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Poésie

Posts Tagged ‘mérveilleux’

Tous ces signes (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Adolphe Jourdan
    
Tous ces signes habitent le paradis de la promesse,
et mon illusion féminine. Je m’agite
entre ses bras créateurs –
Où es-tu ? Puise-moi
Prête-moi l’eau de ton coeur. Prends-moi vers toi,
vers les flammes de ton désir merveilleux.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Plus qu’à fermer les yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019




Toutes les tours d’ivoire seront démolies,
toutes les paroles seront sacrées
et l’homme s’étant enfin accordé
à la réalité qui est sienne
n’aura plus qu’à fermer les yeux
pour que s’ouvrent les portes du merveilleux.

(Paul Eluard)


Illustration: Odilon Redon

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Qui dira la richesse du merveilleux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Qui dira la richesse du merveilleux
le suc infini qui coule dans ses veines
Qui dira le sang
le saint sang
du silence

(Michel Camus)

Illustration

 

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La nuit (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



matisse

 

La nuit, les cerfs-volants,
le grand-duc et la lune
et les engoulevents…
et les chiens dans les fermes
et dans les bergeries,
les agneaux qui se plaignent…

J’ai vu sur la rivière
une brume étonnante
où dansaient des fantômes
ou des vierges ou des saintes.
Je me tenais très loin
de ces ronds de sorcières…
Je n’avais peur de rien
mais je claquais des dents.

Que les nuits étaient belles
et qu’il est merveilleux
d’avoir encore dix ans!

(Bernard Dimey)

Illustration: Henri Matisse

 

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Il nous reste à peupler la terre (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



François Malespine   -ici-maintenant-90cm-x-90cm-francois-malespine-2010

Il nous reste à peupler la terre
entre les pôles et la vie,
à chanter la joie et la nuit
qui nous prépare la lumière.
Tous les anges sont revenus
de leur croisière dans le ciel
et, près de nous, l’ombre n’est plus
que la caresse de leurs ailes,
rythme divin le jeu des flots,
murmure l’air et chant l’oiseau,
le paysage l’harmonie,
coeur le soleil à l’unisson
où les roses à fleur de sons
éclosent vers une autre vie.
Ferment des lèvres, liberté,
le Seul est maître de la cause,
à longueur d’échos, égarés,
recherchons la virginité,
moissonnons les fleurs planétaires
entre le songe et la beauté ;
nul plus que l’homme est le mystère
en route vers l’éternité…
Frères, étoiles, millions d’yeux,
il faut chanter comme l’on aime,
et le jour est si merveilleux
qu’il faut écrire le poème!

(Géo Libbrecht)

Illustration: François Malespine

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Le merveilleux chez cet être (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Pietro Annigoni beato-giovanni-angelico- -1983

Le merveilleux chez cet être:
toute source, en lui,
donne le jour à un ruisseau.
Avec le moindre de ses dons
descend une averse de colombes.

(René Char)

Illustration: Pietro Annigoni

 

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Encore une approche manquée… (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Encore une approche manquée…

Trop de mots, décidément.
Trop de mots tonitruants.

Elle n’hésite plus, désormais,
à se montrer au grand jour,
au creux de la main,
au fond de la gorge,
la faucheuse…
Il n’est plus temps de jouer
à déclarer mille fois son amour.
La terre, jusqu’à nouvel ordre,

n’a rien d’un théâtre
où se déploie le merveilleux.
Seul le froid s’invite dans l’air,
s’infiltre, se resserre,
épaissit le silence.
Il m’accompagne depuis l’enfance
ce silence glacé
dans le calme accablant
du noir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Dieu, aie pitié de ce jeune amant (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
dieu, aie pitié de ce jeune amant

Quand
je
t’embrasse,
je peux
survoler
toutes les choses
qui sont merveilleuses.

(Détruis-
le
tout de suite.)

***

god, have mercy on this young lover

When
I am kissingyou,
I can
look down
on all things
that are wonderful.

(Destroy
him
instantly.)

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

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