Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mer’

L’Ondine (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018




Le vent baise
Le miroir de la mer
Où se mire l’ondine
Cheveux de vagues
Sourire voyageur

Sur ses lèvres humides
Se pose le baiser
De l’écume et le flux
Et le reflux sont
Un rythme d’amour

La tempête cambre
Ses seins tendus
Et ses seins îles ou
Récifs fendent les flots

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Max Klinger

 

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SILEX (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



SILEX

Quartz d’ombre ou de nuit, incrusté dans la paix
des mers. Tumeur des craies serties de tes silices
noires. Tu es cri opaque du temps, serre
close des ères où tu entas
le bras novice des Ancêtres.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Jambes allongées (Taneda Santoka)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



Jambes allongées dans la mer agitée
Le voyage écoulé
Le voyage à venir.

(Taneda Santoka)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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RIEN N’EST PLUS BEAU (Michel Jonasz)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Oleg Zhivetin    [1280x768]

RIEN N’EST PLUS BEAU

Rien n’est plus beau
Que la neige aux cimes des montagnes
Rien n’est plus beau
Que nos deux mains lorsqu’elles se rejoignent
Rien n’est plus beau
Que la mer qui écume de rage
Rien n’est plus beau
Que tes yeux profonds où je voyage
Quand l’amour l’amour nous brûle le coeur
Quand l’amour nous fait trembler de bonheur
Dans un matin nouveau éclatant de blancheur
Rien n’est plus beau
Que la pluie qui parfume la terre
Rien n’est plus beau
Que tes bras qui me prenn’nt et me serrent
Quand l’amour nous brûle le coeur
Quand l’amour nous fait trembler de bonheur
Dans un matin nouveau éclatant de blancheur
Rien n’est plus beau.

(Michel Jonasz)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

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SI TU T´EN VAS (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Akzhana Abdalieva -  -  (14) [1280x768]

SI TU T´EN VAS

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tu m´oublieras
Les paroles d´amour
Ça voyage pas

Si tu t´en vas
La mer viendra toujours
Vers le rivage
Les fleurs sauvages
Dans les blés lourds
Viendront toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tu m´oublieras
Les blessures d´amour
Ne s´ouvrent pas

Si tu t´en vas
La source ira toujours
Grossir le fleuve
Les amours neuves
Vers les beaux jours
Iront toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tout finira
Les choses de l´amour
Ne vivent pas

Si tu t´en vas
La mort vaincra toujours
La fleur de l´âge
C´est son ouvrage
Malgré l´amour
Qui meurt toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Rappelle-toi
Les paroles d´amour
Ne s´envolent pas

Si tu t´en vas
Au-delà de la vie
Vers la lumière
Où les prières
N´arrivent plus
Elles sont perdues

Si tu t´en vas
Si t´en vas un jour
Dans ces coins-là
Nous parlerons d´amour
Comme autrefois

Si c´est possible…

(Léo Ferré)

Illustration: Akzhana Abdalieva

 

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POÈME VOTIF (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



POÈME VOTIF

Pour ce pays qui est déjà la mer
Avec ses pins chanteurs et ses yeux de bruyère ;

pour ces vagues couchées en leur voilure d’ombre
Et ces noyés captifs et ces oiseaux qui sombrent ;

Pour cette allée où je vais seul, brisant les branches,
Et ce duvet de neige dans les nids du silence ;

Pour ces jours de fruits mûrs, d’abeilles vendangeuses
Et ces buissons d’orties jonchés de tubéreuses ;

Pour ce voyage à perdre haleine où je n’atteins
Que des coraux épars et des phares éteints ;

Pour le lierre du vent et l’écume océane
Et les chambres désertes et le coeur qui se fane.

(Michel Manoll)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le sable des pavés (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




    
Le sable des pavés n’a pas la mer à boire
Ça sent la marée calme dans les amphis troublés
Des portes de secours sont ouvertes là-bas
Il suffit de pousser un peu plus, rien qu’un geste…

(Léo Ferré)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHRYSOLITHE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



CHRYSOLITHE

Le soleil s’est couché. Vert automne des laves.
Sèves et rêves mêlés du temps qui refleurit.
Déposés sur le glauque des ères. Herpe figée
des mers en feu qui ont tari.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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