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LE COUTEAU CARNIVORE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Juan Gris
    
LE COUTEAU CARNIVORE

Un couteau carnivore,
aile douce et homicide,
soutient son vol et son éclat
autour de ma vie

Rayon métallique crispé
Affaissé totalement,
me picote le flanc
pour y construit un triste nid.

Mon temple, balcon fleuri
dès mon plus jeune âge
est noir et mon cœur,
sur mon cœur des cheveux gris.

Telle est la mauvaise vertu
du rayon qui m’entoure,
que je vais à ma jeunesse
comme la lune à mon village.

Je collecte avec mes cils
le sel de l’âme et le sel de l’œil
et des fleurs de toiles d’araignées
de ma tristesse je collecte.

Où irai-je sans aller
à rechercher ma perte ?
Ton destin c’est la plage
ma vocation c’est la mer.

Se reposer de ce travail
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
n’est pas possible, et la douleur
sera mon éternelle peine.

Mais enfin je peux vaincre,
oiseau et rayon séculaire,
cœur, de la mort
personne ne doit me faire douter.

Suis ensuite le couteau, suis-le
volant, me blessant. Un jour
le temps jauni se retrouvera
sur ma photographie.

***

Un carnívoro cuchillo

Un carnívoro cuchillo
de ala dulce y homicida
sostiene un vuelo y un brillo
alrededor de mi vida.

Rayo de metal crispado
fulgentemente caído,
picotea mi costado
y hace en él un triste nido.

Mi sien, florido balcón
de mis edades tempranas,
negra está, y mi corazón,
y mi corazón con canas.

Tal es la mala virtud
del rayo que me rodea,
que voy a mi juventud
como la luna a mi aldea.

Recojo con las pestañas
sal del alma y sal del ojo
y flores de telarañas
de mis tristezas recojo.

¿A dónde iré que no vaya
mi perdición a buscar?
Tu destino es de la playa
y mi vocación del mar.

Descansar de esta labor
de huracán, amor o infierno
no es posible, y el dolor
me hará a mi pesar eterno.

Pero al fin podré vencerte,
ave y rayo secular,
corazón, que de la muerte
nadie ha de hacerme dudar.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
volando, hiriendo. Algún día
se pondrá el tiempo amarillo
sobre mi fotografía.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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SIFFLEMENT DE LA PLAIE PARFAITE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Arthur Dove
    SIFFLEMENT DE LA PLAIE PARFAITE

Ouvre-moi, amour, la porte
de la plaie parfaite.

Ouvre, mon amour, ouvre
la porte de mon sang.

Ouvre, pour qu’enfin sortent
tous les mauvais désirs.

Ouvre, pour que fuient
toutes les obscures intentions.

Ouvre, pour que soient
pures mes veines
et que mes mains soient des chardons,
et des puits sereins mes yeux.

Ouvre, que pénètre l’air
de tes mots… Ouvre !

Ouvre, amour, qu’entre déjà ….
Ah !
Que ne sorte… Ferme !

***

Silbo de la llaga perfecta

Abreme, amor, la puerta
de la llaga perfecta.

Abre, amor mío, abre
la puerta de mi sangre.

Abre, para que salgan
todas las malas ansias.

Abre, para que huyan
las intenciones turbias.

Abre, para que sean
puras mi venas,
mis manos cardos mondos,
pozos quietos mis ojos.

Abre, que viene el aire
de tus palabras…¡Abre!

Abre, amor, que ya entra…
¡Ay!
Que no salga… ¡Cierra!

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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L’ULTIME CHANSON (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Hilma af Klint
    
L’ULTIME CHANSON

Peinte, non vide :
peinte est ma maison
au couleur des grandes
passions et des grands malheurs.

Elle reviendra des pleurs
où elle était partie
avec sa table déserte
avec son lit tonitruant.

Les baisers fleuriront
sur les oreillers.
Et autour des corps
La haine s’évapore
derrière la fenêtre.

va soulèvera la feuille
le lierre intense
nocturne et parfumé

La griffe sera douce.

Laisse-moi l’espérance.

***

Canción última

Pintada, no vacía:
pintada está mi casa
del color de las grandes
pasiones y desgracias.

Regresará del llanto
adonde fue llevada
con su desierta mesa
con su ruidosa cama.

Florecerán los besos
sobre las almohadas.
Y en torno de los cuerpos
elevará la sábana
su intensa enredadera
nocturna, perfumada.

El odio se amortigua
detrás de la ventana.

Será la garra suave.

