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Posts Tagged ‘messager’

Je suis celui que tu n’as pas aimé (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Je suis celui que tu n’as pas aimé
Je suis celui que tu as désiré
Dans le chemin de nuit
Je fais dormir les yeux obscurs de tes brebis.

Je suis le messager sur tes rochers
Et mon regard fait fondre tes rochers
Je suis la main qui fait couler
De tes sables l’eau lustrale.

Avec l’oeil et la main, la nuit et le rocher
Si profonde est la guerre de ces vastes terres
Que tu te tiens prisonnière
Et qu’à la nuit tu es ce que tu es.

(Pierre-Jean Jouve)

Illustration: Dmitriy Brodeckiy

 

 

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Cette averse (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019



Illustration: Leonid Afremov
    
Cette averse, Badoure, où ma langueur balance
A t’émouvoir, s’éloigne ainsi qu’un messager,
Écoutes-en tarir le battement léger
Dans nos coeurs, et l’amour s’enchanter de silence.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sais de quels temps reculés (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Neila Ben Ayed

    Je ne sais de quels temps reculés, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche.
Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.

Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s’est fait entendre;
ton messager est venu dans mon coeur et m’a secrètement appelé.

Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd’hui éperdue,
et une frémissante joie circule au travers de mon coeur.

C’est comme si le temps était venu pour moi d’en finir avec mon travail,
et je sens faiblement dans l’air un vestige odorant de ton exquise présence.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Ceci est mon délice d’attendre (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Ceci est mon délice d’attendre et d’épier ainsi sur le bord de la route
où l’ombre poursuit la lumière, et la pluie vient sur les traces de l’été.
Des messagers, avec des nouvelles d’autres cieux, me saluent et se hâtent le long de la route.
Mon coeur exulte au-dedans de moi, et l’haleine de la brise qui passe est douce.
De l’aube au crépuscule, je reste devant ma porte;
je sais que soudain l’heureux moment viendra où je verrai.
Cependant je souris et je chante, tout solitaire.
Cependant l’air s’emplit du parfum de la promesse.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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Les éolides (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



William Holman Hunt _-_Amaryllis [800x600]

Les éolides

O brises flottantes des cieux,
Du beau Printemps douces haleines,
Qui de baisers capricieux
Caressez les monts et les plaines !

Vierges, filles d’Eole, amantes de la paix,
La Nature éternelle à vos chansons s’éveille ;
Et la Dryade assise aux feuillages épais
Verse aux mousses les pleurs de l’Aurore vermeille.

Effleurant le cristal des eaux
Comme un vif essaim d’hirondelles,
De l’Eurotas aux verts roseaux
Revenez-vous, Vierges fidèles ?

Quand les cygnes sacrés y nageaient beaux et blancs,
Et qu’un Dieu palpitait sur les fleurs de la rive,
Vous gonfliez d’amour la neige de ses flancs
Sous le regard charmé de l’Epouse pensive.

L’air où murmure votre essor
S’emplit d’arome et d’harmonie :
Revenez-vous de l’Ionie,
Ou du vert Hymette au miel d’or ?

Eolides, salut ! O fraîches messagères,
C’est bien vous qui chantiez sur le berceau des Dieux ;
Et le clair Ilissos d’un flot mélodieux
A baigné le duvet de vos ailes légères.

Quand Theugénis au col de lait
Dansait le soir auprès de l’onde,
Vous avez sur sa tête blonde
Semé les roses de Milet.

Nymphes aux pieds ailés, loin du fleuve d’Homère,
Plus tard prenant la route où l’Alphée aux flots bleus
Suit Aréthuse au sein de l’étendue amère,
Dans l’Ile nourricière aux épis onduleux,

Sous le platane où l’on s’abrite
Des flèches vermeilles du jour,
Vous avez soupiré d’amour
Sur les lèvres de Théocrite.

Zéphyros, Iapyx, Euros au vol si frais,
Rires des Immortels dont s’embellit la Terre,
C’est vous qui fîtes don au pasteur solitaire
Des loisirs souhaités à l’ombre des forêts.

