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Poésie

Posts Tagged ‘messe’

DU SOIR AU LENDEMAIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Tamara de Lempicka
    
DU SOIR AU LENDEMAIN

Filles de la pluie et du beau temps
Filles fileuses de fil en quatre
Filles fabuleuses comme l’Orient
Filles du ciel et du marbre

C’est vous que l’on voit dans les rêves
semant ces songes à pleines mains
et qui fuyez comme les nuages
pour revenir le lendemain

Beaux serments et belles promesses
que vous distribuez gratuitement
et que vous reniez très sagement
un baiser vaut bien une messe

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Le Ranz des Vaches (Anonyme Suisse)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
Le Ranz des Vaches

1

Les armaillis des Colombettes
De bon matin se sont levés.

2

Quand ils sont arrivés aux Basses-Eaux
Le chancre me ronge! Ils n’ont pu passer.

3

Pauvre Pierre, que faisons-nous ici?
Nous ne sommes pas mal embourbés

4

Il te faut aller frapper à la porte,
A la porte du curé.

5

Que voulez-vous que je lui dise
A notre brave curé.

6

Il faut qu’il dise une messe
Pour que nous puissions passer

7

Il est allé frapper à la porte
Et il a dit ceci au curé:

8

Il faut que vous disiez une messe
Pour que nous puissions passer

9

Le curé lui fit sa réponse:
Pauvre frère, si tu veux passer

10

Il te faut me donner un petit fromage
Mais sans écrémer le lait.

11

Envoyez-nous votre servante
Nous lui ferons un bon fromage gras.

12

Ma servante est trop jolie
Vous pourriez bien la garder

13

N’ayez pas peur, notre curé
Nous n’en sommes pas si affamés

14

De trop « moler » votre servante
Il faudra bien nous confesser

15

De prendre le bien de l’Eglise
Nous ne serions pas pardonnés

16

Retourne-t’en, mon pauvre Pierre
Je dirai pour vous un Ave Maria.

17

Beaucoup de biens et de fromages vous souhaite
Mais venez souvent me trouver.

18

Pierre revient aux Basses-Eaux
Et tout le train a pu passer

19

Ils ont mis le kio à la chaudière
Avant d’avoir à moitié trait

REFRAIN

1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba (appel des vaches) pour traire (bis).
Venez toutes, les blanches, les noires,
les rouges, les étoilés sur la tête les jeunes, les autres,
Sous ce chêne où je vous traie,
sous ce tremble où je fabrique le fromage, Lyôba, lyôba, pour la traite (bis).

