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TON SOUVENIR EST COMME UN LIVRE… (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
TON SOUVENIR EST COMME UN LIVRE…

Ton souvenir est comme un livre bien-aimé,
Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,
Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente.
Je voudrais, convoitant l’impossible en mes voeux,
Enfermer dans un vers l’odeur de tes cheveux,
Ciseler avec l’art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Emprisonner ce trouble et ces ondes d’émoi
Qu’en tombant de ton âme, un mot propage en moi :
Dire quelle mer chante en vagues d’élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d’automne dans les bois ;
De l’heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l’écho presque religieux
D’un ancien baiser attardé sur tes yeux.

(Albert Samain)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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La Porte (Simone Weil)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2022



    

La Porte

Ouvrez-nous donc la porte et nous verrons les vergers,
Nous boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
La longue route brûle ennemie aux étrangers.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.

Nous voulons voir des fleurs.
Ici la soif est sur nous.
Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.

Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.
Il faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;

Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.
La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir…

La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence
Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Fut soudain présent de part en part, combla le coeur,
Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière.

Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu

(Simone Weil)

Recueil: Les poètes de Dieu (Pierre Haïat)
Editions: Philippe Lebaud

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« Il doit y avoir… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration : Pierre Faure
    
« Il doit y avoir… »

Il doit y avoir une couleur à découvrir,
Un assemblage de mots caché,
Il doit y avoir une clef pour ouvrir
La porte de ce mur démesuré.

Il doit y avoir une île au Sud,
Une corde plus tendue et résonnante,
Une autre mer qui nage dans un autre bleu,
Une autre hauteur de voix qui chante mieux.

Poésie tardive toi qui n’arrives
A dire pas même la moitié de ce que tu sais :
Ne te tais pas, si possible, ne renie pas
Ce corps de hasard où tu ne tiens pas.

***

«Há-de haver…»

Há-de haver urna cor por descobrir,
Um juntar de palavras escondido,
Há-de haver urna chave para abrir
A porta deste muro desmedido.

Há-de haver uma ilha mais ao sul,
Urna corda mais tensa e ressoante,
Outro mar que nade noutro azul,
Outra altura de voz que melhor cante.

Poesia tardía que não chegas
A dizer nem metade do que sabes:
Não calas, quanto podes, nem renegas
Este corpo de acaso em que não cabes.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Si c’était la lumière (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022




    
Si c’était la lumière qui tenait la plume
l’air même qui respirait dans les mots,
cela vaudrait mieux.

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vie qui va (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Charles-Trenet 8 [1280x768]

La vie qui va

{Refrain:}
C´est la vie qui va toujours
Vive la vie
Vive l´amour
La vie qui nous appelle
Comme l´amour elle a des ailes
Oui c´est elle qui fait chanter la joie
Quand tout vit c´est que tout va
Quand tout va la vie est belle
Pour vous et pour moi
Je sais bien que demain tout peut changer
Je sais bien que le bonheur est passager
Mais après les nuages
Mais après l´orage
On voit se lever joyeux
L´arc-en-ciel dans vos yeux
Tout est beau comme un mirage
Quand la vie va mieux.

Vous qui rêvez d´un désir fou
Vous qui chantez la jeunesse
Vous qui pleurez d´un air très doux
Le cœur empli de tendresse
Stop! Arrêtez-vous un instant
Écoutez la marche du temps…
Voici la vie

{au Refrain}

La vie va mieux
La vie va mieux
Pour vous et pour moi
C´est la vie qui va!

(Charles Trenet)

 

 

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SOUS LE PONT (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021




SOUS LE PONT

Quoique la Grande Loterie
vous habitue à la soumission,
il doit en convenir : il espérait mieux.
I1 espérait toucher un corps
plus ambitieux, aux bras capables
de joindre l’utile à l’agréable,
aux lèvres non bégayantes.
I1 espérait au moins bénéficier
d’un minimum de chaleur autour de l’os !
Or il habite une carcasse
de Christ rompu, avec des gestes de grabataire,
des poumons qu’irritent les gaz
d’embouteillage,
6 heures, au sortir du carton.

(Gérard Noiret)

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Banc et branche (Stéphane Bernard)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2021




Illustration: ArbreaPhotos

    
Banc et branche

Des volumes de sang ou de sève,
horizontaux ou dressés,
tournoient, nagent, croissent,
sont secoués,
se taisent, chantent ou bruissent.
Des ondes froissent et se froissent.

Dehors est ce bloc de vies
dans quoi les deux nôtres figées on pris.
Face à face, œil contre œil,
un courant nous sépare.

Héron, n’être qu’instinct, comment est-ce ?
Vaut-il mieux être un homme ?
L’intelligence est un leurre.
Nous ne pouvons rien saisir,
pas de message,
n’avons rien à transmettre qu’un cri.

(Stéphane Bernard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Combattant varié
Traduction:
Editions: Aux Cailloux des Chemins

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Un oiseau sans ailes (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
Un oiseau sans ailes
s’est posé dans mon nid.

Je m’occupe d’elle, j’aide à ce
que repoussent ses ailes.

Me quittera-t-elle pour retrouver
son ciel quand elle ira mieux?

Ou m’apprendra-t-elle à la retrouver
entre quatre cieux?

(Mathias Malzieu)

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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QUI (Roger Milliot)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2021



Illustration: Marie Coisnon
    
QUI

Qui parle en moi, qui me regarde, d’où ?
Qui dit le bien, le mieux, le pire ?
Qui veut l’amour, qui nie l’amour ?
Qui perce des issues, qui ouvre des gouffres ?
Qui se sent étranger ?
Qui habite le vide
Où ce grand cri résonne ?
Qui tient haut les étoiles ?
Qui veut la vie, qui veut la mort ?

(Roger Milliot)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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À la base, Le minéral (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
À la base,
Le minéral.

Toutes ces lignes, ces courbes,
Ces circonvolutions

Qui sur la terre prennent du corps,
Deviennent des formes,

Traquées par les tensions
Qui traversent l’espace
Et le régissent, tensions

Entre le soleil proche
Et les milliards
D’astres à la recherche
De quelque chose à faire
De mieux.

La douceur, la tiédeur
La rondeur du sein

(Guillevic)

 

Recueil: Accorder poèmes 1933-1996
Traduction:
Editions: Gallimard

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