Au temps où l’abeille murmure
Et vole à la coupe des lys,
Le Mantouan, sous la ramure,
Vous a parlé d’Amaryllis.

Vous avez écouté, dans les feuilles blotties,
Les beaux adolescents de myrtes couronnés,
Enchaînant avec art les molles reparties,
Ouvrir en rougissant les combats alternés,

Tandis que drapés dans la toge,
Debout à l’ombre du hallier,
Les vieillards décernaient l’éloge,
La coupe ornée ou le bélier.

Vous agitiez le saule où sourit Galatée,
Et, des Nymphes baisant les yeux chargés de pleurs,
Vous berçâtes Daphnis, en leur grotte écartée,
Sur le linceul agreste, étincelant de fleurs.

Quand les vierges au corps d’albâtre,
Qu’aimaient les Dieux et les humains,
Portaient des colombes aux mains,
Et d’amour sentaient leurs coeurs battre,

Vous leur chantiez tout bas en un songe charmant
Les hymnes de Vénus, la volupté divine,
Et tendiez leur oreille aux plaintes de l’amant
Qui pleure au seuil nocturne et que le coeur devine.

Oh ! combien vous avez baisé
De bras, d’épaules adorées,
Au bord des fontaines sacrées,
Sur la colline au flanc boisé !

Dans les vallons d’Hellas, dans les champs Italiques,
Dans les Iles d’azur que baigne un flot vermeil,
Ouvrez-vous toujours l’aile, Eolides antiques ?
Souriez-vous toujours au pays du Soleil ?

O vous que le thym et l’égile
Ont parfumés, secrets liens
Des douces flûtes de Virgile
Et des roseaux Siciliens,

Vous qui flottiez jadis aux lèvres du génie,
Brises des mois divins, visitez-nous encor !
Versez-nous en passant, avec vos urnes d’or,
Le repos et l’amour, la grâce et l’harmonie !

(Leconte de Lisle)

Illustration: William Holman Hunt

 

 

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Tenez-vous prêts (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Pas une tombe des assassinés pour la liberté
qui ne fasse pousser une graine pour la liberté,
qui à son tour portera des graines,
Que le vent emporte au loin et reséme,
et les pluies et les neiges nourrissent.
Pas un esprit de son enveloppe corporelle
ne peut être délié par les armes des tyrans,
Qu’il ne parcoure invisiblement la terre,
en murmurant, conseillant, avertissant.

Liberté, que d’autres désespèrent de toi –
moi, jamais je ne désespère de toi.

La maison est close? Le maitre est absent ?
Tenez-vous prêts néanmoins, ne vous lassez pas de guetter,
Il va rentrer bientôt, ses messagers arrivent tout à l’heure.

(Walt Whitman)

Illustration

 

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La journée en feu (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



La porte brillait dans le jour en feu
mais les nattes des habitantes
ne tremblaient pas
l’une se penchait sur les eaux des chaudrons
et peint sur une faïence
un oiseau s’épuisait à chanter.
On vit entrer le messager
il avait dans ses mains
une lettre et un pain d’or
il parla
puis ce fut un silence austère
et tout le jardin embauma.

(Jean Follain)

Illustration: Vladimir Gusev

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Laylâ (Majnûn)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
Laylâ m’avait prié,
aux soins d’un messager,
De la voir en secret,
au plus fort de la nuit.
J’allai, malgré ma peur,
tout à me protéger,
A guetter les méchants,
veilleurs ou endormis,
Cette nuit, notre nuit,
rien ne vint la troubler…

(Majnûn)

 

Recueil: Le fou de Laylâ
Traduction:
Editions:

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FROIDURE PRINTANIÈRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
FROIDURE PRINTANIÈRE
Ly-y-Hane

Qui donc soutient et console celui qui se réveille de l’ivresse ?
… de l’ivresse des poètes,
qui est autre que celle du vin ?…

Voici que les cygnes sauvages ont fini de passer.
Ah ! j’ai dans le cœur mille choses douloureuses,
que je voulais confier à ces messagers rapides !…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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