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Poésie

Posts Tagged ‘migraine’

Si, si, si… (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
Si X. avait eu ce jour-là une forte migraine,
si sa femme avait eu besoin de lui pour l’accompagner à l’hôpital,
si le réveil n’avait pas sonné ce matin-là,
s’il avait pris la peine de se raser,
s’il avait renoontré un copain qui lui avait offert un café,
si, si, si…

Ismaël n’aurait pas été écrasé à 9 h 11 minutes
par le chauffeur du camion
qui passait devant chez lui à toute vitesse.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Cactus (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Cactus

Toute mon histoire sur la terre se résume dans ces seuls mots:
J’ai eu froid.
Il m’est impossible de vivre dans ces régions
où il tombe de la neige, où il gèle,
où l’on est sans cesse assailli par la pluie, les vents et les giboulées.

Si j’étais restée sous les tropiques,
je n’aurais pas trop le droit de me plaindre;
mais j’ai fait la sottise de suivre un botaniste en Europe,
et je suis perdues de rhumatismes.

On a beau vivre dans une serre,
on est toujours victime de quelque traître vent coulis.
Et puis cette chaleur factice me donnait la migraine
ou des pesanteurs de tête insupportables.

Mon sang, d’un rouge si vif, ne circulait plus;
mon front alourdi retombait sur ma poitrine;
et il me semblait, dans l’espèce d’hallucination où j’étais,
qu’une main invisible m’avait transformée en portière,
et que je serrais amoureusement un poêle dans mes bras,
ainsi que maintes fois je l’avais vu faire
l’hiver dans la loge de notre hôtel.

Comme je regrettais la douce et tiède température
des pays où nous sommes nées, nous autres fleurs!
comme je m’ennuyais sur les cheminées,
sur les consoles de marbre où je servais d’ornement!

(J.J. Grandville)

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Le Temps (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016




Dans les terriers du cauchemar
Où la Justice est toute nue,
Le Temps, guettant du fond de l’ombre,
Tousse quand tu veux embrasser.

Dans les soucis et les migraines
Vaguement s’écoule la vie,
Le Temps fera comme il lui chante,
Demain, ou bien aujourd’hui.

Dans nombre de vertes vallées
S’amasse la neige effrayante;
Le Temps brise les farandoles
Et l’arc éclatant du plongeur.

Oh, enfonce tes mains dans l’onde,
Enfonce-les jusqu’au poignet;
Et regarde au fond de la vasque,
Pour voir ce que tu as manqué.

Le glacier cogne dans l’armoire,
Le désert gémit dans le lit
Et la fêlure de la tasse
Ouvre accès au pays des morts.

(Wystan Hugh Auden)


Illustration: Salvador Dali

 

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Le soleil n’est plus qu’un coquelicot (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2015



 


Le soleil n’est plus qu’un coquelicot
A l’horizon
J’ouvre la prison
D’une fenêtre maladive
Qui a la migraine
A force de fixer l’espace
Sous la cruauté implacable des astres
Je voudrais voir
Toute la nuit dans une étoile

(Jean-Baptiste Besnard)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

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