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Poésie

Posts Tagged ‘migrateur’

Nuit de prédestination (Nohad Salameh)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2021




    
Nuit de prédestination

En pèlerinage hors de nos corps
Nous prenons le terminal circulaire des migrateurs
Et franchissons les cinq cercles de la plume du paon
Descente dans les strates du temps
Portes ouvertes aux sept cieux
Aux sept abîmes.
Retrouverions-nous le chemin qui ramène
Au commencement des choses
L’espace d’une nuit de prédestination
Où tout deviendrait le goût même du toucher
À force de pénétrer au coeur de la caresse
Et de consumer le mouvement ?

(Nohad Salameh)

 

Recueil: Voix d’encre 33
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Fidèles (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration: Simon Glaubert
    
Fidèles, nous tendons les bras à ceux qui viennent :
Écureuils affamés, migrateurs exténués…
À midi, des errants se confient à nos racines ;
Au couchant, un nuage s’attarde à notre cime.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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La Poésie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



La Poésie

Un oiseau migrateur
Me rongera le coeur
Comme un oiseau de proie
Vorace de ma joie.

De son aile mobile
Il fend le ciel d’acier
Dans lequel s’indélébile
Son oeil froid de glacier.

Simple point dans l’azur
Il est la poésie
A la source saisie
Dans son chant le plus pur.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean Delville

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LA GRANDE MIGRATION (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020




    
LA GRANDE MIGRATION

À perte de nuit la nuit froide et claire
On entend caqueter très haut un long vol d’oies sauvages
en figure de proue (la tribu navigue en forme de V
et les vieux jars expérimentés se relaient

pour ouvrir la route du vol en éperon)
Malgré la transparence obscure de l’espace
on ne voit pas la flottille bruissante d’ailes
qui tient son cap patient vers le lointain sud

mais seulement les feux de position
des autres grandes migratrices au-dessus de nous
les silencieuses les très froides les étoiles de la Galaxie
qui dérivent inexorablement dans l’Univers en expansion

Et toi et moi nous deux ensemble
à cet instant où nous nous croyons immobiles
nous faisons pourtant route nous aussi nous migrons
Vers quelle saison ? Vers quel rivage ? Vers quel silence ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Saluer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

printemps  [1280x768]

Saluer
L’enfant provisoire
Le vieillard sans horizons
Le silence des plaies
La détonation des mots
Le songe qui tisonne
La beauté qui féconde
Le pas migrateur

Malgré l’érosion
Des coeurs et des falaises
Saluer les printemps
Qui ne cessent d’affleurer.

(Andrée Chedid)

 

 

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Clair de lune (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



 

Clair de lune

Penser qu’on vivra jamais dans cet astre,
Parfois me flanque un coup dans l’épigastre.

Ah ! tout pour toi, Lune, quand tu t’avances
Aux soirs d’août par les féeries du silence !

Et quand tu roules, démâtée, au large
A travers les brisants noirs des nuages !

Oh ! monter, perdu, m’étancher à même
Ta vasque de béatifiants baptêmes !

Astre atteint de cécité, fatal phare
Des vols migrateurs des plaintifs Icares !

Oeil stérile comme le suicide,
Nous sommes le congrès des las, préside ;

Crâne glacé, raille les calvities
De nos incurables bureaucraties ;

O pilule des léthargies finales,
Infuse-toi dans nos durs encéphales !

O Diane à la chlamyde très-dorique,
L’Amour cuve, prend ton carquois et pique

Ah ! d’un trait inoculant l’être aptère,
Les coeurs de bonne volonté sur terre !

Astre lavé par d’inouïs déluges,
Qu’un de tes chastes rayons fébrifuges,

Ce soir, pour inonder mes draps, dévie,
Que je m’y lave les mains de la vie !

(Jules Laforgue)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Tambours de soie (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Tambours de soie
fifres de miel
clairons migrateurs des tempêtes
Belles chansons de prisonniers
Mille bouquets de mains tendus vers sa présence
cachots troués par l’espérance
orages troués par la foi
espace baisé sur la bouche
Communion toujours renaissante et vaincue.

Tant de ferveur s’ouvre les nues

Tant d’ivresse n’est pas perdue.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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L’OBSTINATION DU PLAISIR (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Joane Michaud
    
L’OBSTINATION DU PLAISIR

pareil à l’oiseau migrateur
qui à son retour
retrouve son nid détruit
pareil à l’aube
qui d’un chant
dégringole
pierre blanche dans le silence
le corps s’obstine
le corps revient à l’assaut
coup de feu dans l’oubli

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Migration (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Migration

L’eau chante dans la source
Chant qui devient cri
L’aube réveille la sève
Dans le feuillage endormi

Une natte de lumière
Coiffe la maison
De rayons clairs
Je quitterai le toit
Et me ferai oiseau

Je frôlerai le nuage
Et raserai la vague
Mes bras écartés
Couverts des plumes
Des ailes d’un poète

Après avoir touché
Le bord de l’espace
Je saluerai le nid
De l’arbre ivre de sève
Qui titube le long de l’avenue

Le vent du soir
Berger des migrateurs
Me ramènera à la maison
Où je me poserai.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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