauvages étincelles rougissent
La couleur des cendres. Si ton pied méprisant
Pouvait les refouler dans les ténèbres
Ce serait bien, peut-être. Au contraire si
Tu attends près de moi que le vent souffle
Cette poudre grise, … ces lauriers sur ta tête,
Ô mon aimé, ne te préserveront
Pas si bien que nul feu ne puisse roussir
Tes cheveux. Eloigne-toi donc de moi. Va.

(Elizabeth Browning)

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SOURIRE POLI (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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SOURIRE POLI

Je regrette le temps où nos deux cœurs jumeaux
Se querellaient. Un rien vous mettait en colère.
Vos caprices, changeants comme un spectre solaire,
Boudaient, criaient, mordaient ainsi que des marmots.

Aujourd’hui, dans vos yeux plus durs que des émaux,
L’orgueil calme fleurit tel qu’une fleur polaire.
Indifférente à tout, votre humeur me tolère
Et ne se cabre plus sous l’éperon des mots.

Ah ! qu’un éclair de rage en tes regards s’allume!
Fâches-toi ! frappe-moi ! prends mon front pour enclume !
Déchire-moi le cœur en lambeaux ! Manges-en!

Réveille-toi, terrible, en tigresse des jungles!
Mais ne me jette pas, avec l’air méprisant.
Ce sourire poli, poli comme tes ongles.

(Jean Richepin)

 Illustration: Martial Barrault

 

 

 

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