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Poésie

Posts Tagged ‘mieux’

J’ai enlevé le masque (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
J’ai enlevé le masque et me suis vu dans le miroir…
J’étais l’enfant d’il y a tant d’années…
Je n’avais pas du tout changé…

Voila l’intérêt qu’il y a à savoir ôter le masque.
On est toujours l’enfant,
Le passé qui demeure,
L’enfant.

J’ai enlevé le masque, et puis je l’ai remis.
Comme ça c’est mieux.
Comme ça je suis le masque.

Et je retourne à la normale comme on arrive au terminus.

***

Depus a máscara e vi-me ao espelho…
Era a criança de há quantos anos…
Não tinha mudado nada…

É essa a vantagem de saber tirar a máscara.
É-se sempre a criança,
O passado que fica,
A criança.

Depus a máscara, e tornei a pô-la.
Assim é melhor.
Assim sou a máscara.

E volto à normalidade como a um términus de linha.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Álvaro de Campos – Anthologie essentielle
Traduction: Patrick Quillier
Editions: Chandeigne

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ANTOINETTE ET MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



ANTOINETTE ET MOI

Antoinette et moi
On va dans les bois.
On connaît un coin
Où n’y a qu’des lapins.

Antoinette et moi
On va dans les bois.
C’est à qui des deux
Grandira le mieux.

Quand on sera grand
On s’ra des amants
On s’embrassera
Comme Elise et Nicolas.

Mais il faut pousser
Pour bien s’emboîter
Et pas avoir peur
De perdre sa pudeur.

On s’ra des amants
Des bouches, des bras
Des regards flambants
Des et cætera.

Mais il faut grandir
On est trop petits
C’est comme un navire
Qui s’rait pas bâti.

Antoinette et moi
On va dans les bois
Pour grandir ensemble
Un peu chaque fois.

Elle me tire les jambes
Je lui tire les bras
Elle me tire la langue
Je lui tire les doigts

A force de tirer
De nous faire craquer
On doit bien gagner
Un peu d’chaque côté.

Parfois on s’met nus
Quand y’a du soleil,
Ça frappe la vue
Qu’on n’est pas pareils.

Mais on est bien fait
Pour se délecter:
Sa peau c’est du lait
Et moi j’suis du thé.

Et quand on s’endort
Tous les deux comme ça
Je sens très très fort
Que je n’mourrai pas.

(René de Obaldia)

Illustration: Joane Michaud

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Agir et penser comme un chat (5) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’aime dans le chat cette indifférence
avec laquelle il passe des salons
à ses gouttières natales.

(René de Chateaubriant)


A ma connaissance, le chat demeure
le seul animal dont toutes les émotions
se lisent au travers de l’orientation des oreilles,
pupilles et battements de queue.

(Anne Calife)


Quand je joue avec mon chat,
qui sait s’il ne s’amuse pas plus de moi
que je fais de lui ?

(Michel de Montaigne)


Il est des beautés qui excèdent le vocabulaire.
Les chats appartiennent à cet ordre.

(Louis Nucéra)


Le chat se contente d’être,
c’est le verbe qui lui va le mieux.

(Louis Nucéra)


La seule personne qui me comprenne,
sur cette terre,
c’est mon chat.

(Diane Gontier)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Je ne saurais rien dire de cet état (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



Illustration: El Greco
    
je ne saurais rien dire de cet état,
où je fus happé derrière l’horizon.

Comme renversé d’amour,
les nerfs aiguisés à la braise,
les veines meurtries au vivant.

Oui, le très vivant.

Ce qui n’en finit pas
de prendre visage
entre deux apparences.
C’est, tellement.

Et l’on voudrait que cette spirale
qui noue coeur et ventre
fût traduite au mieux du monde.

On voudrait
l’exact sanglot de la ténèbre,
la fièvre de tous les rires.
Et la décomposition même,
si parfaite.
Sa toute blancheur.

Pour mieux accueillir
le poudroiement.
Là où tout parle.
Où la pensée s’efface.
Où frémit
la nuque des étoiles.

Il faut aller vers ce ressac,
traverser les atomes,
sevrer la nuit.

Avec toutes les langues du vertige.
La secousse,
si belle.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Les groseilles (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017


groseilles

 

Ce qui sait le mieux
Parler du soleil,
Ce sont les groseilles.

(Guillevic)

 

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SOEUR MARlANA – BEJA (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Illustration
    
SOEUR MARlANA – BEJA

Les blés furent coupés. Maintenant
On voit mieux ma solitude.

***

SOROR MARIANA – BEJA

Cortaram os trigos. Agora
A minha solidão vê-se melhor

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

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La caresse d’un regard (Gilles Guilleron)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Le rire d’un enfant
la caresse d’un regard
et le monde va mieux

(Gilles Guilleron)


Illustration: Marie-Pierre Kuhn

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Bras tendus (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
Bras tendus, mieux entendre,
le temps remercie,
se dilate,
le temps aimanté

du battement des cœurs,
le reflux, même
appartient
au flux,

aucun horizon ne divise,
quand ils vont de pair,
ce qui vient,
ce qui réunit

(Pierre Dhainaut)

 

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On ne peut me connaître (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait place à mes lumières d’hommes
Un sort meilleur qu’aux nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu’ils croyaient être

On ne peut me connaître
Mieux que je te connais.

(Paul Eluard)

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Psychologie (Valentin Bérestov)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Psychologie

« Quelle vie de chien! » dit le chat.
Et il se sentait mieux déjà.

(Valentin Bérestov)


Illustration: ArbreaPhotos

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