Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘migrateur’

Clair de lune (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



 

Clair de lune

Penser qu’on vivra jamais dans cet astre,
Parfois me flanque un coup dans l’épigastre.

Ah ! tout pour toi, Lune, quand tu t’avances
Aux soirs d’août par les féeries du silence !

Et quand tu roules, démâtée, au large
A travers les brisants noirs des nuages !

Oh ! monter, perdu, m’étancher à même
Ta vasque de béatifiants baptêmes !

Astre atteint de cécité, fatal phare
Des vols migrateurs des plaintifs Icares !

Oeil stérile comme le suicide,
Nous sommes le congrès des las, préside ;

Crâne glacé, raille les calvities
De nos incurables bureaucraties ;

O pilule des léthargies finales,
Infuse-toi dans nos durs encéphales !

O Diane à la chlamyde très-dorique,
L’Amour cuve, prend ton carquois et pique

Ah ! d’un trait inoculant l’être aptère,
Les coeurs de bonne volonté sur terre !

Astre lavé par d’inouïs déluges,
Qu’un de tes chastes rayons fébrifuges,

Ce soir, pour inonder mes draps, dévie,
Que je m’y lave les mains de la vie !

(Jules Laforgue)

Illustration: Caroline Duvivier

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Tambours de soie (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Tambours de soie
fifres de miel
clairons migrateurs des tempêtes
Belles chansons de prisonniers
Mille bouquets de mains tendus vers sa présence
cachots troués par l’espérance
orages troués par la foi
espace baisé sur la bouche
Communion toujours renaissante et vaincue.

Tant de ferveur s’ouvre les nues

Tant d’ivresse n’est pas perdue.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’OBSTINATION DU PLAISIR (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Joane Michaud
    
L’OBSTINATION DU PLAISIR

pareil à l’oiseau migrateur
qui à son retour
retrouve son nid détruit
pareil à l’aube
qui d’un chant
dégringole
pierre blanche dans le silence
le corps s’obstine
le corps revient à l’assaut
coup de feu dans l’oubli

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Migration (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Migration

L’eau chante dans la source
Chant qui devient cri
L’aube réveille la sève
Dans le feuillage endormi

Une natte de lumière
Coiffe la maison
De rayons clairs
Je quitterai le toit
Et me ferai oiseau

Je frôlerai le nuage
Et raserai la vague
Mes bras écartés
Couverts des plumes
Des ailes d’un poète

Après avoir touché
Le bord de l’espace
Je saluerai le nid
De l’arbre ivre de sève
Qui titube le long de l’avenue

Le vent du soir
Berger des migrateurs
Me ramènera à la maison
Où je me poserai.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SONIA (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

SONIA

Soir qui revient aux vieux jardins;
Vie de Sonia, bleu du silence.
Les vols lointains des migrateurs;
Arbre nu, automne et silence.

Tournesol tendrement penché
Sur Sonia et sa blanche vie.
Plaie sanglante, jamais montrée,
Éveille en les chambres la vie

Où résonne le bleu des cloches;
Pas de Sonia, tendre silence.
Bête qui meurt salue et passe,
Arbre nu, automne et silence.

Soleil de jours anciens rayonne
Sur Sonia et ses blancs sourcils,
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils.

(Georg Trakl)

Illustration: Sonia Verdu

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les cartes parcourues (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018




    
Les cartes parcourues
ignorent
les oiseaux migrateurs

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Dans ta chambre il ne reste plus (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Dans ta chambre il ne reste plus
Que les rouages désaxés du sommeil
Les lettres à Dieu que j’avais commencées
Quand l’amour est venu décolorer ton visage.
Je me surprends à songer aux aurores blanchisseuses
Qui décrassent tout mon travail de la nuit
Et le mettent à sécher sur le seuil de la porte
Ces femmes ont des grands yeux dans les yeux
Des oiseaux migrateurs en partance
L’absolution des fautes graves.
Oh! regarder la lampe s’enfoncer dans la table
Écouter le silence broyer ses doigts.

(René Guy Cadou)

Illustration: Francine Van Hove

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Oiseaux migrateurs (Hekiró Kobayashi)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Oiseaux migrateurs —
Depuis longtemps,
je me surnomme comme eux

(Hekiró Kobayashi)

 

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Novembre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

fauvette

Novembre

Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.

Ils souffrent bien sous cette pluie ;
Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.

Mon âme est comme une fauvette
Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;

Mais loin d’eux elle est exilée ;
Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.

(François Coppée)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :