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Poésie

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Suite ininterrompue… (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Suite ininterrompue…

Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin

Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline

À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol

Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée

Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur

J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable

Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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La mer au seuil de la chambre (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 Jean-Paul Avisse -

La mer au seuil de la chambre
abandonne algues et conques.
Il n’est barque qui n’accoste
aux marches d’une alcôve,
ni bateau qui ne livre ses gréement
au havre d’une épaule.
La mer dans la chambre,
son soleil dans une main,
mouille aux sables de quatre murs
À l’heure où se meurt l’écume
commence l’odyssée d’un lit,
toutes voiles déployées
sur nos marées intérieures.

(Kettly Mars)

Illustration: Jean-Paul Avisse

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BERCEUSE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

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BERCEUSE

Mer, parle-moi des galets que tu roules…
N’es-tu jamais lasse ?
Des rochers dont tu fais du sable,
De tes rides, de tes bulles, de tes écumes, de ton odeur ;
Des pins que ta rosée fait jaillir de tes îles
Et que tes vents tourmentent ;
De tes aubes de lait;
Des poissons, des coquilles, des algues, des méduses
Qui naissent, se fécondent, se balancent en toi
Et de tous ceux qui meurent
N’es-tu jamais lasse ?

Parle-moi de la voûte du ciel qui t’attire,
Des étoiles qui voudraient se mirer dans tes eaux
Et dont tes vagues brisent, sans cesse, les images.
Du soleil qui te fuit à l’aurore, qui t’aspire, t’entraîne,
Que, le soir, tu voudrais retenir dans ta couche,
Qui t’échappe toujours

Parle-moi des galets.
N’es-tu jamais lasse

(André Spire)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Amour est le soleil levant (Ase-Marie Nesse)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Iceland Fish Deaths

Amour est le soleil levant
Sur les mers polluées

Poissons morts traînant vers le rivage
Le faux argent qui brille tristement.

(Ase-Marie Nesse)

 

 

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N’aies d’autres dieux devant moi (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Nicolas Poussin veau d'or p

Les murs ne tombent pas
[37]

N’aies d’autres dieux devant moi ;
pas sur la mer

nous ne supplierons Triton ou Dauphin,
pas sur la terre

nous n’élèverons de visage ravi ni de mains jointes
devant le laurier ou le chêne,

pas dans le ciel
nous n’invoquerons séparément

Orion ou Sirius
ou les admirateurs de l’Ourse,

pas dans les hautes sphères de l’air
d’Algorab, Regulus ou Deneb

nous ne demanderons
de l’aide — ou alors, le ferons-nous ?

***

Thou shalt have none other gods but me;
not on the sea

shall we entreat Triton or Dolphin,
not on the land

shall we lift rapt face and clasp hands
before laurel or oak-tree,

not in the sky
shall we invoke separately

Orion or Sirius
or the followers of the Bear,

not in the higher air
of Algorab, Regulus or Deneb

shall we cry
for help—or shall we?

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Nicolas Poussin

 

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Prière (Raquel Halfi)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Prière

Les piliers de la mer
descendent vers le bas
infiniment bleus
remontent vers le haut
jusqu’à l’infini du blanc
essayant s’efforçant
de m’unir au
pouvoir suprême
vers lequel aspire
ma pierre
la plus intérieure

Pierre dure
perdue
au bord des chemins
Pierre parmi les pierres des ruines
Pierre
seulement en priant
des gouttes dégoulinent
de ces piliers d’eau
la faisant reluire
comme une perle
posée sur le fond
de cette mer intérieure —
énigme obscure sans fond

(Raquel Halfi)


Illustration

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Il y a dans le Chant (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Josephine Wall    
    

Il y a dans le Chant
Plus que crépitement de flamme,
Plus que brassées de blanches floraisons
Ou même que feu roulant de galets dans la mer.
Il y a dans le Chant
Infiniment plus qu’étoiles nous ouvrant le chemin,
Qu’une auberge perdue tout au bout de la nuit
Ou que l’âme d’un peuple en avance
Sur Son destin.

Il y a dans le Chant,
Quand l’espace devient
Signe,
Au plus troublant de la clairière,
Là où le pas se fait allègre,
Un grand soleil qui vient nous visiter.