Dejadme la esperanza.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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Absence (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020


 



Illustration: Isidre Nonell
    
Absence

Absence dans tout ce que je vois :
Tes yeux la reflètent.

Absence dans tout ce que j’entends :
ta voix dans le temps se perd.

Absence dans tout ce que j’aspire :
ton souffle sent l’herbe.

Absence dans tout ce que je touche :
ton corps se vide.

Absence dans tout ce que je tente :
ta bouche m’abandonne.

Absence dans tout ce que je ressens:
absence, absence, absence.

***

Ausencia

Ausencia en todo veo:
tus ojos la reflejan.

Ausencia en todo escucho:
tu voz a tiempo suena.

Ausencia en todo aspiro:
tu aliento huele a hierba.

Ausencia en todo toco:
tu cuerpo se despuebla.

Ausencia en todo pruebo:
tu boca me destierra.

Ausencia en todo siento:
ausencia, ausencia, ausencia.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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Il y avait un trou peu profond (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



Il y avait un trou peu profond.
Presque au cœur de l’ombre.
Aucun corps d’homme ne se serrait serré
dans cette ombre étroite.
Avec toi tout s’ouvrait
sur cette terre d’ombre.

Ma maison avec toi c’était
la chambre obscure.
Par toi dans ma maison entrait
l’éclat la lumière.

Ma maison peu à peu est un trou
Et je ne voudrais pas que toute
cette lumière s’éloigne
sans vie de la chambre.

Mais avec la pluie, je sens
les murs se creuser,
les meubles reverdir,
j’en écarte vivement les feuilles.

Ma maison est une ville,
une porte ouverte vers l’aube,
une autre, plus ouverte, vers le soir,
une autre, vers la nuit, immense.

Ma maison est un cercueil.
Chanson terrible sous la pluie,
d’hirondelles au-dehors
débordant la peur.

Dans ma maison un corps s’absente.
Dans ma maison nous deux reste un nom.

(Miguel Hernandez)

 

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Casida de l’assoiffé (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



Casida de l’assoiffé

Sable du désert
je suis: désert de soif.
Oasis est ta bouche
ou il m’est interdit de boire.

Bouche: oasis ouverte
à tous les sables du désert.

Humide point au milieu
d’un monde embrasé,
celui de ton corps, le tien,
qui n’est jamais à nous deux.

Corps: puits fermé
que la soif et le soleil ont calciné

(Miguel Hernandez)

Illustration: Antoine Picard

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Chanson dernière (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Chanson dernière

Peinte, pas vide:
peinte est ma maison
de la couleur des grandes
passions et disgrâces.

Elle reviendra des pleurs
où elle fut conduite
avec sa table déserte,
avec son lit en ruine.

Fleuriront les baisers
sur les oreillers.

Et autour des corps
s’envolera le drap
son lierre puissant
nocturne, parfumé.

La haine s’amortit
derrière la fenêtre.

Ce sera la douce griffe.

Laissez-moi l’espérance.

(Miguel Hernandez)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Non, il n’y a pas de prison pour l’homme (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



 

Non, il n’y a pas de prison pour l’homme
Ils ne pourront pas m’attacher, non.
Ce monde plein de chaînes
m’est petit et étranger.
Qui enferme un sourire?
Qui emmure une voix….
Libre je suis. Sens-moi libre
Seulement par amour.

(Miguel Hernandez)

Illustration

 

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Tu étais comme le jeune figuier du ravin (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2016



Tu étais comme le jeune figuier
du ravin.
Quand je passais
tu rêvais de montagnes.
Comme le jeune figuier,
resplendissant et sombre.

Tu es comme le figuier.
Comme le vieux figuier.
Je passe à présent dans le bonjour
silencieux des feuilles sèches.

Tu es comme le figuier
dans la lente lumière de la vie…

Ainsi les saisons
et les ports ont l’odeur de la mort
Ainsi quand nous mourons
se défont les mouchoirs de silence.

Nous sommes des corps de vie enterrée
sur l’horizon, loin…

J’écrivis sur le sable
les trois noms de la vie:
la vie, la mort, l’amour.

Une rafale de vent,
de si loin si souvent, de la mer
vint nous effacer…

Brûle les deux portes,
donne la lumière.
Je ne sais pas ce qui m’arrive
je trébuche dans le ciel…

Je voulus dire encore adieu
et je vis seulement ton mouchoir de silence
s’éloigner.

L’impossible.

Un vent de poussière vint
m’aveugler, m’étouffer, me blesser.
Depuis lors j’avale la poussière.

L’impossible.

(Miguel Hernandez)

Illustration

 

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