***

Lè j’armayi di Kolonbètè

TITRE DU CHANT EN FRANCAIS:
Le Ranz des Vaches

1
Lè j’armayi di Kolonbètè
Dè bon matin chè chon lèvâ.

2
Kan chon vinyê i Bachè j’Ivouè
Tsankro lo mè! n’an pu pachâ.

3
Tyè fan no ché mon pouro Piéro?
No no chin pâ mô l’inrinbyâ.

4
Tè fô alâ fiêr a la pouârta,
A la pouârta dè l’inkourâ.

5
Tyè voli vo ke li dyécho?
A nouthron brâvo l’inkourâ.

6
I fô ke dyéchè ouna mècha
Po ke no l’y pouéchan pachâ.

7
L’y è j’elâ fiêr a la pouârta
È l’a de dinche a l’inkourâ:

8
I fô ke vo dyécho ouna mècha
Po ke no l’y puéchan pachâ.

9
L’inkourâ li fâ la rèponcha:
Pouro frârè che te vou pachâ,

10
Tè fô mè bayi ouna motèta
Ma ne tè fô pâ l’èhyorâ.

11
Invouyi no vouthra chèrvinta
No li farin on bon pri grâ.

12
Ma chèrvinta l’è tru galéja
Vo porâ bin la vo vouêrdâ.

13
N’ôchi pâ pouêre, nouthron prithre,
No n’in chin pâ tan afamâ.

14
Dè tru molâ* vouthra chèrvinta
Fudrè èpè no konfèchâ.

15
Dè prindre le bin dè l’èlyije
No ne cherin pâ pèrdenâ.

16
Rètouârna t’in mou pouro Piéro
Deri por vo on’Avé Maria.

17
Prou bin, prou pri i vo chouèto
Ma vinyi mè chovin trovâ.

18
Piéro rèvin i Bâchè j’Ivouè
È to le trin l’a pu pachâ.

19
L’y an mè le kiô a la tsoudêre
Ke n’avan pâ la mityi aryâ.

Redzingon
1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba, lyôba, por aryâ (bis). Vinyidè totè, byantsè, nêre, Rodzè, mothêlè, dzouvenè ôtrè,
Dèjo chti tsâno, yô vo j’âryo, Dèjo chti trinbyo, yô i trintso, Lyôba, lyôba, por aryâ (bis).

(Anonyme Suisse)

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La messe (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Louis Janmot

    

La messe

Dimanches des vivants !

L’aube de la fête
fait trembler dans le sein
du frais jouvenceau
un brin d’herbe fraîche.

Dimanches de l’âme !

Quelle fièvre, quelle douleur
pour les vivants exposés
au soleil qui resplendit
sur la fraîcheur des cheveux.

Dimanches d’amour !

Il tremble de honte
pour l’amour découvert
dans sa blanche chemise
et ses pupilles ardentes.

Dimanches de Dieu !

***

La Messa

Domeniche dei vivi !

L’alba della festa
fa tremare nel seno
del.fresco giovinetto
un filo d’erba fresca.

Domeniche dell anima !

Che febbre, che dolore
esser vivi e mostrarsi
al sole che risplende
sopra i freschi capelli.

Domeniche d’aurore !

Egli è tutto vergogna
per l’aurore scoperto
nella bianca carnicia
e le pupille ardenti.

Domeniche di Dio !

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Poèmes de jeunesse et quelques autres
Traduction: Nathalie Castagné et Dominique Fernandez
Editions: Gallimard

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Pizza après la messe (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

hostie

Pizza après la messe

Au sortir de la messe
du couvent
des Clarisses
le vieux prêtre
m’attendait :
«Ça te dit une pizza, je t’invite
il y a une pizzeria super au coin de la rue. »

Je faillis lui répondre
amen.
La pizza était bonne
ses quatre-vingt-quatre ans
me parlaient
d’une foi
qui s’est enfuie
avec
les prêtres ouvriers
et
leurs fidèles.

Hommes noirs de suie
qui chantaient
L’Internationale
après
la messe.
Il me dit quelques mots
en arabe
qu’il avait appris
au contact
des premiers exploités
tunisiens
à qui la France
donna la chance
d’engraisser
les usines
Renault.
Il me dit enfin
«Saint François d’Assise
finit nu
face contre terre.»
L’église Saint-Pierre de Rome
brille encore
des indulgences
et du sang

des fidèles.
Avec nous
à table
je sentais
une troisième personne
qui rompait le pain
face à cet homme
simple
comme
une pizza
un verre d’eau
et l’amour
du père.

(Balbino)

 

 

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La poésie, c’est la célébration (Charles le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



 

Franz von Stuck -spring

La poésie, c’est la célébration.
Pas seulement la musique, mais la messe des mots.

Par la poésie, je veux pénétrer dans l’homme sacré
qui existe en tout être souvent à son insu.

La poésie, c’est la fulgurance de toutes ces voix en nous
qui finissent par vouloir n’en plus faire qu’une.

(Charles le Quintrec)

Illustration: Franz von Stuck

 

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Air de ronde (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



On dansa la ronde,
Mais le roi pleura.
Il pleurait sur une
Qui n’était pas là.

On chanta la messe,
Mais le roi pleura.
Il pleurait pour une
Qui n’était pas là

Au clair de la lune,
Le roi se tua,
Se tua pour une
Qui n’était pas là.