Il y a dans le Chant,
Plus caché que dans la moindre graine,
Une folle rumeur d’amour,
Une caresse au goût d’abeille,
Un secret matin de printemps,
Une promesse déjà tenue,
Un royaume au goût ardent,
Un souffle de tendresse venu nous relever.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Braises pour que brûle le monde (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Jesse Barnes _  [800x600]

Les murs ne tombent pas
[17]

… braises pour que brûle le monde,
car nous devons aller de l’avant,

nous sommes au carrefour,
la marée se refonde ;

elle découvre galets et coquillages,
si beaux et pourtant statiques, anciennes

pensées creuses, anciens usages ;
descendons vers la mer,

ramassons des algues sèches,
entassons du bois flotté,

allumons un nouveau brasier
et dans la fragrance

de sel brûlé et d’encens de mer
chantons de nouveaux péans au Soleil nouveau

de la régénération ;
Lui, nous l’avons toujours adoré,

nous avons toujours dit,
à jamais au grand jamais, Amen.

***

… coals for the world’s burning,
for we must go forward,

we are at the cross-roads,
the tide is turning;

it uncovers pebbles and shells,
beautiful yet static, empty

old thought, old convention;
let us go down to the sea,

gather dry sea-weed,
heap drift-wood,

let us light a new fire
and in the fragrance

of burnt salt and sea-incense
chant new paeans to the new Sun

of regeneration ;
we have always worshipped Him,

we have always said,
forever and ever, Amen.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Jesse Barnes 

 

 

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J’AVAIS TEINT LE FRONT (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Abdalieva Akzhan

 

J’AVAIS TEINT LE FRONT

J’avais teint le front avec laideur
au fond d’une rue sans soleil
recherchant l’emblème et la clef

Des marches infinies

Mais ta voix me devint ce message de soleil
de degrés sonores
afin que je me réveille au flanc de la mer

Désir arbre ancien
sein chaud connaissance suave
sein doux la fraîcheur des tombeaux
patrie engloutie

Nous marchâmes à côté des vagues
pour dormir ensemble parmi les pierres
souples et chaudes de feu et de mémoire

Les morts mâchent des remords
ceux qui ne se retournèrent pas sur l’autre flanc
ou ne connurent pas leur double emplacement

Cependant moi je te retrouverai
ombre sans fissure
dans l’éternité

Où deux mains et un baiser
allument le soleil

(Georges Themelis)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Qui-perd-gagne (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



qui-perd-gagne

J’ai perdu
la conque
j’ai gagné
la plage

j’ai perdu
la cruche
j’ai gagné
la source

J’ai perdu
la source
j’ai gagné
la cime

j’ai perdu
le galet
j’ai gagné
le fleuve

J’ai perdu
le fleuve
j’ai gagné
la terre

j’ai perdu
la tête
j’ai gagné
le nord

J’ai perdu
le nord
j’ai gagné
le sud

j’ai perdu
le sud
j’ai gagné
le soleil

J’ai perdu
le soleil
j’ai gagné
la pluie

j’ai perdu
la terre
j’ai gagné
la lune

J’ai perdu
la lune
j’ai gagné
le ciel

j’ai perdu
la pierre
j’ai gagné
la rue

J’ai perdu
la rue
j’ai gagné
la clé

j’ai perdu
la clé
j’ai gagné
la maison

J’ai perdu
la maison
j’ai gagné
l’âme

j’ai perdu
l’oeuf
j’ai gagné
l’oiseau

J’ai perdu
l’oiseau
j’ai gagné
l’envol

j’ai perdu
les plumes
j’ai gagné
l’air

J’ai perdu
l’air
j’ai gagné
l’eau

j’ai perdu
la trace
j’ai gagné
la face

J’ai perdu
la face
j’ai gagné
le feu

j’ai perdu
la nuit
j’ai gagné
la lune

J’ ai perdu
la lune
j’ai gagné
le ciel

j’ai perdu
pied
j’ai gagné
la mer

***

perder-ganhar

Perdi
o bûzio
ganhei
a praia

perdi
o pùcaro
ganhei
a fonte

Perdi
a fonte
ganhei
o monte

perdi
o seixo
ganhei
o rio

Perdi
o rio
ganhei
a terra

perdi
o tino
ganhei
o norte

Perdi
o norte
ganhei
o sul

perdi
o sul
ganhei
o sol

Perdi
o sol
ganhei
a chuva

perdi
a terra
ganhei
a lua

Perdi
a lua
ganhei
o céu

perdi
a pedra
ganhei
a rua

Perdi
a rua
ganhei
a chave

perdi
a chave
ganhei
a casa

Perdi
a casa
ganhei
a alma

perdi
o ovo
ganhei
a ave

Perdi
a ave
ganhei
o voo

perdi
as penas
ganhei
o ar

Perdi
o ar
ganhei
a âgua

perdi
o rasto
ganhei
o rosto

Perdi
o rosto
ganhei
o gosto

perdi
a noite
ganhei
o luar

Perdi
o luar
ganhei
o céu

perdi
o pé
ganhei
o mar

(Teresa Rita Lopes)

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