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LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE

Qui dit que je vis tristement s’égare.
Ne crois pas que les souvenirs me rongent.
Je rends peu de visites à ma mémoire,
D’autant qu’elle dit beaucoup de mensonges.

Quand, lampe en main, au caveau je descends,
A chaque fois l’avalanche, il me semble,
Dans l’escalier étroit sourdement gronde.
La lampe fume, il n’y a point de retour,
Je descends chez l’ennemi de toujours ;
Alors, comme une grâce je demande…

Mais là — finie la fête. Tout est éteint.
Les dames sont rentrées il y a trente ans,
De vieillesse est mort le boute-en-train…
Malheur à moi — je suis venue trop tard.
Vrai, je ne peux me montrer nulle part.

Mais j’effleure les ornements du mur,
Je me chauffe à l’âtre. Et, enchantement! —
Dans le moisi, les miasmes, la pourriture
Deux émeraudes vont étincelant
Et un chat miaule. À la maison, rentrons!
Mais où est ma maison ? et ma raison ?

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Le chat blanc (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



cartoon doodle illustration of kitten and mouse for coloring book

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Le chat blanc

Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d’avoir mal aux dents
disait en miaulant :
« Souris mon amie
j’ai bien du souci.
Le docteur m’a dit :
– Tu seras guéri
si entre tes dents
tu mets un moment,
délicatement,
la queue d’une souris ».
Très obligeamment
souris bonne enfant
s’approcha du chat
qui se la mangea.

Moralité :
Les bons sentiments
ont l’inconvénient
d’amener souvent
de graves ennuis
aux petits enfants
comme-z-aux souris.

(Claude Roy)

 

 

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La grande comédie du monde (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



La grande comédie du monde
La grande tragédie de l’homme
Qui meurt à chaque heure, silencieux comme le vent
Qui se cherche dans les chats qui miaulent contre la fleur
Qui s’égare dans les fleurs obscures du mal
Qui se découvre dans la glace obscure du silence
Et s’égare dans le rêve fatal de chaque nuit.

***

La gran comedia del mundo.
La gran tragedia del hombre.
Que muere cada hora, silencioso como el viento.
Que se busca en los gatos que maúllan contra la flor.
Que se pierde en las flores oscuras del mal
Que se descubre en el espejo oscuro del silencio
Y se pierde en el sueño fatal de cada noche.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Odilon Redon

 

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Mon petit chat est noir (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



Mon petit chat est noir,
Noir comme du charbon.
On le croit sale, eh non!
Il est né noir, tout noir
De la queue au menton.

Mais eût-il la noirceur
D’un méchant diablotin,
Rien ne vaut sa douceur
Quand il miaule, au matin,
Pour me lécher la main.

(Maurice Carême)

Illustration

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration

 

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Eaux-fortes (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

bec_gaz

Eaux-fortes

La lune plaquait ses teintes de zinc
Par angles obtus.
Des bouts de fumée en forme de cinq
Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.

Le ciel était gris, la bise pleurait
Ainsi qu’un basson.
Au loin, un matou frileux et discret
Miaulait d’étrange et grêle façon.

Moi, j’allais, rêvant du divin Platon
Et de Phidias,
Et de Salamine et de Marathon,
Sous l’oeil clignotant des bleus becs de gaz.

(Paul Verlaine)

 

 

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D’où j’ai vu me sourire au loin votre brillant mirage? (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



Ainsi, ce chemin de nuage,
Vous ne le prendrez point.
D’où j’ai vu me sourire au loin
Votre brillant mirage?

Le soir d’or sur les étangs bleus
D’une étrange savane,
Où pleut la fleur de frangipane,
N’éblouira vos yeux;

Ni les feux de la luciole
Dans cette épaisse nuit
Que tout à coup perce l’ennui
D’un tigre qui miaule.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Henri Rousseau dit le douanier-rousseau

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Un chat perdu miaule (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

Coton [1280x768]

Un chat perdu miaule
Sous le couchant moutonneux
D’un champ de coton.

***

A lost cat mews
et fleeciness
tton field.

(Richard Wright)

 

 

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Le cheval chante (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Le cheval chante

Le cheval chante.
Le hibou miaule.
L’âne gazouille.
Le ruisseau hennit.

– C’est bien, mon enfant : joue avec les mots.

– Le triangle est rond.
La neige est chaude.
Le soleil est bleu.
La maison voyage.

– Tu as de la chance :

les mots sont amicaux
et généreux.

– Le poisson plane.
La baleine court.
La fourchette a des oreilles.
Le train se gratte.

– Je t’avais prévenu :
maintenant les mots te mordent.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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Tu as à la place du coeur un petit pain doré (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Tu as à la place du coeur
un petit pain doré
sous ton aisselle
une ville si moite
qu’elle miaule
entre tes jambes
de quoi brûler le paradis
de quoi éteindre les enfers
dans l’oeil
l’espace y joue à n’être plus l’espace
quelques bougies
pour que la mer se couvre
d’étoiles querelleuses
partout
l’odeur qui me résume
car je suis entre nuque et nombril
ton insecte sacré

(Alain Bosquet)

Illustration: Zofia Rozwadowski

 

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