Oui, sous les fougères
J’ai vu tout cela,
Avec ma bergère
Qui n’était pas là.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Maurice Fombeure et son chat Papillon

(photo envoyée par sa nièce que je remercie pour sa grande gentillesse)

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Ce papillon blanc (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




    
Ce papillon blanc
un mistral de zéphir
le déhanche après la messe
par les collines
jusqu’où il va

il se ferme sur une ombelle

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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Voici le long festin de pierres (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Max Mitenkov  the_fogman_by_vimark-d462ddz

Voici le long festin de pierres
Toutes celles qui m’ont blessé
L’orgue moulu par les idoles
Dont les crocs ont percé le masque
Me joue une messe burlesque
Les yeux aimés la belle épaule
L’ange de moi s’est détourné
Tous les poisons sont vendangés

Voici le grand festin amer
Où tous mes regrets sont muets
Je n’ose pas les regarder
Un regard les ferait pleurer
C’est le festin du grand désert
Tous les mirages me condamnent
Encore au loin l’ange ricane
Tous les poisons il faut les boire

Voici qu’au grand festin de mots
Il règne un silence de mort
Les mots d’amour sont défendus
Et je consterne les convives
A peine ai-je osé murmurer
J’entends ses pas fuir mon ouïe
J’écoute et je m’entends mourir
Me souvenant des pas anciens

Quelques-uns dans les escaliers
En se hâtant vers quelque fête
Faisaient rouler un bruit de dés
Dans le coeur inquiet du poète
Et je gagnais en ce temps-là
Je te gagnais à chaque pas
As-tu oublié nos baisers
L’art du désert va m’effacer

Qui a joué qui a gagné
Ma sirène dans la tempête
Et moi je suis le naufragé
Reclus dans la terre promise
L’amour est là à partager
Personne ne vient y toucher
Et la maison qui abritait
Ce que l’amour pouvait sauver

Est vide et sur le palier noir
Dédié au parfum que tu laisses
C’est le froid seul qui est resté
Tu as oublié d’emporter
Ton souvenir que j’embrassais
Derrière la porte fermée
Toi la beauté qui n’apparais
Que pour chasser celle des autres

Sans fin les bruits du monde passent
Leur rouleau de fer sur mes rêves
Pour te préparer un chemin
Mais tu n’arrives pas j’écoute
Je n’entends que les pas des autres
Reviens reviens que je te dise
Ferme les yeux quand je t’embrasse
Que vois-tu je vois le beau temps

(Ernest Delève)

Illustration: Max Mitenkov

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FLORENCE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Florence 1

FLORENCE

I
Meurs, Florence, ô Judas,
Disparais dans les ténèbres séculaires !
A l’heure de l’amour, je t’oublierai,
A l’heure de la mort, je ne serai pas avec toi !

O belle, moque-toi de toi-même,
Car tu as perdu ta beauté !
Un rictus putride, un rictus de mort
A défiguré tes traits !

S’égosillent tes automobiles,
Sont hideuses tes maisons,
A la jaune poussière européenne
Pourquoi donc t’es-tu livrée !

Dans la poussière, tintent les vélocipèdes,
Là, où le saint moine fut brûlé,
Là, où Léonard a su percer les ténèbres,
Où Fra Beato un rêve bleu a rêvé !

Tu réveilles les Médicis somptueux,
Tu piétines tes propres lis,
Mais tu ne sais pas te faire renaitre,
De la poussière, de la cohue des boutiques !

Le long gémissement nasillard de la messe
Et l’odeur de cadavre des roses dans tes églises,
Tout le poids de la tristesse séculaire,
Disparais donc dans les siècles purificateurs !

IV
Les pierres surchauffées brûlent
Mon regard enfiévré.
Les iris brumeux, dans la fournaise
Semblent vouloir s’envoler.

O tristesse sans issue,
Je te connais par coeur !
Dans le ciel noir de l’Italie
Je mire mon âme noire.

(Alexandre Blok)

 

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Retouche à Mozart (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017




    
retouche à Mozart

A la messe du Diable
dans le vol de flèches que traversent les anges
la voix qui monte toujours plus haut
jusqu’au silence
va chercher la réponse de Dieu

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

https://arbreamusiques.wordpress.com/2017/01/16/messe-en-ut-mineur-kv-427-wolfgang-amadeus-mozart/

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