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Poésie

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Entre inattendu et inespéré (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration (cette photo a une histoire)
    

Entre inattendu et inespéré, affleure
Une vie cachée que le temps a mise en miettes.
Clapotis et chuchotis nous restituent
Les jades de jadis, parmi maintes lunes, égarés.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON D’AMOUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

orme

CHANSON D’AMOUR

BALAIE la maison,
suspends de frais rideaux
aux fenêtres
mets une robe neuve
et viens avec moi !

L’orme éparpille
ses miettes
d’odeurs douces
du haut d’un ciel blanc !

Qui entendra parler de nous
dans les temps à venir ?
Que l’on dise qu’il y eut
un éclat de parfum
émané de branches noires.

***

LOVE SONG

SWEEP the house clean,
hang fresh curtains
in the windows
put on a new dress
and come with me !

The elm is scattering
its little loaves
of sweet smells
from a white sky !

Who shall hear of us
in the time to come ?
Let him say there was
a burst of fragrance
from black branches.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

http://www.livegalerie.com/Peinture,l_orme_de_St-Rodrigue,fortin_paysagiste,105181.html

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Voici mon âme (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Voici mon âme, son essence nue,
ses miettes d’éternité
que seuls peuvent exhaler les baisers,
avec des larmes
qui ne coulent plus

J’aime et je chéris
la pauvreté
du simple amour.

(Nicole Barrière)


Illustration: Tamara Lunginovic

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Ta mort (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



 

Illustration: Claude Monet
    
Ce n’est pas au moment où elle tomba sur toi,
ta mort, qu’elle fut la mort, ni lorsqu’on
t’emporta, comme un paquet, hors de chez nous,
dans une housse grise dont le gris de la nuit,

lui-même fut troublé, non, ce n’est pas à ce
moment-là qu’elle fut la mort, mais bien après
ton départ, lorsqu’elle explosa dans la vie,
vivante dans la cuisine, en chaque ustensile

sorti d’un placard, sur la nappe débarrassée
de ses miettes, après les repas, vivante dans
le jour accroché aux rideaux, dans le jeu des

mésanges que rassemble le pin, vivante dans
le jardin où les rhododendrons se souviennent
des regards attendris que tu portais sur eux.

(Richard Rognet)

 

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Dans les méandres des saisons
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES RUINES DE MEXICO (ÉLÉGIE DU RETOUR) (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LES RUINES DE MEXICO
(ÉLÉGIE DU RETOUR)

1
Absurde est la matière qui s’écroule,
la matière pénétrée de vide, la creuse.
Non : la matière ne se détruit pas,
la forme que nous lui donnons se désagrège,
nos oeuvres se réduisent en miettes.

2
La terre tourne, entretenue par le feu.
Elle dort sur une poudrière.
Elle porte en son sein un bûcher
un enfer solide
qui soudain se transforme en abîme.

3
La pierre profonde bat dans son gouffre.
En se dépétrifiant, elle rompt son pacte
avec l’immobilité et se transforme
en bélier de la mort.

4
De l’intérieur vient le coup,
la morne cavalcade,
l’éclatement de l’invisible, l’explosion
de ce que nous supposons immobile
et qui pourtant bouillonne sans cesse.

5
L’enfer se dresse pour noyer la terre.
Le Vésuve éclate de l’intérieur.
La bombe monte au lieu de descendre.
L’éclair jaillit d’un puits de ténèbres.

6
Il monte du fond, le vent de la mort.
Le monde tressaille en fracas de mort.
La terre sort de ses gonds de mort.
Comme une fumée secrète avance la mort.
De sa prison profonde s’échappe la mort.
Du plus profond et du plus trouble jaillit la mort.

7
Le jour devient nuit,
la poussière est soleil
et le fracas remplit tout.

8
Ainsi soudain se casse ce qui est ferme,
béton et fer deviennent mouvants,
l’asphalte se déchire, la ville et la vie
s’écroulent. La planète triomphe
contre les projets de ses envahisseurs.

9
La maison qui protégeait contre la nuit et le froid,
la violence et l’intempérie,
le désamour, la faim et la soif
se transforme en gibet et en cercueil.
Le survivant reste emprisonné
dans le sable et les filets de la profonde asphyxie.

10
C’est seulement quand il nous manque, qu’on apprécie l’air.
Seulement quand nous sommes attrapés comme le poisson
dans les filets de l’asphyxie. Il n’y a pas de trous
pour retourner à la mer d’oxygène
où nous nous déplacions en liberté.
Le double poids de l’horreur et de la terreur
nous a sortis
de l’eau de la vie.

Seulement dans le confinement nous comprenons
que vivre c’est avoir de l’espace.
Il fut un temps
heureux où nous pouvions bouger,
sortir, entrer, nous lever, nous asseoir.

Maintenant tout s’est écroulé. Le monde
a fermé ses accès, ses fenêtres.
Aujourd’hui nous comprenons ce que signifie
cette terrible expression : enterrés vivants.

11
Le séisme arrive et devant lui plus rien
ne valent les prières et les supplications.
Il naît de son sein pour détruire
tout ce que nous avons mis à sa portée.
Il jaillit et se fait reconnaître à son oeuvre atroce.
La destruction est son unique langage.
Il veut être vénéré parmi les ruines.

12
Cosmos est chaos, mais nous ne le savions pas
ou nous n’arrivions pas à le comprendre.
La planète descend-elle en tournant
dans les abîmes de feu glacé ?
Tourne-t-elle ou tombe-t-elle cette terre ?
Le destin de la matière est-il dans cette chute infinie ?

Nous sommes nature et rêve. C’est pourquoi
nous sommes ce qui descend toujours :
poussière dans les airs.

(José Emilio Pacheco)

Illustration

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Rondeau des moineaux qui prennent leur bain (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



Illustration
    
Rondeau des moineaux qui prennent leur bain

Pendant qu’elles prennent leur bain
Dans leurs baignoires de poussière
Les dames moineaux font les fières
La poussière ça va au teint

Les messieurs moineaux pour leur plaire
Leur offrent mes miettes de pain
Pendant qu’elles prennent leur bain

Certaines, des aventurières
Viennent picorer dans ma main
Aux pigeons je ne donne rien
Réservant ma tartine entière
Aux moineaux qui prennent leur bain

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’innocence nue (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


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Bloc intransigeant
Même réduit en miettes
Nous sommes la vie entière

Sous l’ignoble marteau
Chaque bris rejoint tous les cris
Chaque éclat

Clame l’innocence nue

(François Cheng)

 

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Le Seigneur a créé quelqu’un qui n’existe pas (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Le Seigneur a créé quelqu’un qui n’existe pas

Que les mensonges qui me constituent
fusent hors de mon corps,
hors de mon esprit.
Je vais cueillir Ta réponse
dans ma chambre noire
comme une dure étoile,
comme une fleur de marécage.
Donne-moi de naître
une fois à moi-même, selon la vérité.
L’immense rien qui est en moi
soupire, attend.
Toute ma douceur est dans une miette d’ombre.

(Maurice Chappaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Une vallée de larmes de joie et de douleurs (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Une vallée de larmes
de joie et de douleurs,
une vallée où nul
ne peut vivre sans pardon
ni garder une miette
pour soi.
Mais la beauté s’obtient
par l’amitié
d’une chose plus belle.
Ni vu ni connu :
il faut mourir pour renaître.

(Maurice Chappaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Wojtek Siudmak

 

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REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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