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Posts Tagged ‘mignon’

Ton corps frêle et mignon (L. Decaux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



    

Ton corps frêle et mignon est le tombeau des mâles
Qui sont morts en baisant tes lèvres, roses pâles,
Victimes du plaisir dont tu sus les griser…

Arrière ! Laisse-moi, démon, mauvaise fée !
Je veux quitter tes bras pour les bras de Morphée,
Et fuir dans le sommeil ton immonde baiser !

(L. Decaux)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LA BOUCHE (François de Rosset)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Edward Burne-Jones

    

LA BOUCHE

Belle bouche de pourpre et d’œillets entourée.
Qui respirez sans cesse un baume précieux,
L’amour quitte pour vous sa maison Cythérée,
Dont il brûle la terre et consume les dieux.

Beaux corail qui rendez une si douce haleine,
Un printemps émaillé si doux et si flairant,
Oui n’endure pour vous de l’amoureuse peine
Une âme de rocher son cœur va respirant.

Avettes qui volez sur cette belle plaine
Pour fleureter le suc des roses et des lys.
Si vous voulez piller une plus douce haleine,
Mignonnes, posez-vous aux lèvres de Phyllis.

Vermillon merveilleux, petits bords d’écarlate,
Qui dérobez les yeux qui n’adorent que vous,
Dont l’espoir me trahit quand la beauté me flatte,
Après tant de rigueurs me serez-vous pas doux !

(François de Rosset)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Sur ta bouche (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




    
Sur ta bouche

Les étoiles effarouchées
Viennent de s’envoler des cieux :
J’en sais deux qui se sont cachées,
Mignonne, dans vos jolis yeux,

A l’ombre de vos cils soyeux
Et sous vos paupières penchées.
Attendez ! — mes baisers joyeux
Les auront bientôt dénichées !

Vous feignez de dormir encor :
Eveillez- vous, mon doux trésor !
L’aube pleure sous les feuillées,

Le ciel désert est plein d’ennui.
Ouvrez les yeux et rendez-lui
Les deux étoiles envolées !

Sur ta bouche, avec le désir
Je bois ta dernière caresse;
Car je ne veux plus de maîtresse
Que celle qui ne sait trahir.

Sur ta bouche, avec le désir
Je veux boire l’oubli des roses;
Car je n’aimerai plus des choses
Que celles qu’on ne peut flétrir.

Sur ta bouche, avec le désir
J’ai bu ma dernière espérance;
Car je ne veux plus de souffrance
Que celle, dont je dois mourir!

(Armand Silvestre)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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RÉVEIL (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



RÉVEIL

Nous avons été des gens sages
Cette nuit, je ne sais pourquoi.
Or, ce matin, je sens en moi
Des éternités de nuages.

Toi-même sur ton front vermeil
Tu gardes des reflets nocturnes,
Et tes yeux sont comme des urnes
Où fume un restant de sommeil.

Nous avons trop dormi, ma chère.
Notre vorace amour se plaint
De n’avoir pas le ventre plein,
Lui qui fait toujours bonne chère.

Allons, mignonne, allons, debout!
Chassez-moi nos pensers funèbres.
J’ai nourri mes yeux de ténèbres,
J’ai fait des rêves de hibou.

Mais en vous voyant fraîche et rose.
J’en fais qui sont couleur de jour.
J’entends la voix de notre amour
Qui pour fleurir veut qu’on l’arrose.

C’étaient nos vœux inapaisés
Qui nous rendaient mélancoliques.
Donnons à nos cœurs faméliques
Un large repas de baisers.

C’est le remède, c’est la vie !
Tu m’enlaces ; moi, je t’étreins ;
Et mangeant le feu de nos reins,
Se tait notre bête assouvie.

Les désespoirs les plus ardents.
Les tristesses les plus farouches,
Quand nous unissons nos deux bouches,
Sont égorgés entre nos dents.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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Le départ (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



Le départ

Je sens mon âme qui palpite
Comme en son nid le jeune oiseau,
Mon âme petite, petite,
Sous qui ne plierait pas le plus souple roseau.

Oui, je la sens, la toute frêle,
Se mouvoir sur un duvet doux,
Soudain confiante en son aile
Se soulevant un peu pour s’envoler vers vous.

Mais l’espace est vaste, elle hésite ;
Elle est si mignonne, elle a peur ;
Sur le bord du nid, la petite
Frissonne de faiblesse et tremble de stupeur…

Que votre tendresse la garde :
Elle est partie et pour toujours !
Car c’est vers vous qu’elle regarde,
Prisonnière des nuits en route vers les jours !

(Albert Lozeau)

Illustration: Ryszard Miłek

 

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Marizibill (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



Marizibill

Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C’était un juif il sentait l’ail
Et l’avait venant de Formose
Tirée d’un bordel de Changaï

Je connais des gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes

(Guillaume Apollinaire)

Illustration

 

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Sonnet d’été (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



Sonnet d’été

Nous habiterons un discret boudoir,
Toujours saturé d’une odeur divine,
Ne laissant entrer, comme on le devine,
Qu’un jour faible et doux ressemblant au soir.

Une blonde frêle en mignon peignoir
Tirera des sons d’une mandoline,
Et les blancs rideaux tout en mousseline
Seront réfléchis par un grand miroir.

Quand nous aurons faim, pour toute cuisine
Nous grignoterons des fruits de la Chine,
Et nous ne boirons que dans du vermeil ;

Pour nous endormir, ainsi que des chattes
Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ;
Nous oublierons tout, – même le soleil !

(Germain Nouveau)

Illustration: Claude Hardenne

 

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Mignonne souris blanche (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2016


souris

Mignonne souris blanche
Comme un flocon de neige
Tombé un beau dimanche
D’une branche légère,
Joli flocon d’argent
Au museau si malin,
Pourquoi as-tu si peur
Que je sens, dans ma main,
Battre ton petit coeur?

(Maurice Carême)

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C’était une voisine que j’avais (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



C’était une voisine que j’avais :
une petite ouvrière, sans doute,
avec une grâce toute parisienne,
une mignonne tête blonde
sous de cheveux bouclés aux tempes ;
cheveux qui semblaient une lumière frisée,
descendaient à l’oreille,
couraient jusqu’à la nuque, dansaient au vent,
puis devenaient, plus bas,
un duvet si fin, si léger, si blond ,
qu’on le voyait à peine,
mais qu’on éprouvait une irrésistible envie
de mettre là une foule de baisers.

Sous l’insistance de mon regard,
elle tourna la tête vers moi,
puis baissa brusquement les yeux,
tandis qu’un pli léger, comme un sourire prêt à naître,
enfonçant un peu le coin de sa bouche,
faisait apparaître aussi là
ce fin duvet soyeux et pâle
que le soleil dorait un peu.

La rivière calme s’élargissait.
Une paix chaude planait dans l’atmosphère,
et un murmure de vie semblait emplir l’espace.
Ma voisine releva les yeux, et, cette fois,
comme je la regardais toujours, elle sourit décidément.

Elle était charmante ainsi,
et dans son regard fuyant mille choses m’apparurent,
mille choses ignorées jusqu’ici.
J’y vis des profondeurs inconnues,
tout le charme des tendresses,
toute la poésie que nous rêvons,
tout le bonheur que nous cherchons sans fin.

Et j’avais un désir fou d’ouvrir les bras,
de l’emporter quelque part pour lui murmurer à l’oreille
la suave musique des paroles d’amour.

(Guy de Maupassant)

Illustration: Mandy Tsung

 

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