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BAR DE L’ESCADRILLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
BAR DE L’ESCADRILLE

Au Bar-Tabac de l’Escadrille
Contraints par la guerre et ses lois
En fils d’un ciel où l’on s’étrille
Saufs, ils trinquent à leurs exploits

Au Bar-Tabac de l’Escadrille
Ils content, de retour du Nord
Les croix noires tombant en vrilles
Vers Dixmude, Ypres ou Nieuport

Au Bar-Tabac de l’Escadrille
Ils miment jusques au matin
Les entrechats de leurs quadrilles
Danseurs d’acier, tous feux éteints

Au Bar-Tabac de l’Escadrille
Chansons à boire, allègres trilles
Fusent pour conjurer le sort
De gueules d’amour, joyeux drilles
Qui font pieds de nez à la mort…

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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La mémoire (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Jean ABabadie   le pain quotidien 80x80cm-800 [1280x768]

La mémoire convoque une contrée d’où la parole était absente.
Les gens paraissaient dans un vêtement de gestes.
[…]
Eux, ils passent le dos de la main sur leurs lèvres, après boire.
Ou bien, ils sont au cimetière, devant les tombeaux, debout, la tête découverte.
Le ciel est gris pommelé, c’est le Jour des Morts.

Maintenant ils rentrent les foins, et les chariots brinquebalent le long du chemin
et abandonnent des poignées d’herbe sèche aux griffes des grands arbres qui sont au bord.
Tu les revois, qui rient ou s’attristent, mais ils miment, ils ne parlent pas.

(Hubert Juin)

Illustration: Jean Ababadie 

 

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Le masque sourd du visage (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



 

le masque sourd du visage
mime le visage

délaisse le visage
le masque sourd de la page vide
déguise le vide
lui qui n’est que vide

(Yang Lian)

 

 

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Des rats veillent dans ton sommeil (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



 

Des rats veillent dans ton sommeil
et miment l’avancée
du manque. Ma voix retourne vers
la faim à laquelle elle donne naissance,
s’associant aux pierres
qui dépassent des murs rouges : le coeur
ronge, mais ne connaît pas
son butin; la langue écorchée
est râpeuse. Nous sommes étendus
au coeur de la moelle terrestre, écoutons
la respiration des anges.
Nos os ont été vidés.
Partout où la nuit a parlé,
des fils à venir arpentent le vide
entre les étoiles.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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Je fais semblant (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
Je fais semblant

Je fais semblant d’être mort et je mime
ce long silence et cette éternité.
Je sens ma chair lentement se dissoudre,
je ressuscite et traverse ma nuit.

Dans un miroir, je vois mon revenant.
Nulle frayeur : il ressemble à l’image
de cette fleur que jadis je cueillis
et qui revit à travers toute fleur.

Mélancolie, amertume, vous n’êtes
que des mots gris. Si je rêve ma mort,
c’est en couleurs : une écharpe d’iris
pour défier les démons de l’obscur.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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À chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
À chaque jour

A chaque jour son mourir. En silence,
le soleil mauve avale des corbeaux.
Je mime un cri. Tout avenir s’efface.
Que savais-tu des aubes d’un autre âge ?

Je n’écris pas, je suis écrit par l’ombre
et par la nuit, ces encres de l’aurore.

Ô souvenirs, la meute abominable
va me traquer, me parler d’autres soirs
où des couteaux déchiraient ma mémoire.

Sois cette lampe où s’abreuvent les heures.
Ne parle pas. La voix mange les voix.

Reste furtif. Il suffirait d’un geste
pour que le temps détruise ton horloge
dans le néant que simule la nuit.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Art poétique (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Art poétique:
ce n’est pas la litanie qui mime,
c’est le même qui litanise.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Les citrons (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Les citrons

Citrons regards, citrons visages,
Ils ont souffert, ils ont aimé,
Ils vivent dans le voisinage.
Citrons larynx, ils ont mimé

L’homme jusqu’à devenir hommes,
Citrons bourgeois portant habit,
Très solennels et qui se nomment
Maîtres citrons. Quel alibi,

Citrons vertèbres, quelle excuse ?
Objet notaire, objet tailleur,
Un fruit discute, un fruit s’amuse
A s’inventer un sort meilleur.

D’accord! nous prendrons votre place
Au citronnier; vous serez nous,
Et nous serons pendus. L’audace
Vous sourira, citrons genoux.

(Alain Bosquet)

 

 

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La Danseuse Etoile (Henriette Turc)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



La musique affranchit son corps de la matière
Et, libérée au seuil d’une obscure maison,
Plus claire qu’un matin de la belle saison,
Elle touche au delà un pays de lumière.

Plus frêle qu’un jonc d’or au fil de la rivière,
Vers un rêve d’amour où se noie la raison,
Plus douce qu’un rosier d’avril en floraison,
De ses bras, elle mime une antique prière.

Son ombre a la beauté d’un nuage irisé;
Face au ciel, seule, elle a le don d’improviser
Un ballet qui traduit les secrets de son âme

Sur un fond de velours, étoile de clarté,
Elle cueille la joie de créer la beauté,
Perle aux reflets d’azur, magicienne et femme.

(Henriette Turc)

Illustration: jean-gabriel Domergue

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COMME L’ALBATROS (Pastiche) (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016




COMME L’ALBATROS (Pastiche)

Souvent pour m’amuser, griffonnant sur la page
J’aime à te chanter toi, le vaisseau de mes mers,
Qui suivant souverain mes élans et ma rage,
Tempère doucement mes souvenirs amers.

A peine est-il écrit ton nom que c’est dimanche,
Que s’ouvrent devant moi des étés fabuleux,
Laissant mon oeil hagard devant ta beauté blanche
Et mes bras interdits autour de tes cheveux.

Ce Poète, dis-moi, n’est-ce pas Baudelaire ?
Lui naguère inspiré, de nos jours pastiché ;
L’un compose en silence un poème scolaire,
L’autre mime en rêvant le géant détaché.

Le poète est soumis à l’ombre de sa Muse,
Qui rêve de beauté, de spiritualité ;
Exilé sur le sol, non plus rien ne l’amuse,
Loin de toi je ne suis qu’un voyageur blessé.

(Christian Coin)

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