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Comptine de la fillette qui ne doit pas jouer avec la serrure (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Comptine de la fillette qui ne doit pas jouer avec la serrure

Il ne roule plus le train
regarde il est rouge
il est beau ton coq madame
ce n’est pas une poule
il ne mord pas ton coq madame
parce qu’il n’a pas de dents
parce qu’il n’ouvre pas le bec
le coq
le bec
les poules non plus ne mordent pas
même pas les petites filles
qui ne sont pas sages.

-Elle a trois ans.
-Elle s’exprime bien pour son âge.
-Elle a causé de bonne heure
avant la mort de sa mère
c’est dire.
-Ah vous êtes veuf

Le coq
le bec
le veuf.

La dame au coq
mange un oeuf.

-On l’appelle
Belle.
Mais c’est Annie.

Le coq
le noir
le veuf
la belle
et l’oeuf
et la soif
et le soir.
La morte
la porte
et toujours trop de serrures.

-Que c’est mignon
on ne voudrait pas les voir grandir.
Qui c’est qui s’appelle Annie
Anna Annette Annie ma mie?

-Je m’appelle
Belle
jamais Annie.
Quand je serai grande
je jouerai avec la serrure
je caresserai le coq
je me pencherai par la portière
je casserai un oeuf
je ferai partir le train
et je me marierai en noir
avec papa
pour qu’il ne soit plus coq
pour qu’il ne soit plus bec
pour qu’il ne soit plus veuf.

-Ça pose des questions les enfants.
-Et il faut avoir réponse à tout.

(Armand Lanoux)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Un poème violet (Roman Sef)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



Un poème violet

Toute violette
Est ma maison,
Et tout violet
Est mon chaton.

Violettes sont
Chambres, cuisine,
Et la piscine.
A l’horizon
Un train violet
Est à l’arrêt.

Et voici là
De beaux lilas,
Un gros bouquet.
C’est si mignon,
Tout en violet!

Et puis,
Je n’avais pas
D’autres crayons…

(Roman Sef)

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TABLEAU DE SAINTETÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Mary Cassatt
    
TABLEAU DE SAINTETÉ

La mère et l’enfant, éternel objet
De tout philosophe et de tout artiste!
Chasser ta pensée ou féroce ou triste,
Sans la mère et sans l’enfant, qui le fait?

Un chapeau trop grand, un verre de lait,
C’est l’enfant content. Et la mère insiste
Pour le faire boire. Oh! la grâce existe
Au milieu du crime, au milieu du laid.

Le ton rouge et frais des mignonnes lèvres
Nous font oublier nos malsaines fièvres.
Oh! les petits mots qu’on ne comprend pas.

La mère, charmante, hésite à sourire,
Elle sait l’amour qu’on ne peut pas dire
Tenant doucement son fils dans ses bras.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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GALATÉE ET PYGMALION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson
    
GALATÉE ET PYGMALION

Pygmalion, sculpteur, a travaillé la pierre
Si bien que Galatée idéale apparaît.
Il a mis tout son coeur à cet effort secret
Toute son âme émue et toute sa lumière.

Là voilà, blanche dans l’atelier solitaire,
Finie aux yeux, finie aux reins et l’on croirait
Que le pied délicat quitte le socle, prêt
A courir dans la vie. Et même la paupière

A remué! Ce n’est pas une illusion…
Le marbre devient chair! Pourquoi, Pygmalion,
As-tu fait si charmeurs ces seins et ces épaules?

Elle vit. Écrasé sous sa mignonne main
Tu subis nos douleurs d’hier et de demain :
L’épine de la rose et la neige des pôles.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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SIX TERCETS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

Edgar Degas

SIX TERCETS
À Degas.

Les cheveux plantureux et blonds, bourrés de crin,
Se redressent altiers : deux touffes latérales
Se collent sur le front en moqueuses spirales.

Aigues-marines, dans le transparent écrin
Des paupières, les yeux qu’un clair fluide baigne
Ont un voluptueux regard qui me dédaigne.

Tout me nargue : les fins sourcils, arcs indomptés,
Le nez au flair savant, la langue purpurine
Qui s’allonge jusqu’à chatouiller la narine,

Et le menton pointu, signe des volontés
Implacables, et puis cette irritante mouche
Sise au-dessous du nez et tous près de la bouche.

Mais, au bout du menton rose où vient se poser
Un doigt mignon, dans cette attitude songeuse,
Enigmatiquement la fossette se creuse.

Je prends, à la faveur de ce calme, un baiser
Sur les flocons dont la nuque fine est couverte,
En prix de ce croquis rimé d’après vous, Berthe.

(Charles Cros)

Illustration: Edgar Degas

 

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L’Oiseau Bleu (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Illustration: Marc Chagall
    
L’Oiseau Bleu

J’ai dans mon cœur un oiseau bleu,
Une charmante créature,
Si mignonne que sa ceinture
N’a pas l’épaisseur d’un cheveu.

Il lui faut du sang pour pâture
Bien longtemps je me fis un jeu
De lui donner sa nourriture :
Les petits oiseaux mangent peu.

Mais sans rien en laisser paraître,
Dans mon cœur il a fait, le traître,
Un trou large comme la main.

Et son bec fin comme une lame,
En continuant son chemin,
M’est entré jusqu’au fond de l’âme !

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Quand serons-nous (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2017



Illustration: Georges Lacombe
    
Quand serons-nous, mignonne,
tels les pieds du Seigneur:
l’un au-dessus de l’autre,
un petit clou entre les deux!

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Ton corps frêle et mignon (L. Decaux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



    

Ton corps frêle et mignon est le tombeau des mâles
Qui sont morts en baisant tes lèvres, roses pâles,
Victimes du plaisir dont tu sus les griser…

Arrière ! Laisse-moi, démon, mauvaise fée !
Je veux quitter tes bras pour les bras de Morphée,
Et fuir dans le sommeil ton immonde baiser !

(L. Decaux)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LA BOUCHE (François de Rosset)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Edward Burne-Jones

    

LA BOUCHE

Belle bouche de pourpre et d’œillets entourée.
Qui respirez sans cesse un baume précieux,
L’amour quitte pour vous sa maison Cythérée,
Dont il brûle la terre et consume les dieux.

Beaux corail qui rendez une si douce haleine,
Un printemps émaillé si doux et si flairant,
Oui n’endure pour vous de l’amoureuse peine
Une âme de rocher son cœur va respirant.

Avettes qui volez sur cette belle plaine
Pour fleureter le suc des roses et des lys.
Si vous voulez piller une plus douce haleine,
Mignonnes, posez-vous aux lèvres de Phyllis.

Vermillon merveilleux, petits bords d’écarlate,
Qui dérobez les yeux qui n’adorent que vous,
Dont l’espoir me trahit quand la beauté me flatte,
Après tant de rigueurs me serez-vous pas doux !

(François de Rosset)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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