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Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ? (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Comme s’éjouit, en liesse, bien tressée
de fleurs, sur le crin d’or d’une, la guirlande,
l’une à l’envi en avant pressant l’autre
pour être la première à baiser son front !

Bien heureuse est tout le jour cette robe
qui étreint son sein, puis semble s’épandre,
et cet or, que l’on appelle or filé,
ses joues et son col se plait à effleurer.

Plus joyeux encor ce ruban qui semble
jouir de sa pointe d’or, de manière
à presser et toucher le sein qu’il enlace.

Et la simple ceinture qui l’entoure
semble se dire : ici je veux serrer toujours.
Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ?

***

Quanto si gode, lieta e ben contesta
di fior sopr’ a’ crin d’or d’una, grillanda,
che l’altro inanzi l’uno all’altro manda,
come ch’il primo sia a baciar la testa !

Contenta è tutto i1 giorno quella vesta
che serra ‘1 petto e poi par che si spanda,
e quel c’oro filato si domanda
le guanci’e ‘1 collo di toccar non resta.

Ma più lieto quel nastro par che goda,
dorato in punta, con si fatte tempre
the preme e tocca i1 petto ch’egli allaccia.

E la schietta cintura che s’annoda
Ti par dir seco : qui vo’ stringer sempre.
Or che farebbon dunche le mie braccia ?

(Michel-Ange)

Illustration: Guillaume Seignac

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Michel-Ange à Vittoria Colonna (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Michel-Ange    
    
Michel-Ange à Vittoria Colonna

Je goûte auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme
Mais dont j’entends souvent la grande âme pleurer.

Je suis déjà si las des baisers de la terre
O femme au noble front par les chagrins terni,
Je ne trouve un peu d’ombre et de divin mystère
Que dans la profondeur de ton deuil infini !

Comment auprès de toi tenter la vaine épreuve
Des aveux dédaignés, des soupirs superflus ?
Toi si haute et si sombre en tes robes de veuve,
Toi dont l’espoir brisé ne s’éveillera plus ?

O ma nuit ! ô ma paix ! calme où se fortifie
Le magnanime élan, le généreux effort,
Je mets à tes pieds saints mon coeur que purifie
La blancheur d’un amour qui ressemble à la mort.

(Renée Vivien)

 

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Avec ce coeur de soufre et cette chair d’étoupe (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



michel-Ange

Avec ce coeur de soufre et cette chair d’étoupe,
avec ces os qui sont pareils à du bois sec,
avec une âme qui dédaigne freins et rênes,
avec un désir prompt à trop d’ardeur,
avec une raison aveugle, débile et boiteuse
et les gluaux, les pièges dont le monde est plein,
ce n’est pas grand merveille si, en un éclair,
je flambe au premier feu qu’on rencontre en chemin.

(Michel-Ange)

 Illustration: Michel-Ange

 

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Je viens m’abriter sous tes cils (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2015



mon vif désir ne peut, pour mon malheur,
ne pas le revoir en ton être mortel.

Comme du feu la chaleur, mes pensées
ne peuvent être abstraites du beau éternel,
louant qui le créa et plus lui ressemble.

Puisqu’en tes yeux tient tout le paradis,
pour remonter où d’abord je t’aimai,
ardant, je viens m’abriter sous tes cils.

(Michel-Ange)


Illustration: Kees van Dongen

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Depuis maintes années (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2015



Depuis maintes années cent fois je fus
brisé, vaincu, puis blessé et tué
par toi, de ma faute ; or, le chef chenu,
vais-je encor me fier à tes sottes promesses ?

Que de fois as-tu lié, que de fois dénoué
mes pauvres membres, et tant piqué mon flanc
qu’à peine en moi-même je puis rentrer,
baignant ma poitrine d’un flot de larmes.

Je te parle, Amour, de toi je me plains,
libéré de tes leurres : à quelle fin
prendre l’arc cruel et tirer en vain?
C’est honte d’offrir à la scie, aux vers
un bois calciné, ou courir après
qui a perdu la souplesse et l’élan.

Mes yeux ont ouvert l’huis à mon venin,
quand aux âpres dards livrèrent passage.
Nid et refuge ai offert aux doux regards
en ma mémoire, que rien n’effacera.

Endure est mon coeur, et mon sein soufflet
pour forger les soupirs dont tu me brûles.

(Michel-Ange)

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