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À la claire fontaine m’en allant promener (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




À la claire fontaine
M’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baigné

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Sous les feuilles d’un chêne,
Je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche,
Le rossignol chantait.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire…
Moi je l’ai à pleurer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

J’ai perdu mon amie
Sans l’avoir mérité.
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusais…

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierais

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que ma douce amie
Fût encore à m’aimer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

(Anonyme XVIIIème siècle)

Illustration: Pierre Duchesne

 

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Imagination d’enfant (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020




    
Imagination d’enfant

Ô toi image d’or,
miniature du bonheur,
au parler tendre et doux !
chaque mot mérite un baiser.

Étrange, distante, splendide
la pure fantaisie de l’enfance
tressaille à des pensées insondables pour nous,
vives et obscures félicités.

Quand les yeux deviennent graves
et que le rire s’éteint,
la Nature se souvient des jeux de titan
de son enfance toute-puissante :

forêts où filtre le soleil,
et habitent les elfes,
assemblées de géants, rencontres de titans,
fantaisies d’un jeune dieu.

Ces images te reviennent
dans le mystère de tes pensées ;
en ton coeur Dieu se souvient
de toutes les merveilles qu’Il a faites.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Rêve du Ciel (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Carlo Maria Mariani -   (6) [1280x768]

Rêve du Ciel

Tu fus trop proche d’un rêve du Ciel
Pour que le terrestre Amour te mérite.

(Lord Byron)

Illustration: Carlo Maria Mariani

 

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LA-BAS (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




LA-BAS

Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C’est pour ça que j’irai là-bas
Là-bas
Faut du coeur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L’or est à portée de tes doigts
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas
Y’a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi
On a tant d’amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir
Ici, tout est joué d’avance
Et l’on n’y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi, je ne suis pas bien né
Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas
J’aurai ma chance, j’aurai mes droits
N’y va pas
Et la fierté qu’ici je n’ai pas
Là-bas
Tout ce que tu mérites est à toi
N’y va pas
Ici, les autres imposent leur loi
Là-bas
Je te perdrai peut-être là-bas
N’y va pas
Mais je me perds si je reste là
Là-bas
La vie ne m’a pas laissé le choix
N’y va pas
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
N’y va pas
Libre continent sans grillage
Là-bas
Beau comme l’on n’imagine pas
N’y va pas
Ici, même nos rêves sont étroits
Là-bas
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas
On ne m’a pas laissé le choix
Là-bas
Je me perds si je reste là
N’y va pas
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas …

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

 

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Sur le banc devant la maison (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
Sur le banc devant la maison

Viens t’asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison,
femme, tu en as bien le droit,
voici quarante ans que nous sommes ensemble.

Cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
c’est aussi le soir de notre vie.
Tu as bien mérité, vois-tu, un peu de repos.

Maintenant, les enfants sont placés.
Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux,
comme quand nous avons commencé.

Femme, te souviens-tu?
Nous n’avions rien pour commencer, tout était à faire.
Et nous nous sommes mis à l’ouvrage.

Ça n’allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
Il nous en a fallu de l’amour,
et l’amour n’est pas ce qu’on croit au commencement.

Se serrer l’un contre l’autre, s’embrasser, se parler tout doux à l’oreille.
Ça, c’est bon pour le jour de la noce !
Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu’un jour.

C’est seulement après, qu’a commencé la vie.
Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger,
des vêtements et des souliers, ça n’a pas de fin.

Il est aussi arrivé qu’ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller
et moi, j’étais à l’ouvrage d’avant le jour jusqu’à la nuit tombée.
Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer.

Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire,
nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ?

Mais nous sommes restés fidèles l’un à l’autre,
et ainsi, j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
Nous avons eu de la chance d’être ensemble, les deux.

On s’est mis à l’ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
Le véritable amour n’est pas pour un jour.
C’est toute la vie que nous devons nous aimer, s’aider et se comprendre.

Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné.
Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine.

C’est pourquoi, cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
assieds-toi à côté de moi.
On veut pas parler, nous n’avons plus rien à nous dire.

Nous n’avons besoin que d’être les deux
et laisser venir la nuit,
bienheureux d’avoir bien rempli notre vie.

(Traduction du texte patois)

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

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L’aubépine (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2019


Un pré en pente, intelligent,
Qui s’étonnait de mériter
La gentillesse de l’aubépine.

(Guillevic)

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SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

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La Justice (Norge)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



La Justice

Omar, le bon Omar se précipite aux pieds du sultan-philosophe.
– Seigneur, pourquoi m’accabler de douleurs ?
Et qu’ai-je fait pour mériter vos châtiments ? –
D’où te vient cette idée, cher Omar, qu’on a ce qu’on mérite ?
Pour le coup, telle erreur mérite un châtiment.

(Norge)

Poème découvert chez Laboucheaoreille ici

 

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Quelqu’un qui dort en moi me mange et me boit (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018




Le poème que je ne dis,
celui-là que je ne mérite.
Peur d’être deux
sur la route du miroir :
quelqu’un qui dort en moi
me mange et me boit.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Au fond du lac terrible (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



au fond du lac terrible
au bord du lac instant
je viens chercher mon amour
dans la bouche l’hirondelle de sa mort
immobile et ravie

suspends l’amour dans ton amour
un seul cri de mon amour
brise le verre dans tous les yeux
est le seul coup d’archet
pour qui le monde eût mérité de vivre

(Martine Broda)

 

 

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