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Posts Tagged ‘(Michèle Voltaire Marcelin)’

Mon coeur (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Alberto Pancorbo -El-candado

Mon coeur

Mon coeur sert tant et si souvent
que la rouille ne s’y installe pas
Il faut à chaque fois y changer la serrure
Le dernier amant garde toujours la clef

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Alberto Pancorbo

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Ardoise (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 Haiti_old_woman

Ardoise

l’enfance fut verte et douce
inondée de soleil
la mer se fondait au ciel
à seize ans je voulus mourir par amour
on mit mon coeur à l’asile avec les fous
puis je vis passer des soldats
qui arrachèrent l’espoir et le mirent en prison
vers les trente ans on me perça le coeur
la balle ne fit qu’un trou
pour rire on me laissa la vie
je devins pierre au bord des routes
un enfant m’apporta la beauté de son rire
et l’eau claire de ses jours
je devins papillon
les fleurs étaient belles dans l’été
j’ai vécu la moitié de mes jours
lettre gardée dans un tiroir
femme chandelle fourmi rouge
rêve qui interprète le soir
quand j’ai quitté cet illusoire espace
je n’ai gardé que peu de chose
des poèmes, quelques visages
et l’ombre de mon ciel d’enfance

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration

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Mensonge (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



 

Mensonge

Ils m’ont menti,
ceux qui m’ont dit un jour
je serais plus tranquille.

Ils m’ont trompée.
Rien ne meurt avec l’âge.
Ni l’envie d’amour,
ni celle des baisers.

Et mon coeur fou me fait parfois oublier
ce corps encombrant alourdi par les ans.
Si facilement séduit pourtant,
si passe de trop près,
un homme aux yeux trop doux.

Et je tressaille du même désir,
cent fois retrouvé,
quand un danseur me chavire,
ses doigts agrafés à mon cou.

Quelle chaleur soudain
m’envahit à un éclat de rire?
Me donne envie
de mordre à pleines dents
ces lèvres heureuses?

Ils m’ont menti.
Je ne fais deuil de rien.

J’ai dans mes jambes
des envies de courses à perdre haleine
dans les broussailles inondées de soleil,
vert et ciel mélangés,
cheveux défaits,
épaules nues au vent.

Des envies de culbutes
aux membres emmêlés.
De baisers dont la saveur
serait celle de la pulpe des mangues,
et m’empliraient la bouche
de leur sirop de miel.
D’une langue qui aurait la fraîcheur
de l’eau d’une fontaine.

J’ai des envies
de sexes durs comme du verre.
Des envies de peau chaude et d’aisselles
dont je lécherais le sel,
et plus bas encore
dans l’odeur de fougère.

Je rêve à la brûlure si douce
du sable à la plante des pieds.
Du cri arraché au plaisir
comme celui de l’oiseau soudain désencagé.

J’ai dans mes mains des envies de caresses,
dans mes oreilles le doux gémir
qui suit une nuque frôlée.

Et vous passez sans me voir,
laissant flotter autour de moi
votre parfum de bête libre.
Sans savoir que mes yeux
vous ont déjà appuyé contre ce mur,
et mes bras cadenassé votre corps.
Que je vous ai de la tête aux pieds,
comme une menthe, sucé.

N’avez-vous pas senti mes doigts
dans vos cheveux?
Et du plus loin que je me garde,
très loin de vous,
lorsque je vous regarde,
ne sentez-vous pas cette jouissance
qui roule en moi?

Vous ne savez donc pas
qu’ils m’ont menti,
ceux qui m’ont dit un jour,
je serais plus tranquille?

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Bill Viola

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Ma Solitude (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



 Siegfried Zademack -  - (18)

Ma Solitude

Ma Solitude est une Princesse de Bordel
Elle a une couronne d’aubépine
Et des roses sur la poitrine
Elle a un sexe de géranium
Elle a des plaintes d’harmonium
Ma Solitude est une Putain fière
Parfumée de dentelle ancienne
Prise au piège des prières
Elle offre un baiser sur les lèvres
A un mendiant pour une aumône
Ma Solitude est préposée aux Portes du Palais
Elle est perdue dans les couloirs
Fleurie de lys et d’hortensias
Mille étoiles percent ses paupières
Mille battements d’ailes chavirent son coeur
Ma Solitude est une Vierge crucifiée
Parée de mille fleurs exfoliées
Et je lui chante des louanges
Dans le bleu des cierges incendiés

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Siegfried Zademack

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