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PLACET POUR DES CHEVEUX (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



PLACET POUR DES CHEVEUX

Reine, acquiescez-vous qu’une boucle déferle
Des lames des cheveux aux lames du ciseau,
Pour que j’y puisse humer un peu de chant d’oiseau,
Un peu de soir d’amour né de vos yeux de perle ?

Au bosquet de mon coeur, en des trilles de merle,
Votre âme a fait chanter sa flûte de roseau.
Reine, acquiescez-vous qu’une boucle déferle
Des lames des cheveux aux lames du ciseau ?

Fleur soyeuse aux parfums de rose, lis ou berle,
Je vous la remettrai, secrète comme un sceau,
Fût-ce en Éden, au jour que nous prendrons vaisseau
Sur la mer idéale où l’ouragan se ferle.

Reine, acquiescez-vous qu’une boucle déferle ?

(Emile Nelligan)


Illustration: Renata Brzozowska

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Berceuse (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Berceuse

Au fond des bois
Couleur de faine,
La feuille choit
Si doucement
Que c’est à peine
Si on l’entend.

À la fontaine,
Le merle boit
Si doucement
Que c’est à peine
Si on l’entend.

À demi voix,
Si doucement
Que c’est à peine
Si on l’entend,

Une maman
Berce la peine
De son enfant.

(Maurice Carême)


Illustration: William Bouguereau

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Pour dix mille imbéciles… (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021




    
Pour dix mille imbéciles…

pour dix mille imbéciles un Spinoza
pour mille assassins un Véronèse

et chaque matin la rosée
et chaque soir le chant du merle

vivre dans le chaos des contradictions
survivre en se blindant, faisant semblant

à défaut d’une métaphore pour les génocides
on fait l’éloge de la pivoine

et plastronne que la vie est belle

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Milliards de manières de mourir
Traduction:
Editions: 99 neuvains

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Premier sourire du printemps (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



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Premier sourire du printemps

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
Il dit :  » Printemps, tu peux venir !  »

(Théophile Gautier)

Illustration

 

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Sera comblé (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Sera comblé

Celui pour qui l’espace
Ne sera pas dehors.

Ecoute en toi le merle
Comme il t’habite.

Regarde-toi par lui
T’étendre sur la plaine.

(Guillevic)

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Le jour où je vous vis pour la première fois (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021


Zylberman_Vassissilia

Le jour où je vous vis pour la première fois,
Vous aviez un air triste et gai : dans votre voix
Pleuraient des rossignols captifs, sifflaient des merles ;
Votre bouche rieuse, où fleurissaient des perles,
Gardait à ses deux coins d’imperceptibles plis ;
Vos grands yeux bleus semblaient des calices remplis
Par l’orage, et séchant les larmes de la pluie
A la brise d’avril qui chante et les essuie ;
Et des ombres passaient sur votre front vermeil
Comme un papillon noir dans un rais de soleil.

(Jean Richepin)

Illustration

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Les enfants lisent (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

classe 199

Les enfants lisent, troupe blonde ;
Ils épellent, je les entends ;
Et le maître d’école gronde
Dans la lumière du printemps

J’aperçois l’école entrouverte ;
Et je rôde au bord des marais ;
Toute la grande saison verte
Frissonne au loin dans les forêts.

Tout rit, tout chante ; c’est la fête
De l’infini que nous voyons ;
La beauté des fleurs semble faite
Avec la candeur des rayons.

J’épelle aussi moi ; je me penche
Sur l’immense livre joyeux ;
O champs, quel vers que la pervenche !
Quelle strophe que l’aigle, ô cieux !

Mais, mystère ! rien n’est sans tache.
Rien ! — Qui peut dire par quels noeuds
La végétation rattache
Le lys chaste au chardon hargneux ?

Tandis que là-bas siffle un merle,
La sarcelle, des roseaux plats,
Sort, ayant au bec une perle ;
Cette perle agonise, hélas !

C’est le poisson qui, tout à l’heure,
Poursuivait l’aragne, courant
Sur sa bleue et vague demeure,
Sinistre monde transparent.

Un coup de fusil dans la haie,
Abois d’un chien ; c’est le chasseur.
Et, pensif, je sens une plaie
Parmi toute cette douceur.

Et, sous l’herbe pressant la fange,
Triste passant de ce beau lieu,
Je songe au mal, énigme étrange,
Faute d’orthographe de Dieu.

(Victor Hugo)

 

 

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Devenir chat cerise ou merle (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Devenir chat cerise ou merle
dormir d’un oeil faire noyau
siffler

(Jean Joubert)

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TELLE QU’ELLE EST (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2020




    

TELLE QU’ELLE EST

Quand tu marches – ô Azizé – la gazelle se juge pesante et l’antilope entravée.
Quand tu souris – ô Azizé – les perles perdent aussitôt leur orient et les roses s’effeuillent, dépitées d’exhaler un parfum si grossier.
Quand tu chantes – ô Azizé – la fauvette critique le merle et le rossignol se tient coi.
Mais quand tu querelles – ô Azizé – le vézir et le calender se chamaillent et l’humanité entière doute de la bonté.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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PANORAMA PAISIBLE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration
    
PANORAMA PAISIBLE

De l’autre côté de la fenêtre
un jardin avec des orangers.

Entêtant
le parfum des fleurs

Pas d’hommes
pas de voitures
un ciel sans nuages

Seul un merle
chante du silence
la perfection.

*

Vredig panorama

Aan gene zijde van het venster
een tuin met sinaasappelbomen

Bedwelmend
het parfum der
bloesems

Geen mensen
geen auto’s
wolkeloos de hemel

Alleen een merel
die van de stilte
de volkomenheid bezingt.

*

宁静的全景图

窗户的另一边
有橘子树的花园
花朵的芳香
醉人
没人
没汽车
天空也无云
只有一只黑鸟
在颂扬寂静的
完美。

*

PEACEFUL PANORAMA

On the other side of the window
a garden with orange trees

Intoxicating
the perfume of the blossoms

No people
no cars
a cloudless heaven

Only a blackbird
praising the perfection
of silence.

*

PANORAMA SPOKOJU

Po drugiej stronie okna
ogród z drzewami pomarańczy
upajający
wonią kwiecia

Żadnych ludzi
żadnych samochodów
bezchmurne niebo

Tylko kos
pochwalnie sławi
doskonałość ciszy

*

FRIEDLICHES PANORAMA

Vor dem Fenster
blühen die Orangenbäume
und verbreiten ihren betäubenden Duft

Keine Menschen
keine Autos
wolkenlos der Himmel

Nur eine Amsel
die die Vollkommenheit
der Stille besingt.

*

PANORAMA APACIBLE

Al otro lado de la ventana
un jardín de naranjos

Embriagador
el perfume de las flores

Sin personas
sin coches
El cielo despejado

Tan solo un mirlo
ensalzando la perfección
del silencio.

*

PANORAMĂ PAȘNICĂ

La geam
portocali înfloriți,
parfum îmbătător

Nici oameni
nici mașini
doar cerul senin

Și mierla proslăvind
perfecțiunea liniștii
c-un tril.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 582
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Original Néerlandais / Chinois Chine Zhou Dao / Anglais Germain Droogenbroodt / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Allemand Wolfgang Klinck / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Sonnenberg
Editions: POINTS
    

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